And the winner is…

Après avoir regardé ce magnifique Paris-Roubaix j’avais envie de vous parler de cyclisme… d’autrefois bien sûr!

Tour de Romandie 1986.

Le Suisse Paul Köchli dirigeait l’équipe de la Vie Claire.

En passant par Reconvillier, un patelin de la région du Jura, le peloton avait été ralenti pour je ne sais plus quelle raison. C’est alors que le fameux Paul Köchli, qui connaissait parfaitement les lieux pour y avoir habité de longues années, entreprit une manœuvre loin d’être honnête, c’est le moins qu’on puisse en dire : Profitant du ralentissement de la course le directeur sportif de l’équipe française emmena toute son équipe bien abritée derrière sa voiture en empruntant un raccourci qu’il connaissait et l’équipe s’était retrouvée en tête de la course. Jean François Bernard avait je crois gagné l’étape (était-ce Porrentruy ou Delémont, sais plus) et s’était retrouvé avec le maillot de leader sur les épaules. Claude Jacquat mis au courant du traquenard fulminait mais, sans preuves, il ne pouvait rien faire.

Membre du Comité ‘élargi’ je n’avais pas eu besoin d’écouter aux portes pour savoir ce qui se tramait. Je vous raconte l’histoire :

A la veille de l’arrivée à Genève le patron était allé voir toutes les équipes pour leur demander de tout faire pour qu’un tricheur ne remporte pas le Tour de Romandie et il avait « suggéré » à Claudy Criquelion, alors deuxième du classement, d’attaquer dans le col du Mont d’Orzeires qui sépare Vallorbe de la Vallée de Joux en lui assurant que les autres équipes lui laisseraient du champ, l’aideraient même à terminer son oeuvre dans le Col du Marchairuz et surtout avec la promesse qu’il ne serait pas contrôlé à l’arrivée… If you see what I mean !

Claudy Criquelion remporta donc le Tour de Romandie 1986 comme le rappelle un texte paru à la mort du sympathique coureur Wallon en 2015 et que je viens de retrouver :

En plus du Championnat du Monde de 1984, son palmarès est riche d’une bonne soixantaine de succès dont deux Flèche wallonne (1985 et 1989), le Tour des Flandres (1987), la Clasica San Sebastian (1983) et le Tour de Romandie 1986. Le Wallon aux sourcils broussailleux chipa le maillot vert de leader à Jean-François Bernard le dernier jour de course. Epaulé par Jan Nevens et Beat Breu, il fit le ménage dans le col du Marchairuz. 

Lors du repas de clôture du Tour 1986 Claude Jacquat avait fait une allusion que tout le monde n’a peut être pas comprise :

C’est la première fois que l’organisateur désigne le vainqueur!