Le «paro»

J’avais proposé à mes amis Français de voter pour un candidat à la présidence qui proposerait le programme suivant :

Le système idéal serait des bourses d’études jusqu’à 30 ans puis des allocations de chômage jusqu’à 50 ans, suivies de quelques années de formation professionnelle à la charge de l’Etat en attendant une retraite anticipée vers 52 ans ?

Dans la Péninsule Ibérique on n’ est pas loin de ce gag. Ici le ‘paro’ est une institution qu’on peut traduire par allocation de chômage ou de perte d’emploi mais en Andalousie «chômeur» est un état vital (Oups, j’allais dire viral!) et non une circonstance de conjoncture. Il y en a qui sont chômeurs depuis bien longtemps et qui le seront probablement jusqu’à leur retraite…Quelque chose cloche dans cette histoire? Vous avez raison… Mais les autorités locales sont complices de cette farce institutionnelle car les municipalités donnent un coup de main aux bénéficiaires en leur inventant des travaux à l’échéance de leur droit, une fois pas année, ou tous les deux ans si le maire (alcade) est votre cousin ou coreligionnaire politique. On vous paye pour faire de petits travaux ni pénibles ni stressants… ni même utiles du reste. Je l’affirme, les ayant observés de l’œil affûté d’ancien chef d’entreprise. Ainsi vous prolongez ad vitam aeternam votre droit au chômage, étant entendu que vous exploitez tous quelques hectares d’amandiers ou d’oliviers largement subventionnés, une ou deux serres (invernarderos) et que vous avez un travail complémentaire au noir chez un employeur complaisant!

Afin que cette histoire ne se résume pas au râle envieux d’un vieil aigri de droite voici une suite réelle, clin d’œil à des pratiques qui, si elles ne disparaissent pas prochainement avec la politique d’aujourd’hui, s’annuleront peut-être avec l’Europe de demain… Ce n’est pas interdit de rêver non ? Au fait, pourvu que mes amis Français ne lisent pas ce texte cette semaine: Ils seraient capables de voter pour l’illusionniste Hamon!

Nous avons récemment rencontré un couple andalou sympathique, se rendant à l’un de ces chantiers créés sur mesure par notre municipalité. Je dis bien: couple, car le «paro» nourrit aussi les épouses des chômeurs, femmes au foyer le reste de l’année…

«Bonjour, alors on va au turbin communal?» Réponse désabusée et agacée: «Ouais (en andalou) tu te rends compte… nous convoquer pour le «paro»…

…avec tout le travail qu’on a en ce moment!

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