On parle de couteau et de mémoire

Amélie est une amie blogueuse qui se pose plein de questions. C’est son droit. Elle affirme qu’elle n’aime pas les couteaux. C’est encore son droit ! Tiens… Je me demande ce qu’elle pense du couteau de Lichtenberg (du nom de Georg Christoph Lichtenberg 1742-1799, écrivain, philosophe, physicien et astronome allemand) couteau qui est un objet inqualifiable puisque en même temps réel et irréel. Il n’a pas de lame et il lui manque le manche, un aphorisme quantique quoi… un peu comme une télévision qui n’aurait ni son ni image ! Je lui dédie ce texte avec mes souhaits de bonne santé:

Question de mémoire

 Chaque fois que j’utilise mon «couteau suisse»… je pense très fort à Robert un ami vaudois décédé il y a quelques années. Quel rapport me demanderez-vous?

Voici l’histoire:

J’ai une bonne mémoire mais refuse de mémoriser les chiffres depuis plus de 40 ans à la suite d’une remarque d’un ami ingénieur qui s’étonnait que je connaisse des numéros d’immatriculation de véhicules, de téléphone, de châssis, de triptyques et d’adresses. Il ne voyait pas la nécessité de s’encombrer le cerveau en apprenant par coeur des éléments qu’on pouvait trouver dans un annuaire ou dans un livre d’adresses. Je précise qu’on ne parlait pas d’Internet et de smart phones dans les années 60/70…

Cette remarque m’a marqué et j’en ai fait mon «modus vivendi». J’ai développé le concept à un tel extrême (vous en doutiez?) que je ne connais même pas le numéro de portable de ma femme… Le mien, c’est facile: je n’en ai pas! Chez nous, tout ce qui est ‘pin’, code ou mot de passe… c’est niet et nos MacBook Pro ont été expurgé de ces cochonneries! La seule impossibilité: les cartes bancaires! On m’a fait l’apologie de la sécurité me déconseillant des pins genre: 11111 ou 12345…

ALORS J’UTILISE MES CARTES BANCAIRES SANS ME SOUVENIR DES CODES CAR JE REFUSE DE M’ENCOMBRER LES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES!

 Mais comment ?

J’ai gravé de manière discrète les deux numéros secrets sur le manche de mon ‘Victorinox’. Chaque fois que je passe au distributeur de billets, à une station service ou un supermarché, je le sors et guigne discrètement le numéro. Pour les pinailleurs je précise que la photo de mon couteau a été recadrée et que j’ai fait disparaître mes codes et… le tire bouchon, na !

C’est aussi simple que ça.

Il y a quelques années je commentais ce thème avec Robert, solide ami paysan vaudois de 85 ans. Il a regardé très rapidement mon couteau puis a hoché la tête, disant qu’il ne voyait pas l’utilité de mon pense-bête car lui n’avait pas de problème pour se souvenir de ses propres codes. Puis nous avons discuté de tout, de rien et avons mangé. Au moment du café, soit après 40 minutes, Robert me dit: Je repense à ton histoire de manque de mémoire et des numéros sur ton couteau… Je ne comprends pas ton problème…

… ET DE ME CITER LES CODES DE MES DEUX CARTES!

Eh! Oui… après plus d’une heure, pastis et vin rouge compris, deux numéros de 6 chiffres qu’il avait à peine pris le temps de regarder pendant 3 secondes… et à 85 ans!

Sacré Robert!

2 commentaires sur “On parle de couteau et de mémoire

  1. Un couteau sans manche ni lame ? Il y a un paradoxe !
    Un couteau , ce n’est rien d’autre qu’une lame et un manche. Si les deux manquent, il ne reste plus rien que l’on puisse appeler couteau !
    Sacré Robert ! 😀
    Merci et bonne soirée

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  2. Eh oui Amélie… c’est l’idée de l’absurde dans toute ton acception. Du reste, tu l’as lu, Lichtenberg était aussi philosophe. Et pour une fois un philosophe aura réussi à susciter de la réflexion. Mais rassure-toi mon « couteau suisse » compense celui de notre ami allemand: il a au moins, en plus du manche, une douzaine de lames. Bonne fin de week-end!

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