Credo

Tiens ! Nous sommes le 13 octobre ! Reportons nous il y a 55 ans, jour pour jour !

Disciple de Jean Rostand je me situe dans le courant matérialiste pur. Comment dit-on ? Agnostique, athée, libre penseur ou quelque chose dans cette veine ? Elevé dans un très tiède et discret protestantisme par des parents ni convaincus ni contraignants, je me suis très rapidement fait ma propre idée. Seul regret : A 15 ans je n’ai pas eu les ‘couilles’  (au fait, qui en a à cet âge ? et ceux qui en ont au sens physique du terme les utilisent à d’autre fins) de dire au pasteur qu’il me les cassait avec son catéchisme et que je n’en avais rien à cirer de toutes ces simagrées. J’ai été assez faible pour accepter de confirmer « l’engagement de mon baptême ». Je le regrette, encore qu’en me livrant à cette comédie, j’ai probablement prolongé la vie de ma mère qui a pu atteindre sans la honte du ‘qu’en dira-t-on’ l’âge de 95 ans ! J’ai aussi le plaisir de contempler une photo de cette cérémonie où je me revois avec une magnifique tignasse ondulée, mon premier costard cravate, et plein de copains et copines de 1941, toutes et tous beaux comme des angelots…

Depuis cette époque j’ai peu fréquenté les églises et j’ai donné des consignes : on ne m’y fera plus jamais entrer, vif ou mort ! C’est clair. Lorsqu’en 1962, c’était avant la ‘pilule’, j’ai « dû » me marier comme on le disait alors, ma femme momière m’a traîné chez un pasteur pour mettre au point les tenants et les aboutissants de l’inévitable cérémonie religieuse. Je n’étais pas encore vraiment adulte mais avais un peu évolué et renforcé mes convictions. Niet, non, nada ! Alors le ‘ministre’, après avoir vainement essayé, même à coup de ‘canons’ de kirsch (authentique), de me convaincre de faire semblant de croire à son bon dieu, a eu la probité, devant ma négation irrévocable, de me proposer de marier ma femme devant dieu et moi devant les hommes. C’est ainsi qu’un 13 octobre, à l’église de St-Sulpice au bord du Léman, je m’engageais devant mes semblables et elle devant je ne sais quel ectoplasme divin. Résultat : quelques années plus tard ce fut facile pour moi de régler le problème du divorce « devant les hommes » (état civil, avocats, juge, etc). Quand à mon ex-épouse, je ne sais pas si elle a réglé le sien avec le pasteur et leur relation céleste commune !

 

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