Les vols en avion…

Les vols en avion ne sont pas toujours ennuyeux… la preuve avec quelques histoires vécues il y a longtemps!

Je dis bien: Il y a longtemps car je ne voyage plus en avion connaissant trop bien les vrais mensonges et les fausses vérités qu’on nous sert au sujet des vols de ligne et des accidents.

J’ai pourtant accepté il y a quelques années de faire un vol Zurich-Genève avec le Cessna Citation bi-réacteur d’une amie pilote professionnelle. N’étant pas un inconditionnel des ordinateurs de bord, j’avais émis la seule exigence que les commandes soient par câbles. Elles l’étaient et nous avons fait Zurich-Genève en 19 minutes. Vol d’une valeur de 5000 euros, 650 litres de kérosène pour une pilote, un co-pilote et votre serviteur invité comme unique passager. Vous voyez que je deviens écolo!

A noter que je suis en liste d’attente pour un vol dans le plus bel avion du monde, le Super Constellation de 1947. Et si j’en ai l’occasion je volerai demain dans un Junkers Ju52 des années 30, les germanophones se souviennent de « Tante Ju » … Vous savez, celui aux trois moteurs et carrosserie en tôle ondulée.

Donc on ne peut pas dire que je sois un trouillard ! Seulement que je ne cautionne pas tout ce qu’on raconte sur les vols de ligne. Punk schluss!

J’ai pourtant fait des vols extraordinaires dans ma vie (250 fois environ) avec quelques montées d’adrénaline:

30 minutes en tournant en rond à bord d’un Nord 262 sur le terrain de Olbia (Sardaigne) pour permettre au berger de libérer l’ « atéro » des 600 moutons qui étaient chargés de l’«entretien» naturel du terrain herbeux.

 

La pose ‘olé-olé‘ à Modena avec le Beechcraft Baron bi-moteur de Michael Parkes, le pilote de Formule 1. Le nez à la fenêtre latérale pour aider le pilote à repérer, dans le brouillard, une tour de je ne sais quoi qui devait éventuellement se trouver sur notre ligne d’atterrissage.

 

Ah! Oui il y a eu aussi mon baptême en planeur… C’était à Morestel dans le Dauphiné. Le pilote du ‘tracteur‘ et celui de notre frêle aéronef avaient réglé une vieille affaire d’animosité. Après que mon pilote ait demandé 3 fois à celui du tracteur de tirer à droite et que l’autre, pour faire sciemment chier, continuait à gauche, le coup de gueule de trop par la radio des ‘tractés’: «Mais nom de dieu je t’ai dit trois fois: à droite». Donc l’avion devant a fait une brusque, mais très brusque, trop brusque courbe à droite avec pour résultat une figure connue des skieurs nautiques. Le câble devient mou, mou et mou… et quand il se retend brusquement, juste avant que le système de sécurité nous décroche, nous avons subi une ‘pétée‘ dont la force ne peut pas être exprimée ici. Pour preuve, nous avons atterri en catastrophe et notre planeur n’a jamais repris l’air: structure cassée en deux! Authentique. Ouf! La consolation est d’en être sorti sans dommage et que le pilote du tracteur a été sanctionné d’un retrait de licence à vie.

 

Une autre fois, c’était la pose à Katmandou. Vol depuis Karachi avec un Airbus de Lufthansa. Avons tourné pendant près d’une heure, attendant que les conditions météo particulièrement défavorables s’améliorent. Le pilote, qui devait continuer son vol jusqu’à Pékin, a dû penser que c’était jouable. Et ça l’a été mais je ne vous raconte pas le choc à la pose. Huit des 12 pneus ont explosé et l’avion est resté au Népal une bonne semaine, le temps que de nouvelles gommes et des techniciens de maintenance arrivent d’Allemagne…

 

Il y a eu aussi ce vol ‘acrobatique‘ à bord d’un Twin Otter de Air Népal vers Lukla (3000 mètres d’altitude) connu comme l’aéroport « le plus dangereux du monde ». Du reste nous avions fait demi-tour vers Katmandou pour éviter le brouillard d’altitude et la pose sur un aérodrome sans systèmes d’aide à la navigation.

 

L’aérodrome de Toussus-le-Noble, vous connaissez ? Moi oui ! Voici l’histoire: J’avais décroché un super contrat avec la production du film Le Mans réalisé par Lee H. Katzin après la défection de John Sturges, avec Steve McQueen. Pendant près de 6 mois, j’officiais comme conseiller du service de presse et mon rôle était de publier et faire publier photos et textes sur le tournage du film dans les revues spécialisées en sport automobile. On venait me chercher une fois par quizaine en avion privé de TAT (Touraine Air Transport) le plus souvent à Orly mais quelques fois aussi à Genève. Ah! Les vols dans ce bimoteur de 8 places dans lequel j’étais seul avec le pilote! Un jour, en fin d’après-midi, nous décollons d’Orly pour le Mans. Il est passé 17 heures et les prévisions météo ne sont pas terribles. Discussion avec le pilote, un ancien de la guerre de Corée. Il dit que si je ne suis pas ‘chiard’ on peut essayer. Et nous avons essayé! A peine en l’air, un mur de nuages orageux se dresse devant nous. On prévoit une distance perturbée de 4 kilomètres. «On y va!»

En plein dedans… L’avion tremble tellement qu’on se croirait dans une essoreuse. «Ça ne passe pas… on essaie par en dessus!» Gaz!

Nouvelle essorée, encore plus violente que la précédente. «On essaie par en-dessous» J’abrège.

La plaisanterie a duré 40 minutes et nous avons posé à Toussus-le-Noble… à 9 km d’Orly. Vous avez bien lu: 40 minutes pour faire 9 km! Il faut dire que les 9 km sont à vol d’OISEAU… à vol d’AVION c’est autre chose!

Je reviens à mon récit: Sous la pluie battante, avec mon ancien de Corée nous allons prendre un verre et un sandwich en attendant que la situation s’améliore. Il faudra près de 2 heures avant de pouvoir décoller. Mais il y a un ‘hic’. Si nous ne pouvons pas arriver avant le «crépuscule légal», pour les non initiés le crépuscule légal c’est 30 minutes avant le coucher du soleil, donc nous avons pas le droit de poser au Mans non équipé pour une pose nocturne et nous devrons atterrir à Tours.

Je questionne: «Et c’est quand même possible?» «Non!» «Ah!» «Mais si tu n’y vois pas d’inconvénient… on y va!»

Le ciel est clair mais la nuit n’est pas loin. Décollage! Au-dessus de Tours, passage obligé, échange radio avec la tour de contrôle (Hé, ‘la tour de Tours’, elle est sympa celle-là non?)

«Demande autorisation pose aérodrome Le Mans!» «NEGATIF! Crépuscule légal dépassé!» «Pas compris, répétez!» (Là je trouve qu’il exagère car moi j’ai parfaitement compris…) «NEGATIF Le Mans NEGATIF!»

Et là mon ancien aviateur militaire fait quelques manipulations à sa radio. Il tourne quelques boutons, modifie le squelch, puis prend une drôle de voie hachée, la main sur la bouche et le micro très éloigné…

«…a… ompris… le mans affirm….» Il ajoute quelques onomatopées inaudibles puis coupe la radio de bord! Il me regarde avec un grand sourire mais je ne suis pas dupe… eh? Il change de canal radio, passe en CB et communique avec un pote à lui résident près de l’aérodrome du Mans. Il ‘commande’ l’illumination de la piste.

C’est ainsi que nous avons posé en pleine nuit au Mans, sur une piste en herbe  illuminée à l’aide des phares de 4 voitures convoquées par un ‘correspondant anonyme’.

On n’oublie pas une aventure pareille!