QWERTY, QWERTZ ou AZERTY ?

En guise de vœux pour 2018!

 De mon temps (disent les vieux cons !) les ‘sténodactylos’, comme on appelait les secrétaires ‘d’entrée de gamme’, tapaient des notes dictées ou copiées qu’on ne leur demandait même pas de comprendre. Puis on inventa un nouveau métier: Les ‘perfo-vérif’ qui « faisaient des trous » dans les cartes IBM pour ‘ordonner’ des listes et autres données. Tiens, puisqu’on parle d’ordonner… franchissons un pas vers la modernité  et évoquons certains ‘spécialistes’ de l’ordinateur qui frappent, en n’y entendant pas plus, mais qui disposent maintenant d’un correcteur d’« ôrtaugraffe ».

Pourquoi vous importune-je (ne cherchez pas… c’est un néologisme!) avec cette histoire ? Juste pour vous parler de clavier. Vous me suivez ? On y va !

Inventée par Christopher Sholes, Carlos Glidden et Samuel Soule, la première machine à écrire, patentée en 1868, fut réalisée par le fabriquant de fusils Philo Remington en 1874. Souvenez-vous des machines encore en usage au milieu du siècle passé (1950-70): des touches, reliées à des barres métalliques et des caractères qui frappaient le papier déroulé sur le cylindre à travers un ruban bicolore noir et rouge en soie. Mes amies aux cheveux maintenant ‘gris sexy’ n’ont pas oublié l’ «embrouillamini» des barres se croisant et se «mélangeant les pinceaux», bloquant toute activité épistolaire. Il fallait se salir les doigts, décoincer les barres, au besoin corriger leur rectitude. Je vous laisse imaginer les insolubles problèmes qu’ont rencontré les concepteurs pour rendre utilisable leur invention. A technique lacunaire, il faut de l’inventivité: on conçut donc un clavier volontairement compliqué (notre clavier actuel!) que des ingénieurs se sont évertués à rendre ridiculement irrationnel, disposant les lettres de la manière la plus illogique possible, ralentissant la dextérité des premières dactylos et diminuant la fréquence d’emmêlement des barres de caractères! Le comble: c’est que toute l’informatique actuelle, avec ses centaines de millions de mails, les arts graphiques, les transports terrestres et aériens, la conquête de l’espace, et j’en passe… se font avec ce clavier grotesque des années 1870, spécialement conçu pour être le moins performant possible.

Comme si on accouplait une charrue à une Formule 1!

Attendez… Ce n’est pas tout! Après avoir ralenti ces pauvres dactylos du 19ème siècle, on s’est rendu compte qu’on avait retiré de l’attractivité au produit, sensé accélérer la vitesse d’écriture… Alors? On modifia encore le clavier pour regrouper sur la première ligne les lettres TYPEWRITER (machine à écrire!) Les vendeurs pouvaient alors inclure la vitesse de frappe dans leurs arguments de vente en tapant, ça ne faisait qu’une sifflée, le mot miracle: typewriter!

Héritiers malheureux de ces inepties antiques, nous utilisons toujours les claviers QWERTY, QWERTZ et AZERTY. Consolation: si le vôtre est du type QWERTY (les 6 premières lettres de la première ligne) vous pourrez, en cas de revers de conjoncture, vous recycler dans la vente d’articles de bureau. Vous deviendrez à votre tour un Spécialiste en informatique…

 

Dans quelques jours je vous proposerai une suite à cette réflexion avec en prime un petit jeu de lettres pour vous consoler de votre dépression de janvier consécutive à vos excès pendant les ‘fêtes’ ! A bientôt, gardez le sourire, ce qui vous coûtera toujours moins cher que le champagne !