Raciste moi?

Villanueva de l’Arzobispo, bourgade à 50 km de chez nous. Visite dans ce haut lieu de la production très industrielle d’huile d’olive de la Province de Jaén.

Quelle déception!

Architecture triste. Fumée nauséabonde d’huile ‘lampante’ surchauffée dans une raffinerie qui ne connaît bien sûr pas la première pression à froid. Rues sales. Maisons délabrées. Des dizaines de ‘negros’ jonchent les trottoirs, affalés en attendant une hypothétique proposition d’emploi (Bien sûr au ‘noir’ ce qui n’est pas un gag !) pour cueillir les olives. Ambiance un peu déprimante et normalement la décision serait vite prise: ‘foutre le camp’. Mais il y a un hic un peu scatologique je vous le concède! Je suis pris d’une colique qui exige un arrêt immédiat dans n’importe quel local équipé de WC...

Ma femme va garer la voiture et je me précipite dans le premier bar. Vide… Je cherche âme qui vive. Une Africaine me toise, le regard peu amène: «Quoi?» «J’aimerais un café cognac mais d’abord indiquez-moi les toilettes, svp!» «C’est là au fond… mais seulement si c’est pour pisser (Sic!» «Mais… justement… dis-je en sautant d’une jambe sur l’autre, ce serait pour un peu plus! »      «Alors c’est non!»

Sortie du bar en quatrième vitesse avec de petits pas genre homosexuel ‘passif’ fesses serrées, pour éviter le pire. Je parcoure une cinquantaine de mètres et entre dans un autre bar aussi désert que le premier. Je manifeste bruyamment ma présence. Une voix au loin, exaspérée: «Qu’est-ce que c’est?» Au fond de l’estaminet bas de plafond, peu éclairé, apparaît dans l’entrebâillement d’une porte un visage masculin «embarbouillé» de mousse. Le taulier est en train de se raser dans les WC… des dames! Pas content qu’on vienne perturber sa toilette, contrarié, il réitère sa question en augmentant le volume sonore: «Quoi?» J’y vais de ma litanie: café, cognac, envie de… bref: «Puis-je utiliser d’urgence vos toilettes?» Réponse concise, sonore, lapidaire… et définitive: «Non!» Et retour du zombie crémeux dans son ‘chiotte’!

La situation d’urgence m’incite à m’approcher et préciser mes intentions: «Permettez-moi juste de prendre quelques coupons de papier dans les toilettes ‘Dames’ que vous occupez car il n’y en a plus dans celles des ‘Hommes’!» «Non!» A la vue de mon regard des mauvais jours, il ajoute: «Et puis il y a les ‘servicios’ de la station d’essence attenante!» Je m’y précipite mais les WC sont fermés avec un écriteau «Hors d’usage». J’ai fini par trouver un bar où j’ai pu me soulager, me laver les mains et boire mon café cognac. Vous étonnerais-je en vous disant que j’ai pris un second ‘coñac’? Puis j’ai commenté mes mésaventures au patron et à d’autres personnes du patelin, précisant qu’en 20 ans en Andalousie je n’avais pas été confronté à ce genre d’attitude peu chaleureuse. Et surtout que jamais on m’avait refusé le droit de ‘chier’… café cognac ou pas!

Les réponses sont unanimes et très loin du politiquement correct, même très racistes: «C’est que vous n’avez jamais habité dans une région où les ‘negros’ défèquent à côté des ‘chiottes’. On ne veut plus les voir dans nos sanitaires, mais pour éviter d’être traités de racistes on régule pour tous l’utilisation des lieux d’aisance!» 

Ite missa est! Cette dernière formule m’étant suggérée par la lecture d’un reportage sur la bénédiction de la récolte des olives par l’évêque de la région ! Je précise que sans l’afflux des ‘Africains’ sans papiers, tolérés, exploités, logés dans des conditions honteuses par les propriétaires des terrains oléicoles couverts par la ‘omerta’ des autorités socialistes mafieuses (l’excellent pléonasme!), pas mal d’autochtones seraient obligés de retrousser leurs manches et se mettre au turbin. Mais c’est plus facile et plus lucratif d’exploiter des ‘negros’ en situation irrégulière et de continuer à percevoir de confortables indemnités de chômage…

Vous comprendrez que j’ajoute ce texte à ma page de coups de gueule « Mondo Cane »?