Ma mère aurait eu 100 ans ce 8 avril !

Préférant le « vin d’ici » à l’ « eau de là » je ne crois pas aux homages postumes. Appelons donc ce texte « Clin d’œil aux souvenirs ! »

 J’ai la meilleure épouse du monde mais au nombre impressionnant de ses qualités ne figure pourtant aucune affinité pour les travaux normalement considérés comme féminins: tricot, couture, broderie. Sachant que je me fiche de mes ‘frusques’ comme de l’an 40… nous nous sommes bien rencontrés.

Au début de notre mariage, il y aura 25 ans en octobre, ma mère déjà âgée lui a fait cadeau de sa machine à coudre. Une Bernina Record de 1962, un achat qui représentait en son temps plus de deux mois du maigre salaire de mon père. Tout Bernina.jpgMa mère l’a beaucoup utilisée pour se confectionner des habits et vêtir à bon marché ses deux ‘galapiats’. Le cadeau fut accepté  avec beaucoup d’enthousiasme et de reconnaissance mais… peu de sens pratique ! Elle n’avait jamais approché ce genre de bécane et, bien entendu, le mode d’emploi avait disparu. Lors des premiers essais elle avait la frimousse gênée d’un écolier à qui on demande de citer, sans son téléphone portable, le nom des trois Suisses de 1291 ou le livret par 8.5… 

Et alors?
Eh… Eh… Zorro est arrivé…é é é!Zorro.jpg

Je n’ai jamais cousu de ma vie, que ce soit à la main ou à la machine, mais on dit que j’ai certaines dispositions pour la mécanique.
Alors je m’assieds devant cette merveille fabriquée il y a plus de 50 ans et essaie tous les boutons, pédales, leviers, curseurs et molettes. Je «taguenatze», je tripote, je « foutimasse », tout doucement comme pour les premiers contacts avec une fiancée. Je me concentre, je ferme les yeux… et comme Boudah j’ai une ‘illuminationUnknown.jpeg(on dirait maintenant un hologramme). Je revois ma mère il y a plus de 30 ans dans la même position. Je la vois parfaitement se pencher vers la machine, passer le fil dans les orifices, renvois, poulies et crochets de «la route de la soie». Je vois sa main droite manoeuvrant la poulie commandant l’aiguille. Je me remémore la séquence des quelques points à vide pour que le fil d’en haut fasse connaissance et s’accouple avec le fil d’en dessous… Je revois son geste pour extraire les deux fils au moyen de petits ciseaux courbés. Je la revois abaisser la manette du pied de biche. Tout se concrétise, tout s’explique, tout devient limpide… on touche au Nirvana ! Je trouve le ‘débrayage’ pour confectionner la ‘canette’ (non les mauvaises langues… il ne s’agit pas de bibine!). En revanche je ne «trouve pas le trou» (on se calme au fond de la classe non mais…) Je reprends: Je ne trouve pas le ‘chas’ de l’aiguille, ma vision monoculaire me jouant parfois des tours. C’est ma chérie qui guide la «chose dans le chas» (le prochain qui ricane, je lui botte le cul).
Je fais mes premiers essais. Tension du fil, longueur du point, zig-zag (Bernina fût la première machine à coudre portable dotée de ce point ‘louvoyant’), confection de la ‘souris’ en fin de ‘ligne‘ en faisant un peu de sur-place et, bien sûr… démontage de la carrosserie, des cames, des axes et des leviers pouréliminer les inévitables bourrages du débutant. Puis je passe les commandes à ma ‘moitié’ qui s’y met très vite. Fatigué par ma performance, je me jette simultanément sur : un bouquin, un verre de rouge et le canapé. Ça ne dure pas longtemps: C’est comment déjà qu’on fait ci, qu’on fait ça… qu’on débloque ce «schmilblick»… Que m’avais tu dit pour la tension?… Pourquoi le fil d’en haut sort par en bas et se mélange avec celui d’en bas pour ressortir par le côté?
Pffffff…….

Tiens ! Je vais ré-écouter le disque «Papa pique et Maman coud», mes parents sont ‘culottiers’, une chanson de Charles Trenet écrite en 1940 et que ma mère adorait.  Mais j’ai tout de même de la peine à réaliser qu’elle aurait eu 100 ans aujourd’hui!

https://youtu.be/3cir-yrx_ls 

3 commentaires sur “Ma mère aurait eu 100 ans ce 8 avril !

  1. 😄😃Oui, je dois avouer que j’ai eu un très bon prof de couture!!! C’est vrai que ça n’a jamais été mon truc, mais j’y ai quand même pris goût…

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  2. bon souvenir de ta maman, c’est ma tante qui m’a appris à coudre avec la même machine ben voilà!!..

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    1. Si nous avions pratiqué la machine à coudre de manière sportive, quelle bourre on aurait pu se tirer hein? Et on en aurait moins chié que sur nos vélos de course! Salut l’ami.

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