Moins de travail… plus de vin rouge !

Retour de quelques jours passés au bord de la mer et une envie de fraîcheur m’a rappelé un texte ancien que je partage avec vous!

Il se nommait Robert. C’était un ami, décédé il y a quelques années.

Il est la vedette de cette histoire truculente:  Il y a 35 ans on m’avait confié l’entretien et le déneigement d’un lotissement de montagne (120 appartements) dans le Jura. Je précise qu’on m’avait promu ‘intendant’ mais que je n’avais que les revenus d’un concierge… Une année de fortes précipitations, avec mes deux employés, nous étions submergés (c’est le cas de le dire !) par plus d’un mètre cinquante de fraîche qui, à 1200 mètres d’altitude, se transformait rapidement en masse mouillée et lourde. image.pngRegardez cette architecture du style ‘côtes méditerranéennes’ qui n’aurait jamais dû exister en montagne.

Les attiques ouverts (Oui attique est masculin !) avaient un système de chauffage au sol pour fondre la neige mais la plupart des copropriétaires le débranchait pour économiser l’électricité et les ‘baignoires’ en attique se remplissaient de neige à ras bord. Chez ceux qui ‘jouaient le jeu’ ce n’était pas mieux puisque l’eau de fonte ne pouvait pas s’écouler par les tuyaux de descente, placés aussi stupidement que les concepteurs aient pu l’imaginer : en façade extérieure, bien sûr gelés une grande partie de l’hiver (Et une mention… une pour le génie des architectes !).  Nous avions une vingtaine de terrasses à évacuer à la pelle. Comptez près de deux heures par attique sachant qu’il était impossible de jeter la neige assez loin et qu’elle retombait sur le balcon du dessous ce qui signifiait rebelote.

C’est ici qu’intervient Robert, mandaté par la régie immobilière pour nous donner un coup de main.

Mis au courant des vicissitudes des opérations il envisageait sérieusement de rentrer chez lui mais avant il nous demanda si nous avions une petite fraiseuse. image.pngBien sûr, mais les escaliers étaient étroits et tournants. Robert était menuisier et il eût vite fait de confectionner une sorte de chaise à porteur pour la machine. Grâce à son ‘invention’ il nous fallait moins de 30 minutes pour évacuer une attique, sans devoir répéter l’opération à l’étage d’en dessous !

La suite de l’histoire sera ma manière de lui rendre un hommage posthume en forme de clin d’oeil: Vers 10 heures du matin nous avions bien sûr fait une pause pain fromage sauciflard vin rouge. Le niveau de notre ‘litre’ étant rapidement sur la « réserve » Robert nous demanda s’il y avait dans le lotissement un Italien ou Espagnol ? Oui, justement dans le bâtiment où nous allions jouer ‘massacre à la fraiseuse’. Robert sonne. Apparaît un Milanais en robe de chambre soyeuse, au physique d’aristocrate genre Vittorio de Sica si vous voyez…

« Bonjour Monsieur, excusez-nous de vous importuner, seriez-vous assez aimable de garder notre litre de rouge car nous ne voulons pas nous le faire voler » « Mais bien sûr, à votre service ».

Deux ‘attiques vidées’ plus tard, alors que midi approche, Robert suggère de passer à l’apéro puisque nous avions gagné un temps fou grâce à la fraiseuse. J’objecte qu’avec le peu de liquide restant dans la bouteille nous ne risquions pas le coma éthylique ! « Attends ! »

« Re-bonjour Monsieur, nous venons reprendre notre vin car nous changeons de bâtiment ! » « Ne me dites pas que vous n’avez ‘que’ ce fond de bouteille pour les quatre !»…  et de revenir avec deux flacons d’une qualité bien supérieure à notre gros rouge qui tache « A votre santé et merci pour tout le boulot que vous faites dans le lotissement ! »

Commentaire de Robert, hilare : Ce truc marche à tous les coups mais il faut impérativement choisir un ressortissant des pays du Sud car avec les Genevois…

Sacré Robert !

 

 

2 commentaires sur “Moins de travail… plus de vin rouge !

  1. Encore une histoire truculente!Le déneigement des Cheseaux me rappellent biens des souvenirs…

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