Tout le monde sait tout (Devoirs de vacances N°4)

Je n’ai pas fait d’études et mon peu de culture je la dois à la volonté d’apprendre et à une mémoire encore performante. Et surtout j’ai passé les 60 premières années de ma vie SANS télévision, mettant chaque occasion à profit pour lire, lire et encore  lire, comme le font les purs autodidactes!

Pourquoi je vous raconte ma vie qui n’intéresse probablement personne?

Juste pour introduire quelques considérations sur l’avenir de notre jeunesse! Et dans le terme ‘jeunesse’ j’englobe tous ceux qui sont tombés dans la marmite du téléphone mobile, cette géniale invention mal utilisée dans 95% des cas.  Je m’explique: Compter sur cet artifice pour tout savoir, tout le temps et partout conduit à oublier de raisonner, de penser, de réfléchir, d’analyser et de comprendre les tenants et les aboutissants des infos et du savoir universel (Sic!)

Ayant eu la chance de naître avant le téléphone portable ma soif d’apprendre a bien dû être étanchée à d’autres sources que Wikipédia. Toute ma vie de réflexions, de questions s’est passée près des 30 volumes de mon Encyclopedia Brittanica (la somme du savoir des années 60-70), avec mes trois indispensables dictionnaires: le Petit Larousse, le Petit Robert et, pour les affaires plus littéraires, savantes et prestigieuses: le Littré! 

Vous me direz, et vos enfants avec vous, que maintenant tout est dans le portable. 

Je dis non! 

Le savoir immédiat et absolu confiné au portable vous prive du «savoir chercher» les infos. Les heures passées devant une encyclopédie apprennent à chercher avec logique, systématique, réflexion… bref avec intelligence! Ce n’est pas plus compliqué que çà. Et le ‘tout à disposition’ dans le portable ne nécessite aucun effort de réflexion, tout ce que vous lisez sur votre écran ne faisant pas appel pas votre mémoire, à votre esprit d’analyse et de synthèse, sans parler de votre sens de la recherche intelligente. Et presque rien de ce que vous lisez ne vous reste en mémoire!

Faites le test suivant: Demandez l’heure à quelqu’un. Il dégaine son smart, vous renseigne et rengaine l’outil. 30 secondes plus tard réitérez votre question au sujet de l’‘heure… il brandit et consulte à nouveau son gadget!

De plus la technique actuelle vous permet de faire toutes les recherches par un simple commandement vocal dans votre ‘boîte à malice’ connectée. Adieu le correcteur d’orthographe qui aurait encore pu attirer votre attention sur la faiblesse de votre vocabulaire. Eh! oui.

L’autre jour mon ami Michel, ancien alpiniste professionnel, donc connaisseur encyclopédique des montagnes du monde entier, commentait à un jeune ami la chaîne des Alpes depuis la terrasse d’un restaurant de montagne. Je connais Michel et sans avoir été présent, je sais qu’il n’a oublié aucun sommet. C’est alors que le jeune a sorti son ‘smart phone’ pour vérifier la véracité de cette leçon de géographie in situ. Mon ami a été écoeuré et dégoûté. On le serait à moins. Je soupçonne que ce jeune cuistre «con…necté» ne se souvient même pas de la liste des sommets. Michel oui! Comme quoi…

En conclusion à ces réflexions désabusées sur la modernité et la manière de s’en servir, voici un dessin de mon ami Sansón paru ce jour dans la presse de Castilla Leon. Que ceux qui ne font confiance qu’à leur ‘smart’ se ‘démerdent’ pour la traduction. Na!

Dj6GbUXWwAEc5A-.jpg

Pour mes amis tyrannosaures peu connectés, mais pour eux seuls:

Le guide touristique: «Bon! Ça suffit…  Et si vous cessiez de vérifier tout ce que je vous dis?»