Mais qu’en est-il du droit de vivre?

J’ai lu cette nouvelle avant les vacances mais je l’avais mise de côté pour vous distraire à la rentrée. Dont acte!

La devise de la ville de Longyearbyen (en norvégien dans le texte, se prononce comme ça s’écrit!), la capitale de l’archipel de Svalbard, au nord de la Norvège, est  « Unique, sûre et créative »  Des adjectifs qu’elle porte plutôt bien: En effet, les lois de cette commune de 2 144 habitants, selon un recensement de 2015, sont pour le moins originales. Il y est notamment interdit de mourir.

Oui, vous avez bien lu:

Il y est interdit de mourir…

 rien que ça! 

Si les touristes sont les bienvenus, « les chats sont interdits pour préserver les volatiles de la région, il est obligatoire d’enlever ses chaussures avant d’entrer dans le moindre bâtiment et l’alcool est rationné » (Mauvaise nouvelle hein?). La ville, qui n’accepte pas de nouveaux administrés, chasse également les personnes qui perdent leur emploi.

« Pour les autorités locales, au vu des conditions de vie extrêmement délicates sur place, il est fondamental que chacun soit capable de subvenir à ses propres besoins ». (Je connais certains Français, Espagnols et même Suisses qui auraient de la peine à vivre dans cet archipel et peut-être devrait-on penser à indiquer les coordonnées de ce pays au navire Aquarius non?!)  

Quant à l’interdiction la plus étrange – celle de mourir – elle s’explique par une troublante raison climatique: Ici, les corps ne se décomposent pas 

Situé tout près du pôle Nord, Longyearbyen est la capitale administrative la plus septentrionale du monde. Les températures y sont la plupart du temps négatives. Résultat : les cadavres ne se décomposent pas dans le sol, gelé en permanence. Pour cette raison, la mairie a interdit à ses administrés de mourir dans la ville dès les années 50. Signe du bien fondé de cette curieuse requête : des scientifiques qui ont étudié, en 1998, les corps de personnes emportées par une puissante grippe en 1918 (la fameuse grippe espagnole!) et enterrées dans le cimetière communal, ont retrouvé des particules du virus qui avaient survécu dans les corps congelés. 

Attendez! Ce n’est pas tout: «Les personnes en phase terminale sont automatiquement transférées jusqu’à Oslo», la capitale norvégienne, à 2 000 km de là. «La ville ne possède aucune maison de retraite et aucun service de gériatrie» mais il est toutefois possible pour les résidents de faire transférer leurs cendres au cimetière de Longyearbyen. Les naissances, elles, ne sont guère possibles non plus : «En raison de l’absence d’hôpital, les femmes enceintes sont transférées sur le continent des semaines avant le terme annoncé de leur grossesse et elles ne reviennent dans la ville que des semaines après la naissance, une fois la santé de leur enfant stabilisée».

Reste à savoir si le réchauffement n’aura pas raison de la particularité de la commune. En 2016, le climatologue Ketil Isaksen, du Norwegian Meterological Institute tire la sonnette d’alarme sur le réchauffement rapide de la région. En janvier 2017 il ‘tweeteait’ un graphique témoignant du réchauffement du permafrost: De 1999 à 2016, la température du sol à la surface est passée de – 5 °C, à – 2 °C. 

On pourra peut-être bientôt de nouveau naître et mourir dans ce havre de paix du Nord! On aurait même le droit de dire: Vive le réchauffement climatique! Bon, je sors!