Contestation, le retour !

 

Seconde partie

Je réponds à la convocation pour un cours de formation à la Protection civile en argumentant que borgne je refuse de prendre le moindre risque dans une entreprise dont je ne partage pas la philosophie! Parfois l’administration est super rapide et le lendemain appel téléphonique du grand Chef : Pouvez vous passez à mon bureau… vous savez bien où il est situé? Tu parles : Son bureau est en face de mon lieu de travail et je n’ai qu’à traverser la rue. Il m’accueille en mode ‘caresse dans le sens du poil : Monsieur ‘akimismo’, bla bla bla bla… Je vous observe parfois par la fenêtre. Vous me paraissez être un redoutable meneur d’hommes avec les 240 employés de votre entreprise (C’est vrai que j’y étais directeur des RH)… Nous cherchons des hommes comme vous à la PC. Vous partagerez bien un verre de vin de la Commune de Lausanne ? Puis, me la jouant Lieutenant Colombo: Ah ! Encore une chose : Vous avez un permis de conduire et si la PC vous fait peur il vous faudrait peut-être aussi envisager les dangers de la voiture… Ne le prenez pas mal, ce n’est que manière de causer. Vous reprendrez bien un verre?

Vous avez compris le piège et la diplomatie du chef. C’est ainsi que je suis devenu chef de quartier à Lausanne (14’000 habitants), puis chef local à St-Cergue une commune du Jura vaudois, avec des cours de formation dans plusieurs centres PC. Plus de 100 jours de service… 

Récupéré par le système j’ai mis en pratique la contestation depuis l’intérieur : Je me suis investi à fond pour critiquer et déstabiliser une organisation pharaonique à laquelle je ne croyais pas, dirigée par d’incapables fonctionnaires et… anciens militaires! Bien sûr sans ouvrir ma gueule dans les bistros, ce qui serait aussi inutile que les représentations du ‘Cirque dans la rue’. Suivez mon regard !  Donc, pendant des années j’ai fonctionné en ‘électron libre’ pour dénigrer ce système… depuis l’intérieur! 

Premier jour au Centre national d’instruction. Les chefs locaux des petites communes sont là, ‘habillés du dimanche’ avec leur costume de mariage un peu étriqué. J’arrive sur ma Kawasaki 1000, enlève ma combi cuir sous les regards goguenards des «paysans endimanchés ». Je porte ostensiblement un T-shirt du GSSA (Groupement pour une Suisse sans armée) des marxistes trotskistes dont je ne partage pas, mais pas du tout l’idéologie mais dont j’apprécie l’humour de leurs T-Shirts que j’avais achetés. 

De mémoire: 

L'armée....jpeg

If war is the answer, the question must be fucking stupid

Les galons c’est comme les hémorroïdes: n’importe quel trou du cul peut en avoir.

A mon arrivée chaque matin l’assistance attendait de découvrir le motif du jour sur ma poitrine, ce qui me permettait de ‘distiller’ mes arguments contre l’organisation ! Je suis reparti avec un livre dédicacé d’un colonel instructeur de l’armée: A ‘akimismo’ le plus sympathique des antimilitaristes !

Puis, dans mon village, avec l’appui du conseiller municipal, j’ai décidé de ne pas équiper les abris avec des lits et autres gadgets inutiles, de n’entreprendre aucun aménagement, de ne pas former de nouveaux membres de la PC et de refuser tous les ordres des capitales Berne et Lausanne. C’est ça la contestation depuis l’intérieur ! Convocations, lettres recommandées, envoi de médiateurs, menaces envers les autorités… Rien n’y a fait et ma commune a échappé à cette stupidité d’équipement des abris individuels, en économisant plusieurs centaines de milliers d’euros au cours du jour, oui plusieurs centaines de milliers d’euros ! Puis les lois et les mentalités ont changé, on a regroupé et on a cessé d’obliger les communes à faire ce genre de conneries. Mais toutes avaient obtempéré… sauf la mienne! 

Et j’en suis assez fier.

 

Je revois parfois un ancien responsable qui se souvient de mes interventions musclées devant les représentants des 300 et quelques communes vaudoises. Il paraît que pendant des années on me citait encore pour des propos dont le bon sens devait être avéré…

Le tout sans gilet jaune !

 

Amis Français ! Je vous souhaite une belle journée pour samedi. J’espère que tout se passera bien et surtout qu’il n’y aura pas un ‘akimismo’ dans le mouvement pour le contester depuis l’intérieur !

 

 

Un commentaire sur “Contestation, le retour !

  1. Une chose est sûre, la France a soucis à se faire!! J’ai bien aimé ton texte « Akimismo » ❤️

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