Salut les bachi-bouzouks… à la graisse de hérisson !

Deuxième partie

Dans l’interview fictif de Tintin par Arturo Pérez-Reverte au Château de Moulinsart, après le décès de Georges Rémi (Hergé) le 3 mars 1983, nous en étions restés aux préoccupations de notre héros au sujet des excès éthyliques du capitaine Haddock (voir la première partie sous le titre « Salut les bachi-bouzouks anacoluthes ! » publiée sur ce blog le 6 novembre 2019) 

– Aucune importance, dis-je avec un sourire compréhensif. Je connais aussi le capitaine depuis bien des années… Revenons à Hergé : je suppose que sa mort ne vous cause aucun souci pécuniaire car vous devez avoir touché une part des bénéfices générés par la vente de 70 millions d’albums dans le monde.

– C’est exact répond Tintin, mais pour dire la vérité nous n’avons jamais eu besoin de ces rentrées d’argent car le capitaine et moi disposons toujours des rentes du Trésor de Rackham le Rouge que nous avions découvert dans les caves de ce château ! Donc la mort d’Hergé ne nous affecte pas sur le plan économique ce que lui savait. Imaginez que nous avons même pu le convaincre de rompre le contrat d’assurance vie que Séraphin Lampion voulait lui faire signer en notre faveur comme héritiers…

Nous sommes toujours dans la bibliothèque du Château de Moulinsart et inévitablement la conversation s’oriente vers les souvenirs. Haddock a débouché une nouvelle bouteille de Loch Lomond et se jette un nouveau verre sans respirer ! Tintin le regarde, fronce les sourcils en signe de préoccupation… et se retourne vers moi.

– Le capitaine doit avoir le foie en lambeaux mais personne ne peut le dissuader d’arrêter le whisky.

Le cigare du Pharaon s’est consumé entre mes doigts et j’écrase ce qu’il en reste dans un lourd cendrier en argent avec une inscription « À mes amis Tintin et Haddock. Le général Alcazar »image.png

– Vous avez des nouvelles du général Alcazar ?

– Il ne va pas bien du tout. Le général Tapioca a réussi une fois de plus à le renverser, c’était juste après l’aventure des Picaros. Il est actuellement aux Etats Unis essayant de convaincre la CIA de lui donner un coup de main pour reprendre le pouvoir. Il faut dire que cet homme ne se décourage jamais!

–  Tintin, vous avez été un jeune qui tout au long de sa vie s’est fait des amis un peu partout… et aussi quelques ennemis non ? Rastapopoulos, le colonel Sponz, Allan, Mitsuhirato, Muller…

– C’est clair que le plus acharné de tous fut Rastapopoulos qui usurpait le titre de image.pngMarquis de Gorgonzola. Depuis l’épisode des Cigares du Pharaon jusqu’à l’île du Pacifique au cours du voyage mouvementé vers Sidney je l’ai toujours retrouvé sur mon chemin.

– Pourquoi Rastapopoulos vous détestait autant ?

– Je n’en sais rien répond Tintin avec un sourire. Je suppose que la première fois je lui ai anéanti un juteux négoce… bon, à chaque fois que nous sommes rencontrés je lui ai démoli des entreprises peu légales. Il ne me l’a jamais pardonné !

C’est un type absolument pervers mais je dois reconnaître que lors de la dernière aventure qui nous a mis en face l’un de l’autre, quand le séquestre du milliardaire Carreidas a échoué, j’ai presque eu de la peine pour lui. En réalité, étant immensément riche, il n’a pas besoin d’argent. Il fait le mal par pur plaisir sadique… comme d’autres collectionnent les timbres. Et le plus incroyable est qu’il m’a envoyé un télégramme de condoléances pour la mort d’Hergé. Rastapopoulos est une canaille certes, mais c’est une canaille avec une certaine classe !

Le téléphone sonne à nouveau. Haddock répond, raccroche et se lance dans une de ses célèbres dithyrambiques malédictions : Que mille tonnerres et le diable la rendent aphone hurle-t-il en renversant son whisky sur le tapis, ajoutant furieux que la Castafiore annonce son arrivée imminente. Tous aux abris !image.png

Après une nouvelle série de ‘mille millions de mille sabords’ le capitaine quitte la pièce en courant.

– Je demande à Tintin quelles sont réellement les relations entre le capitaine et la cantatrice ? Il me semble qu’après l’histoire des Bijoux de la Castafiore ils étaient sur le point de se marier non ?

Tintin sourit avec l’air de quelqu’un qui ne dit pas tout ce qu’il sait…

– Bon ! Ce sont de bons amis. Il me semble que Bianca ait une certaine attirance pour le capitaine et qu’ils auraient pu faire un excellent couple. Mais vous savez… la musique les sépare. Haddock n’est pas particulièrement mélomane et la voix de la Castafiore… Vous m’avez compris !

Pourtant Bianca ne perd pas l’espoir et de toutes façons c’est une personne enchanteresse qui pourrait être un appui important pour le capitaine dans ses années de vieillesse !  Alors un jour peut-être, qui sait…

 

Traduction libre de Akimismo

Fin de la deuxième partie.                  A suivre

 

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