Devoirs de vacances N° 6 Vendée Globe

Le mal de terre!

De retour aux Sables d’Olonne, Charlie Dalin  va terminer premier son tour du monde à la voile.

Il devrait donc être proclamé vainqueur du Vendée Globe 2020-2021.

And the winner is… Oups pardon… le vainqueur pourrait aussi être Boris Herrmann ou Yannick Bestaven.

Je ne puis m’empêcher de pousser un coup de gueule personnel: La navigation de haute compétition rejoint en connerie la Formule 1 où ce sont les commissaires qui désignent les vainqueurs. Pour les bagnoles, il s’agit de pénalisations… pour la voile des bonifications de chronos! 

Bravo au vainqueur, quel qu’il soit, mais aussi à tous les autres, qu’ils aient terminé leur pensum ou non, qu’ils aient porté secours à un concurrent ou non, qu’ils soient dans les premiers ou parmi les derniers. Du reste les derniers ont plus de mérite… car ils en ont bavé plus longtemps!

J’en entends qui ricanent au sujet de mon intervention: Lui? Mais il ne connait rien à la navigation. C’est vrai! De quoi il se mêle ce type qui confond latitude avec longitude. C’est vrai! qui ne sait pas ce qu’est un mât d’artimon, une drisse ou une manille? C’est encore vrai. Rien ne me légitime à évoquer le sujet d’une aventure maritime, surtout de la dimension du Vendée Globe.

Ricanez, ricanez, il en restera toujours quelque chose. 

Au fait, me permettez-vous tout de même une réflexion?

Plusieurs fameux marins ont parlé de la sensation de déséquilibre après autant de jours en mer, lorsqu’ils posent les pieds sur la terre ferme. Vous allez être étonnés que, sans avoir jamais navigué, je puisse parfaitement comprendre ce phénomène de déséquilibre… ressenti, dans mon cas, comme un «mal de terre». Je vous interdis d’évoquer certains élixirs vineux ou maltés que j’aurais pu absorber dans ma vie dissipée… 

C’est beaucoup plus simple : dans les années 70 j’ai participé une dizaine fois à un ‘biwak’ hivernal du Club alpin suisse au dessus d’Arolla (Val d’Hérens) , sous tente à près de 3’000 m., parfois avec de douces températures nocturnes de moins 25°. Le camp durait une semaine et tous les mouvements et vacations se faisaient sur la neige, comme de la tente à l’igloo social où nous partagions repas et soirées festives. Et bien sûr que c’était encore sur la neige que nous faisions chaque jour une ascension à peaux de phoques : le Pigne d’Arolla (3787m.), la Roussette (2865n.), la Luette (3548m.), le Mont-Blanc de Cheillon (3869m.). Et pendant les jours de repos nous faisions quelques descentes à ski sur les pistes d’Arolla. 

Quand, à la fin du camp, nous redescendions à la ‘civilisation’, au moment de poser les pieds sur la terre ferme, nous ressentions, je crois, les mêmes sensations que les marins après un tour du monde. Nous manquions d’équilibre, la démarche hésitante, cette sensation que nous rappellent les plus grands navigateurs à leur retour sur la terre ferme ! Comme quoi…

Dans une prochaine vie, je ferai le tour de l’Antarctique à skis de fond, j’installerai ma tente de ‘biwak’ au Cap Horn ou sous les 40èmes rugissants, et on finira bien par me prendre au sérieux quand j’évoquerai la navigation circumterrestre! 

(A moins que je ne me fasse pénaliser par les commissaires sportifs pour m’être arrêté en route pour boire un coup au bar du Cap de Bonne Espérance!) 

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