Devoirs de vacances N° 12 Camper en altitude

Camping à la Rosa Blanche

La Rosa Blanche 3335 m. d’altitude

J’ai promis, à un ami lecteur du blog, un texte sur mes mille extravagantes manières de camper. Un peu de patience, le temps de me mettre au clavier pour réécrire ce «curriculum vitae latebram prospicimus» en mode blog! En relisant ma biographie de campeur, à pied et sur roulettes, je suis tombé sur un chapitre qui va faire hurler mes amies…

Chiard, t’oses pas! Bin si, j’ose…

… et je vais vous conter une nuit mémorable dans les Alpes valaisannes, espérant que ma femme ne me lira pas, car je ne devrais pas m’en vanter!

Au début de notre mariage, je l’avais emmenée assister au passage de la fameuse Patrouille des Glaciers, une course difficile à ski et peaux de phoque qui conduit les concurrents de Zermatt à Verbier. 53 km, 3994 m de dénivelé montant, 4090 de dénivelé descendant… donc 110 km/effort. Un pensum! En son temps j’avais disputé cette épreuve et voulais en montrer l’ambiance à ma femme, accompagnée d’une amie dont le fils disputait l’épreuve. Départ de Verbier à peaux de phoque vers la Cabane Mont Fort et montée par le col de la Chaux (2940 m) sur les contreforts de la Rosa Blanche(3335 m). Nous avions établi notre camp vers 3100 m. d’altitude, bien sûr dans la neige.

Cette nuit-là, mes deux compagnes n’ont pas fermé l’oeil, transies de froid. Au petit matin, avant l’apparition du soleil, le thermomètre marque encore moins 12°. Je chauffe de l’eau pour le café sur un réchaud à propane, et je les bouscule un peu pour qu’elles se mettent en mouvement. Ce n’est pas la joie. Elles n’arrivent pas à se réchauffer. Alors je donne mon sac de couchage en duvet encore bien chaud à l’une et mes chaussons rembourrés à la seconde, pour que leur métabolisme reprenne le dessus. Jusqu’à cet instant, elles n’avaient pas remarqué mon équipement de vieux briscard des cimes hivernales…

Je vous passe les épithètes qui se sont abattus sur moi, avec des noms d’oiseaux, dont le fameux canard Eider, le «fournisseur officiel» de l’édredon! Je vous disais plus haut que je ne n’étais pas très fier de moi mais n’étant ni guide ni chef de course, j’avais l’habitude de m’occuper de mes affaires. Que chacun se responsabilise, est une des dures règles de la montagne. Vous allez aussi vous mettre aux insultes quand je vous aurai avoué que si je n’ai pas eu froid, c’est aussi parce que j’avais bénéficié de la protection thermique de mes deux voisines, qui jouxtaient la fine toile… Eh! J’avais dormi entre les deux!

Calmez-vous, mes chéries, vous ne risquez plus d’être victimes d’une telle goujaterie, car j’ai cessé depuis longtemps mes ‘exploits’ alpins et ne mets plus deux dames dans mon lit…

5 commentaires sur “Devoirs de vacances N° 12 Camper en altitude

    1. Me souviens de lombaires bloquées un matin hivernal en fond de Maurienne, vers 3000 m … le temps de les réchauffer au soleil froid. J’étais tout seul.
      Belle soirée à toi, Akimismo … et à Cornelia !

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    2. Les ronflements ? C’était au refuge de l’Arpont. J’ai pas fermé l’œil de la nuit. Faut dire, je dors très mal en refuge. Le ronfleur était un des nôtres, de grande et noble stature, une intelligence supérieure. Au petit déjeuner, un gamin d’un autre groupe « Si je prends le con qui a ronflé toute la nuit … » « Le con, c’est moi ! » répond nôtre élégante chevelure blanche. « Oh pardon, Monsieur, je ne voulais pas … »
      Belle soirée à vous, Cornelia.

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