Une vie de borgne (Chapitre 11)

(2ème et dernière partie du chapitre 10)

Suite de mon analyse des dysfonctionnements dans l’apprentissage de la conduite, et plaidoyer pour changer notre comportement au volant.  

Le borgne que je suis, confronté à chaque instant aux dangers de la route, est choqué de constater vos souvent dangereux comportements en bagnole.

Il faut modifier les conditions d’obtention du permis de conduire, car trop de conducteurs (trices) dûment accrédités par les services officiels, que j’ai suivis, croisés, observés, n’ont tout simplement rien à faire sur les routes… et devraient renoncer à conduire !

Je vous ai vu en grande conversation avec vos passagers, téléphoner, consulter l’écran de votre GPS, écouter de la musique et la radio, allumer une cigarette et fumer au volant. Je vous ai vu… oui, certains ‘pianotent’ même sur leur smartphone en conduisant !

Dans les bus publics on interdit de parler au conducteur pendant la marche.

Si un chauffeur professionnel ne peut pas répondre à ses passagers, comment les automobilistes ‘lambda’, souvent sporadiques conducteurs du dimanche, seraient-ils à même de le faire ? 

La réponse est dans la question.

Pourquoi n’enseigne-t-on pas la maîtrise des forces dynamiques ou statiques ? Elles conditionnent pourtant le comportement des voitures : l’aérodynamie et l’adhérence sont les composantes de la résistance, l’inertie conditionne l’accélération et le freinage, les forces centripète et centrifuge, la gravité, le transfert des masses, le sous-virage, le survirage…

Vous en a-t-on parlé à l’auto-école ? Vous a-t-on interrogé à l’examen ?

On peut, à basse vitesse et sans risques, recréer toutes ces sensations avec un ‘sliding pad’, une piste revêtue de ‘basaltine’, un matériau qui, mouillé, a un coefficient d’adhérence proche de celui de la glace. Tout automobiliste qui n’a pas vécu une glissade, un sou- ou survirage sur sol humide ou gelé… ne connait ni ses réactions ni celles de sa voiture et devrait suivre régulièrement des cours de formation pratique. J’admets que ce dernier point devrait être géré par les gouvernements et ceux qui décident de l’attribution du permis. Ce n’est pas interdit de rêver non ?

Apprendre aux candidats au permis à faire un créneau de stationnement en ville et conduire en ligne droite ne sert strictement à rien, donc pas besoin d’enseignants professionnels pour apprendre à maîtriser ces exercices !

Les voitures sont de plus en plus confortables et occultent toute sensation dynamique, les ‘aides à la conduite’ gomment les signaux d’alerte et incitent à se croire immunisés contre les pièges de la route.

On jette un coup d’œil ? Voici un tout petit extrait :

ABS          Si vous ne l’avez pas vous en avez entendu parler non ?

AFIL         Alerte de Franchissement Involontaire de la Ligne. Tiens, pour une fois un acronyme est en français !

DDS          Système d’alerte de dégonflement d’un pneu (on ne nous dit pas si le regonflage automatique est en option !)

ESP           Correcteur électronique de pression du freinage. Il doit d’agir d’un progrès pour ceux qui continuent à conduire avec leurs souliers de ski !

GPS           Bidule dont l’usage est maintenant généralisé, qui vous empêche d’évoquer de fallacieuses excuses si vous arrivez en retard à un rendez-vous

HAC         Une assistance au démarrage en côte

PCS           Pré-crash System

Il s’agit d’une sorte de radar qui vous remplace alors que vous êtes en pleine discussion avec vos passagers, ou en train de refaire le monde au moyen de votre téléphone portable tout en caressant le genou de votre passagère !

DSC       On parle ici du Contrôle Dynamique de Stabilité qui implique tous les systèmes de régulation placés en amont tels que l’ABS. Je cite, attention c’est du lourd : Contrôle les mouvements du volant, la vitesse, l’accélération transversale et les mouvements latéraux et détecte la moindre tendance au dérapage du véhicule.

« Toi y en n’a pas compris ? » Moi non plus… demandons donc aux modérateurs de WordPress de promouvoir le Paracétamol !

Je dis qu’on devrait interdire l’usage du téléphone au volant, même celui dit ‘mains libres’. Car si les mains restent libres, quid de la vigilance du cerveau?

Tous les appels peuvent attendre votre arrivée à destination ou votre prochaine pause-café. Ceux réellement urgents supportent les quelques secondes nécessaires pour s’arrêter en bord de route.

Et ne me dites pas que les constructeurs de voitures n’ont pas les moyens de placer un système inhibiteur de couverture hertzienne pendant la marche ? Quant à la musique ‘à donf’ je ne crois pas utile de vous faire part de mes convictions…

Je n’ose pas imaginer l’avenir, avec les voitures ‘connectées’. C’en est trop et on ferait mieux d’augmenter les recherches sur l’intelligence artificielle et les études sur les véhicules autonomes.

Je me demande si le conducteur sert encore à quelque chose dans la voiture actuelle… à part causer des risques supplémentaires !

Du reste, il n’y a pas que dans l’automobile que le conducteur a perdu sa raison d’être. Je viens de rencontrer un ami commandant de bord retraité. « Alors le pilotage ne vous manque pas ? N’avez-vous pas envie, comme d’autres pilotes de ligne à la retraite, de vous faire plaisir aux commandes d’un petit avion ?

Réponse édifiante :

« Piloter ? Vous rigolez… à la fin de ma carrière nous étions juste devenus des « opérateurs de vol »

A méditer !

3 commentaires sur “Une vie de borgne (Chapitre 11)

  1. Je suis d’accord avec l’intégralité de ce chapitre et je rajoute que les «  » » » » »chauffeurs » » » » » » (oui j’ai fait exprès de mettre plein de guillemets) reproduisent leurs comportements désastreux et tout aussi imbéciles en vélo, patinette, trottinette, etc. etc, etc. Mais heureusement, ouf, il reste plein de gens bien, aimables etc. etc. etc. Merci pour votre texte qui m’a aussi fait rire par moments, et très bonne nuit

    Aimé par 2 personnes

  2. Hello, la compagnie ! (Tiens… le revoilou Ernest ?!). Je n’ai pas pu m’empêcher de donner mon avis sur ce sujet qui me tient beaucoup à cœur : la conduite automobile et la façon de l’utiliser ! Vieux croûlant que je suis aujourd’hui, j’ai obtenu mon permis de conduire à une époque ou il était plus facile de repartir avec le petit papier rose (que l’on ne donne plus d’ailleurs de nos jours pour les raisons que l’on sait (violences exercées sur les examinateurs !). Obtenu du « premier coup » après seulement 5 heures de leçons de conduite (10 fois une demi-heure plus exactement car je n’avais pas les moyens de me payer 1 heure complète !). Le lendemain même de l’examen (un 13 juillet) je partais seul pour un périple de plus de 1300 kms (Marseille-Brest) non-stop (24 heures derrière le volant sans dormir plus d’une heure en route !*) Pour les amateurs (et il y en a !) l’engin était une vieille deudeuche (2ch6) retapée par mes soins méticuleusement depuis un an, mais qui consommait presque autant d’huile que d’essence (j’ai du me réaprovisionner en cours de route d’un deuxième bidon !). Toutefois, je dois vous expliquer que je fus un précurseur avant l’heure de ce que l’on appelle maintenant la conduite accompagnée… mon père (ancien moniteur d’auto-école) me laissant conduire la voiture familiale depuis plus de 2 ans et quasiment tous les dimanches, que ce soit sur routes ou sur autoroutes (plus rares aussi à l’époque !). Fort heureusement nous n’avons jamais été contrôlé par la marée-chaussée (moins présente aussi à cette époque il me semble bien… !) car nous étions bien entendu dans la plus grande illégalité ! J’ai donc appris à conduire sur le long terme et avec un (vrai) professionnel (à la baffe facile si je faisais une connerie, ce qui aide grandement à la concentration !). Le moniteur officiel ne m’a rien appris en vérité (mais n’a pas été dupe toutefois de mes années d’expérience malgré mon jeune âge). Je crois même que j’en savais plus que lui sur l’art de la conduite ! Dans ces conditions vous comprendrez que je suis du même avis que mon ami AKIMISMO : c’est malheureux, mais la plupart des conducteurs ne savent pas conduire ! Je me désole par exemple de suivre des types qui conduisent avec le pied sur le frein (les fabricants de plaquettes doivent ce faire des c°°°°°es en or ! Non, les gars ! On ne conduit pas avec le pied sur le frein ! On adapte sa vitesse pour utiliser le frein moteur et on ne freine que lorsque c’est vraiment indispensable (et en entrée de virage, pas en plein milieu !). Enfin bref… il y aurait temps à dire… n’est-ce pas ?!

    * Rassurez-vous : j’ai fait bien pire ensuite… Danemark-Marseille non stop (plus de 30 heures de route sans dormir une seule minute ! à ne pas faire bien sur, c’est de l’inconscience totale !

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    1. Très heureux que tu aies finalement retrouvé ton clavier! Et encore plus heureux d’être, c’est toi qui le dis, la cause de « Salgrenn, le retour ». Et, finalement, triplement heureux que tu partages mes convictions en matière de permis de conduire. Saludos amigo!

      Aimé par 1 personne

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