Une vie de borgne (Chapitre 22) C’est quoi un dirigeable ?

Un peu d’histoire

Retour d’un vol d’essai au pied du Jura

Sachant que vous n’êtes pas nombreux à être montés à bord d’un tel aérostat, je vais vous en dire un peu plus sur ce « vaisseau des airs ».

S’agissant d’un OVPI, ‘Objet Volant Parfaitement Identifié’ mais assez peu connu, voici quelques détails : Un dirigeable est rarement fabriqué en série, et même avec deux yeux, piloter ce genre d’engin relève de l’aléatoire, de l’empirique et de la péripétie. Que dire alors des sensations d’un borgne aux commandes ?

Le Zeppelin LZ 129 Hindenburg

On vous dit dirigeable, vous ajoutez : ah oui le Zeppelin ! C’est normal que vous pensiez au LZ 129 Hindenburg, ce vaisseau des airs aux dimensions ahurissantes : 245 mètres de long pour un volume de 200’000 m3, rempli d’hydrogène, qui fut mis en service le 4 mars 1936. (A titre de comparaison le nôtre ne mesurait que 36.50 m. de long pour 12 m. de hauteur et 3000 m3 … une bricole!)

Fleuron de l’aérostation (et aussi de la propagande nazie), le Zeppelin emmenait jusqu’à 70 passagers autour du monde. Le LZ 129 a parcouru environ 337 000 km en 63 voyages.

Le plus long trajet a été effectué entre Francfort et Rio de Janeiro, soit 11 278 km en 111 h 41 min, à une vitesse moyenne de 101,8 km/h. Ses périples l’ont conduit à Bordeaux, Tanger, Marseille, Séville, Recife, Rio, Los Angeles, même Leningrad et Tokyo.

La belle aventure se termina à Lake Hurst le 6 mai 1937 dans les flammes provoquées par l’électricité statique au contact du câble métallique de l’aéronef avec le pylône d’amarrage. Avec l’extrême inflammabilité de l’hydrogène, il faut tout de même souligner qu’il n’y a eu ‘que’ 35 morts sur les 97 passagers et membres de l’équipage. C’était le 63ème et dernier vol commercial du Zeppelin.

Un détail sordide : le Hindenburg était à l’origine gonflé à l’hélium, gaz inerte non inflammable, mais depuis la montée du nazisme en Allemagne, les Américains, les seuls alors à livrer l’hélium, refusèrent d’approvisionner les sujets d’Adolf.

A Lakehurst nous avons vu le résultat

Le premier ‘vrai’ dirigeable décolla en 1884, soit cent ans après la première ascension d’une montgolfière en 1783. Le challenge qui hanta les ‘Geo Trouvetou’ de l’aérostation pendant un siècle, était de ‘propulser’ ces aéronefs, jusque-là livrés aux caprices du vent. On a tout essayé, mais les tentatives se soldaient généralement par un ballon jouant dangereusement à la toupie ! Il y eut des essais avec des voiles, des rames, de la poudre, des fusées, des hélices animées par des moteurs électriques, des pédales, de la traction depuis le sol avec des chevaux, des attelages d’aigles, des moteurs à vapeur avec cheminée… j’en passe et des pires ! Il s’agissait toujours d’aérostats à gaz.

Premier dirigeable « La France »

Ce sont Charles Renard et Arthur Krebs avec leur aéronef oblong nommé « La France » qui réussirent en 1884 le premier circuit fermé de 7.6 km officiellement homologué.

Au milieu du XXème siècle, la montgolfière revint à la mode grâce à l’invention des brûleurs à propane. Don Cameron, constructeur de ballon à air chaud, n’hésita pas à utiliser ce système de chauffe, aussi pour ses dirigeables. 

C’est un dirigeable de ce type, fabriqué en Angleterre par Per Lindstrand, que j’ai piloté… avec pas mal d’aventures.

Ready for take-off ?

Je reprends la plume dans quelques jours, dès notre retour du bord de mer, Alicante, Murcia… bref la Méditerranée !

A+

2 commentaires sur “Une vie de borgne (Chapitre 22) C’est quoi un dirigeable ?

  1. Je suis entré à Sup’Aéro en 1976 et les dirigeables nouvelle génération étaient déjà au programme. À l’époque, c’était essentiellement pour transporter des charges lourdes, genre cuve de centrale nucléaire. Je ne suis pas sûr que cela ait été un bonne idée. Presque 50 ans plus tard, les dirigeables ne se bousculent pas dans le ciel … sauf pour faire de la pub. J’ai un copain qui a travaillé, récemment, sur le mécanisme d’amarrage des dirigeables pour précisément éviter la décharge électrostatique violente. En tous les cas, le Hindenburg a démontré que l’hydrogène n’explose pas sauf à le mélanger au préalable à de l’oxygène. Quant à prévenir la combustion de l’hydrogène … Ça a également du sens de ne pas gonfler les dirigeables à l’hélium car c’est une ressource limitée et rare.
    Bravo, Akimismo, et bon vol à toi.

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  2. Merci pour ta participation « frappée comme d’habitude, au coin du plus parfait bon sens »!!
    C’est vrai qu’à Lake Hurst en 1937, le dirigeable n’a pas explosé mais bien pris feu, ce qui ne diminue pas les effets désastreux…
    Bonne journée à toi!

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