Interlude 4 (Un peu de poésie !)

Avant que je publie ma dernière aventure en dirigeable (car c’est bien d’aventure qu’il s’agit !) place à un petit interlude : Ces derniers temps, je vous ai beaucoup parlé d’aérostats, oubliant un peu la poésie. Pourquoi ne pas associer ballons et poèmes, chiche ?

Ah ! S’envoyer en l’air… en poésie!

J’ai pris cette photo d’un ‘combat aérien’ lors d’un séjour à El Rocío dans le parc naturel de Doñana au bord de l’Atlantique. Les deux protagonistes ailés sont des Ibis falcinelles. Un ami avait commenté cette image en disant : « Ô temps suspends ton vol ! » Souffrez que l’ancien pilote d’aérostats en remette une couche, tout le monde sachant que cette phrase est extraite d’un poème d’Alphonse de Lamartine « Le Lac » avec l’héroïne Elvire… avec laquelle il filait le parfait amour sur les berges du Bourget.

De son vrai nom Madame Julie Charles, elle ‘s’éclatait’ (comme on ne le disait pas encore !) avec le poète pendant que son ‘cocu’ s’envoyait en l’air à Paris. Je dis bien : s’envoyait en l’air, au sens premier, car si le Marquis d’Arlandes et François Pilâtre de Rozier avaient été les premiers humains à quitter le plancher des vaches avec le ballon à air chaud des frères Montgolfier, le 21 novembre 1783, le mari de la belle Elvire, le physicien et aventurier Jacques Charles décollait à son tour le 1er décembre 1783 avec un aérostat à hydrogène. On devait reprendre son nom pour les ballons mixtes combinant air chaud et hydrogène, puisque que de nos jours encore on les nomme ‘charlières’.

C’est certainement en pensant au mari aéronaute de sa maîtresse que Lamartine écrivit son fameux poème.

O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent,

Oubliez les heureux.

Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m’échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore

Va dissiper la nuit.

Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;

Il coule, et nous passons !…

Ça a quand même une autre tenue que le ‘rap’, les textos et « WhatsApp » non ?

Alphonse de Lamartine, reviens !

Voici le lien du texte complet du poème, pour soigner une éventuelle attaque de vague à l’âme ou un problème de retour d’affection :

https://www.google.es/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwi18I7yhK70AhW0QUEAHeHQAIsQFnoECAMQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.bonjourpoesie.fr%2Flesgrandsclassiques%2Fpoemes%2Falphonse_de_lamartine%2Fle_lac&usg=AOvVaw3w-5V4O6mxNZvFY0OUv9l_

6 commentaires sur “Interlude 4 (Un peu de poésie !)

  1. Et Étienne Œhmichen a effectué le premier kilomètre en boucle fermée et en hélicoptère au monde. C’était en mai 1924. Quand il a commencé à développer sa machine, les moteurs dont il pouvait disposer n’étaient pas bien puissants. Alors le petit génie d’Œhmichen a compensé une partie de la masse de son engin avec un ballon à hydrogène. Comme il était accoquiné avec Peugeot, des moteurs plus costauds sont arrivés et il a laissé tombé, si je puis dire, le ballon à hydrogène.
    Belle journée à toi, Akimismo.

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai lu son histoire, que je ne connais pas… Courageux ce type, car avec les moteurs de l’époque, fussent-ils fabriqués par Peugeot, l’hydrogène et les étincelles n’ont jamais fait bon ménage!

      Aimé par 2 personnes

      1. Surtout qu’ils étaient en échappement libre et que des étincelles, il en sortait tant et plus ! Probablement des étincelles mais pas de particules. Il lui a fallu trois ans pour mettre au point sa machine. Exceptionnel ! Et pour les moteurs, je me trompe sûrement car il a bouclé le kilomètre avec un moteur Rhône. Après le kilomètre, il est revenu à une solution hybride, ballon plus rotors.
        Une belle journée à toi, Akimismo.

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