Ma vie en ‘monovision’ (Chapitre 37) Force mentale et physique

Un borgne est dur au mal, avec une force mentale au-dessus de la moyenne…

Ne cherchez pas les références sur votre smartmachin, car je suis l’auteur de cette affirmation, que j’assume !

Par exemple, il ne fallait pas être douillet pour s’extraire une dent de sagesse infectée et douloureuse, tout seul dans un ‘cortijo’ des montagnes andalouses, à une époque où nous n’avions pas de voiture, mais seulement une mule pour nos déplacements, extraction avec des tenailles et utilisation de ce merveilleux produit combiné, à la fois antidouleur et désinfectant : l’aguardiente ou ‘coñac ibérico’ à 45°, même en renouvelant plusieurs fois le traitement !

Une autre… une autre…

Bon d’accord !

En 45 ans d’activités professionnelles, je n’ai pas manqué une demi-heure de boulot. Ceux qui me suivent savent que je n’ai jamais vu de médecin ni consommé la moindre pilule dans ma vie, donc personne ne m’a dissuadé de ‘courber le taf’. Voici une histoire édifiante, déjà été publiée dans mon blog.

Avril 1956.  Certificat d’études primaire supérieure en poche avec une année d’avance, je devais attendre décembre et mes 15 ans révolus pour quitter le système scolaire. Stupide mais authentique !

C’est ainsi que je me suis ‘emmerdé’ quelques mois dans une École Supérieure de Commerce qui ne m’intéressait pas, mais passage indispensable pour me libérer de mes obligations scolaires légales.

En attendant d’entrer en apprentissage dans l’administration, j’ai trouvé un job de ‘petite main’ dans une entreprise de nickelage chromage. La patronne était une veuve genre Edith Piaf. Petite, autoritaire, habillée de noir, pétant le feu, on aurait presque attendu qu’elle nous chante le Prisonnier De La Tour  Sous les ordres de cette matrone à l’énergie débordante, nous traitions de la robinetterie par bains électrolytiques de cuivre, de nickel et de chrome ! Pour moi, beaucoup de manutention et de nettoyage entre ces opérations. Mon jeune âge, mon envie d’apprendre et surtout de bien faire, ajoutés à un salaire dérisoire, satisfaisaient la ‘taulière’ jusqu’au jour où je suis allé travailler avec de la fièvre, pensant que ce n’était pas un obstacle à mon boulot. Mais je n’avais pas mon ‘rendement’ habituel et ‘Edith’ me houspillait. Je l’avais mal habituée, travaillant trop rapidement ! 

« C’est que j’ai de la fièvre ! »

« La belle affaire. Moi aussi j’ai de la fièvre, tout le monde a de la fièvre ! »

« Mais j’ai beaucoup de fièvre !»

Notre ‘prise de bec’ commençait à intéresser mes brimés de collègues qui arrêtaient leurs machines pour écouter le ‘jeunot’ se ‘farcir la vieille’. Je lui répète que j’ai au moins 40° de fièvre mais que ça ira rapidement mieux, ce qui met l’acariâtre mégère en furie, surtout devant son personnel.

Elle trouve la parade : « Ha ! Ha ! 40 de fièvre, tu te fous de moi ?…  Je vais chercher un thermomètre et on va bien voir ! »

Elle revient avec l’outil de mesure au mercure qui devait me confondre et renvoyer à leur ouvrage les 4 employés ! Mais deux minutes plus tard, la Fée Carabosse blêmit et devient Blanche-Neige à la vue du thermomètre qui indique 41.2°.

Oui quarante et un point deux !

Vous comprendrez que je n’aie jamais été concerné par le syndicalisme, l’assistanat et la pénibilité du travail.

Changement d’ambiance : La ‘mère machin’ devient presque humaine, prévenante et hypocritement sympa. Il faut avouer que ça la ‘foutrait’ mal avec les autorités d’avoir le cadavre d’un adolescent non déclaré au milieu de l’atelier ! 

Branle-bas de combat : « Vous prenez soin du gamin ! J’appelle un taxi pour le reconduire chez lui ! » A la maison, ma mère m’a convaincu de me reposer et le lendemain, refusant de contrôler ma température, je reprenais le train pour Genève, toucher mon salaire et prendre congé de mes sympathiques collègues. ‘Edith’ s’est rapidement éclipsée, peut-être pour revoir la partition des Trois Cloches de Gilles dans laquelle elle aurait pu tenir le rôle de l’une d’elles… Quant à moi, je suis parti heureux en fredonnant La vie en rose, et j’ai commencé ma formation de prof de ski pour passer l’hiver, en attendant de commencer mon apprentissage !

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6 commentaires sur “Ma vie en ‘monovision’ (Chapitre 37) Force mentale et physique

  1. Quel tempérament ! Je me régale ! Le ton convient bien aux faits et à l’homme! Vous êtes bien exceptionnel, vous aussi ! Quel plaisir de lire de tels articles. Une tranche de vie qui me rassasie, ce matin. On ne risque plus de se plaindre d’une quelconque petite douleur due à notre âge, après ça et les médecins vont faire faillite! 🙂Passez une bonne journée !

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