Ma vie en monovision (Chapitre 41) La lettre à mon instituteur

J’ai quitté l’école primaire en 1953 et n’ai pas revu mon instituteur pendant plus de 50 ans. Je lui ai écrit. Il m’a répondu et nous avons eu des retrouvailles émouvantes, nous permettant à plusieurs reprises de faire une sorte de bilan de nos deux vies et de partager un coup de Chasselas du terroir ! Des moments très intenses.  

Voici quelques extraits de ma lettre (c’était avant qu’il me propose le tutoiement…) avec des photos ajoutées après nos retrouvailles :

A l’école vous nous lisiez des extraits de Jack London. J’avais été marqué par « Construire un feu », bouleversé par le final avec l’ultime allumette s’éteignant, un passage qui m’a poursuivi toute ma vie… et peut-être à l’origine de ma passion pour le Nord, le froid, le ski et l’alpinisme.

J’ai gravi plus de 15 sommets de 4000 m. (ski, crampons, varappe) même le toit de l’Europe…

Trois fois au sommet du Mont Blanc 4810 m. Je suis deuxième depuis la gauche

Et pour mes 40 ans le Miroir d’Argentine

J’ai parcouru 400 km à ski de fond en Laponie par des températures descendant à moins 38º et suis monté à près de 8000 m. en Himalaya.

A gauche: Halte dans une cabane de lapons sur la route de Alta. Je suis deuxième depuis la droite. Ci-dessous: Deuxième depuis la gauche, je pose avec mes coéquipiers au camp de base avant d’attaquer les dernières difficultés du Cho Oyu (8200 m) dont nous manquerons le sommet pour quelques centaines de mètres…

J’ai piloté, professionnellement, des montgolfières et un dirigeable à air chaud. Au sujet de mes performances sportives, c’est vrai que sans jamais avoir été un champion, j’ai quand même une petite carte de visite à faire valoir : 

Ski de fond : Plusieurs fois la Vasaloppet en Suède (90 km), la Marcialonga dans le Val de Fiemme i Fassa, Trentino (75 km), le Marathon de l’Engadine (42 km) et la Marcia Gran Paradiso dans le Val d’Aoste (45 km avec 1800 m de dénivelé !)

The end ! La Marcia Gran Paradiso 1995 pour la 17ème et dernière fois. Photo historique pour moi puisque j’avais 54 ans, l’année que je me suis expatrié en Espagne et que je n’ai plus jamais rechaussé les skis ! ►

J’estimais plus important de laisser une image ‘dynamique’ que de sombrer dans la médiocrité d’un vieil has been fluo, échéance inéluctable pour ceux qui ne savent pas raccrocher !

Ski de piste et de randonnée : de nombreuses fois la Haute route Chamonix Zermatt ou Zermatt Verbier, et la Patrouille des Glaciers (Arolla – Verbier).

Participation à une manche du Championnat du monde de ski-alpinisme. Je fus aussi prof de ski pendant une trentaine d’années.

Bicyclette de course : 4 fois les 12 heures de Gland (389 km !) Plus de 45 grands cols en Suisse, France et Italie avec des noms comme le Galibier, La Madeleine, l’Izoard, le Tourmalet, l’Aubisque, Peyresourde, le Stelvio, Gothard, Grimsel, Furka, Nufenen, Splügen, sans oublier l’incontournable Mont Ventoux par ses deux versants : Malaucène et Bédoin !

Course à pied : 8 fois Morat-Fribourg (17 km), les dix premières éditions de la Course de l’Escalade à Genève (10 km)

Natation : 12e temps romand en nage libre en 1960, en 1’06 aux Championnats romands à Yverdon.

Merci Fernand pour tout ce que tu m’as apporté. Tu as été mon maître de classe et mon maître à penser. Tu as conditionné toute mon existence et je tenais à t’en remercier avec une reconnaissance émue avec ces quelques photos qui sont la suite (ou la conséquence) du texte de Jack London que j’évoquais au début de cette missive:

« Ta » classe à Eysins en 1949 ou 50. Tu reconnaîtras l’un de tes élèves, deuxième depuis la droite, rang du milieu!

Le même élève , 40 ans plus tard, cette fois dans le rôle du chef de classe..

Mes débuts de prof de ski (années 60). A noter l’usage d’une invention suisse: les chaussures à coque plastique. Les champions de la grande équipe de France d’Honoré Bonnet de l’époque skiaient encore avec des chaussures en cuir Le Trappeur. Un détail: Le Trappeur faisait fabriquer ses souliers chez le maître Karl Molitor à Wengen et les J.C. Killy, Rossat Mignot, Patrick Russel et Georges Mauduit enduisaient leurs godasses de fibre de verre artisanale! Ah! J’oubliais: les skis Rossignol qui raflaient tout en compétition… étaient fabriqués chez Gaston Haldemann… en Suisse. Authentique!

Mon instituteur se nommait Fernand Barbay. Précurseur de l’enseignement scolaire moderne, disciple de Célestin Freinet, il est décédé à plus de 90 ans.

6 commentaires sur “ 

  1. Et ce grand homme que vous êtes me fait l’honneur de discuter avec moi qui ne tutoie aucun sommet! Je vais m’en vanter, soyez-en assuré ! C’étaient les Frison-Roche qui me faisaient rêver d’ailleurs, dans ma jeunesse, des montagnes aux déserts. Vous y auriez eu votre place et je viens de rencontrer un personnage de roman d’action. Une composante tout aussi indispensable que le cinéma. Quel grand sportif! Tiens, je vous verrais bien dans un de mes dramas ( et c’est mon plus grand compliment à cette époque de ma vie !).

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  2. Belle initiative d’avoir écrit à ton ancien instituteur.
    Belle surprise pour lui quand il a ouvert ta lettre.
    Comment as-tu retrouvé son adresse ?

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    1. Par hasard… chez des amis, j’ai rencontré un bon ami de mon instit. Il m’a dit être en rapport avec lui et m’a donné son adresse. Il faut parfois peu de choses dans la vie pour en changer le cours!

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