Mes crocodiles chéris !

Crocodiles?… Pourquoi ce titre ? Parce que les lézards, les alligators et les crocodiles c’est caïman la même chose !

Je vous ai déjà parlé de nos sauriens préhistoriques, ces reptiles du ‘mésoïque secondaire’ qui sont nos étranges animaux de compagnie.  Quelques recherches sur ’la toile’ m’ont fait penser aux  élèves confinés, condamnés à suivre leur classe sur un écran… Moi non plus je n’aime pas lire sur un écran mais c’est parfois pratique et j’ai le choix, contrairement aux élèves confinés. Alors pour eux, voici une petite leçon de science animale sans prétention.

Bonne lecture les louloutes et les loulous !

Vos parents, qui me lisent, savent que le Lézard ocellé appartient à la catégorie des sauriens, famille des lacertidae. C’est le plus grand lézard d’Europe, qui peut mesurer, queue comprise, jusqu’à 70 cm de longueur.

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En cette période précédant les amours, c‘est rare de voir un lézard ocellé avec la totalité de sa queue, car il a tendance à rester près de son terrier et on ne voit pas souvent son appendice caudal. Et pourtant, avec la patience propre au confinement, on réussit parfois ce genre de cliché. Longueur totale actuelle estimée: 40 cm! 

Ce lézard du Sud qui vit une dizaine d’années, est malheureusement en voie de disparition. Triste fin d’une très longue ère, sachant qu’on a retrouvé des squelettes fossiles de ce sympathique reptile il y a 2.6 millions d’années, à la même époque que les premiers dinosaures ! Espèce protégée, sa capture est strictement interdite et les collectioneurs terrariophiles hors la loi.

Ses prédateurs principaux sont la couleuvre de Montpelier, le milan noir, la buse variable et l’aigle royal. Chez nous leurs terriers sont assez protégés,  près de la maison (Hé hé ! Pas bête les ‘lepidosauria’), dans des rochers assez escarpés, qui rendraient l’aterrissage des grands volatiles un peu hazardeux !

Le borgne de naissance que je suis a découvert une étrange particularité propre à certains sauriens : la possesion d’un « troisième œil ».

« Y m’donnent des complexes en croisant mon regard monoculaire… avec leurs trois ‘sensors’ ! »

Ce troisième œil, sur le haut du crâne, est appelé pinéal. Chez notre lézard ocellé, logé sous les écailles crâniennes, il n’est pas visible et a perdu sa fonction originelle de la vue, mais il capte les sources lumineuses, qui régulent son horloge interne et lui permet de détecter les ombres et les mouvements.

Autre organe ‘sensoriel’, sa langue qui, comme chez de nombreux reptiles, sert à repérer proies et phéromones. Bon, mes petits élèves, pour le sens de phéromones il vous faudra attendre d’avoir l’âge de lire Les fourmis de Bernard Werber !

Pour ceux qui en voudraient à son intégrité physique, notre ‘lagarto ocelado’ a une capacité d’autotomie, c’est-à-dire de perdre volontairement une partie de sa queue, permettant de distraire l’agresseur en lui laissant un maigre butin ou en lui échappant si celui-ci retenait le reptile par la queue. Notons que sa queue se régénère et donc qu’elle repousse !

Le dimorphisme sexuel, encore un terme savant, permet de  reconnaître le mâle de la femelle, mais c’est compliqué, vous allez le voir !

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Cette photo provient de Wickimachin et la légende dit que le mâle, à droite, présente très distinctement une tête épaisse et robuste, aux bajoues fortes, alors que celle de la femelle est plus menue.

 Je serais heureux de connaître votre appréciation, vous les jeunes qui avez bonne vue… moi je ne vois pas de grande différence ! Un autre critère de détermination sexuelle consiste à compter les bandes d’écailles qu’il a sous le ventre. Le mâle en a 30 à 33, la femelle 33 à 36. Allez, les gosses : soyez sympa et demandez à votre maman si elle veut bien m’aider à tenir l’animal afin que je puisse vérifier le sexe de mes pensionnaires !

On dit aussi qu’on reconnaît la femelle quand elle est gravide (ne cherchez pas dans votre Larousse : ‘gravide’ signifie qu’elle est portante) à cause de son corps très gros et dilaté.  Pffffffff !  Autant disserter sur le sexe des anges et se lancer dans l’étude des poissons rouges ! 

Le lézard ocellé est un reptile poïkilotherme. Désolé mes chéris, c’est encore un mot pédant rappelant l’aphorisme : La culture c’est comme la confiture… moins on en a, plus on l’étale !  Alors ‘poïkilotherme’ signifie qu’il gère sa régulation thermique en passant de nombreuses heures au soleil (dans une autre vie je veux être lézard !) pour maintenir sa température à environ 24 °.

Dans le monde animal il y a 3 stratégies de reproduction : les vivipares (naissance du petit vivant), les ovipares qui pondent des œufs, que les oiseaux couvent ou les lézards laissent à leur destin sans autre préoccupation, et les ovovivipares, oui ovo-vivipares, dont les œufs  (avec une membrane souple et non une coquille… aïe !) éclosent à l’intérieur de la mère et les petits naissent comme les vivipares !

La nature est passionnante, n’est-ce pas ?

Tiens, une  information à peine croyable : la couleuvre est ovipare, tandis que la vipère est ovovivipare. Allez savoir pourquoi !

 

Bon les enfants ! Il est moins cinq… rangez vos cahiers… éteignez votre écran… c’est l’heure de la récréation que vous avez bien méritée!

Sujet de réflexion

Ceux qui connaissent mon aversion pour certains moyens modernes de communication comprendront:

 

Les moyens actuels de communication nous rapprochent des éloignés mais nous éloignent des proches!

 

C’est tout, je pars essayer de ‘vendre’ mon manuscrit. A dans quelques semaines.

Un facteur à poil !

J’ai été peu disert ces derniers temps mais me justifie : Nous sortons d’une longue période de vacances et j’attendais la rentrée pour publier à nouveau.

Il faut dire que les vacances, que ce soit peu ou beaucoup, nous y avons pratiquement tous eu droit. La rentrée, en revanche, ne concerne pas tout le monde. Hé hé ! Les retraités ne rentrent jamais de vacances puisque ils n’en ‘branlent pas une’ toute l’année.

Donc Akimismo, le retour… provisoire avant de repartir en voyage, avec un facteur un peu spécial, une histoire que les accros du smart, du net et de la connexion perpétuelle auront de la peine à croire… Elle est pourtant véridique !

Au début du XXème siècle, il y eut un facteur nommé Cheval (Ferdinand et son fameux Palais idéal) à Hauterives dans la Drôme mais moi je vais vous parler de notre  ‘facteur Chien’, précurseur de DHL, ChronoPost, UPS et FedEx. Ce berger écossais se nommait Néri (vous vous souvenez de Lassie). Chez nous il fonctionnait comme agent de liaison.

Dans les années 40-50 mes parents habitaient à 850 m. d’altitude sur les flancs du massif du Jura. Mes grand-parents vivaient dans un village près du Léman, à 400 m. d’altitude. Les deux patelins sont distants d’une douzaine de kilomètres… un peu moins en coupant à travers champs, précision importante pour mon histoire!

Nous n’avions bien sûr pas de téléphone. Mes grand-parents non plus, re-bien sûr! Comment les prévenir de notre projet de visite dominicale ? Mon père qui pendant sa carrière de douanier avait eu une formation de conducteur de chien a l’idée d’écrire une note annonçant notre visite le jour suivant, glissée dans une boîte métallique genre étui à pilules d’avant l’invention du plastique…
Il l’attache avec un ruban bien visible au collier du ‘toutou’ afin d’attirer l’attention des destinataires.
«Neri… Va chez le ‘pépé et la mémé’»
Après plusieurs répétitions de l’ordre le chien remue la queue et disparaît à grande vitesse. 
Trois heures et quelques plus tard, «l’empoilé» jappe derrière la porte. Il est essoufflé d’avoir couru 20 km avec en tout 800 mètres de dénivelé mais quelques quelques friandises plus tard son pouls était revenu aux normes. La boîte miracle contenait un accusé de réception des grands-parents nous communiquant leur joie de revoir ‘les jeunes’.
Nous avons eu de nombreuses fois recours à cet avatar du Pony Express pour communiquer avec la famille, chaque fois avec succès. 

Alors vous comprendrez que les techniques sophistiquées actuelles de communication ne parviennent pas à m’impressionner…

 

 

Le poids des mots… et leur interprétation !

Période animée en Espagne pour les prochaines élections nationales. Chacun y va de ses promesses et arguments relayés par les médias avec statistiques et sondages… bref l’habituel climat des campagnes politiques. On parle beaucoup de stratégies et à ce sujet je partage avec vous une jolie histoire que je viens de lire dans mon quotidien :

C’était en 1905 (Vous avez bien lu : 1905!)

L’archevêque de Canterbury avait fait une visite officielle aux Etats Unis d’Amérique. Ses conseillers, secrétaires et autres dignitaires lui avaient fait moult recommandations, notamment au sujet des particularités de la presse américaine. On lui recommanda d’être d’une extrême prudence avec la presse toujours à l’affût de sensationnalisme. Par exemple :

 Toujours répondre aux questions embarrassantes sur des sujets ‘délicats’ par une autre question.

 Lors de sa première rencontre avec la presse, sur les motifs de sa visite il répondit, en caressant l’interviewer dans le sens du poil, qu’il s’agissait de resserrer les liens d’amitié entre les églises anglicanes et les religions évangéliques du grand continent américain !

Puis telle une bombe surgit la question qui tue :

« Que pense son Excellence de la grande quantité de maisons de prostitution (Casas de putas) à Manhattan ? »

Alerte! Le prélat applique donc les préceptes abondamment inculqués avant le voyage et répond par une question :

« Est-ce qu’il y a beaucoup de ‘casas de putas’ à Manhattan ? »

 Quelle ne fût pas la surprise de l’archevêque et de son entourage de lire le lendemain à la une d’un grand journal :

« L’archevêque de Canterbury demande s’il y a des ‘casas de putas’ à Manhattan ? »

En ces temps de diplomatie politique pré-électorale, certaines ‘grandes gueules’ feraient bien de s’inspirer de notre histoire avant de la ramener en public non ?

Coluche disait : Votez nul ! Bien vu.

Chronique d’une vie normale

 

Pour les trois ou quatre lecteurs qui me supportent encore sans avoir compris ma passion délirante pour les téléphones portables… et l’usage qu’on en fait!

Nous nous offrons un bon repas au restaurant. 

Près de nous un couple dans la cinquantaine avec deux ados entre 17 et 20 ans. Vrais parents? Couple recomposé? En passant à table les deux ados consultent leurs mobiles quelques secondes puis les déposent sur la table, comme celui du père. Nous sommes chez les ‘machos’ andalous et apparemment la maman n’a pas de smart phone… ou pas le droit de le consulter! Repas, discussions animées et joviales (tous participent). Pas de mobile en activité. Tout à la fin du repas les deux ados et leur père consultent leur matos connecté pendant une petite minute… Oui une petite minute avant le retour à la normale, les mobiles posés sur la table et suite de la conversation à bâtons rompus…..

Plus loin, une table d’une quinzaine de personnes, repas de famille dominical avec les adultes groupés à une extrémité et une demi-douzaine de jeunes à l’autre bout de la table. Ils ont entre 7 et 17 ans et bien sûr passionnés par leur artifice connecté. Il ne font du reste que ça pendant tout le repas. Que j’aimerais leur poser la question: Vous souvenez vous de ce que avez-vous mangé? Juste pour rire !

Une autre table avec un couple et leur grand fils. Ils sont dans mon dos et ma femme me commente la scène à voix basse. Le grand dadais est scotché à son mobile, dans son monde. Mon épouse pense qu’il n’a pas ‘la lumière à tous les étages’. Puis elle se ravise, le trouvant finalement assez ‘normal’. Ma question: Peut-on être normal quand on passe son repas scotché au cellulaire? Puis les doutes reprennent: Peut-être qu’il a quand même un problème psychique… ou pas! 

Ma conclusion: Si l’ado a des problèmes psychiques pourquoi lui permet-on de manger en fixant son matos? Pourquoi ses parents ne l’animent-ils pas à avoir une conversation en famille ? Et s’il n’a pas de déficience mentale?… Bin je pose la même question!

Oui je sais, je suis un vieux con!