Ma vie en ‘monovision’ (Chapitre 39) A perte de vue…

Et si je perdais mon œil valide ?

Aucun borgne n’échappe à cette terrifiante pensée, surtout au moment de confier son bon œil à un ophtalmo pour l’opération de la cataracte ou pire, comme il y a 2 ans, alors que, comme Abraracourcix, j’ai cru que le ciel m’était tombé sur la tête : Je lisais tranquillement mon journal, et d’un coup la page s’est troublée, puis a disparu de ma vue. Par chance mon ophtalmo m’a donné rendez-vous en urgence le soir même à 20 heures. C’est à Ubeda, à 100 km de chez nous et je me félicite d’avoir insisté il y a quelques années pour que ma femme passe son permis de conduire.

Diagnostique : Décollement de la rétine. Ah bon ! Et comment ça se soigne ? Opération ! Quand ? Demain à 12 heures 30, le rendez-vous est déjà pris dans une clinique privée ! Où ? Cordoba ! Hein ?… Oui, Cordoba. On ne peut pas attendre un peu ? Non, car votre œil serait perdu.  J’abrège : Ma courageuse femme affronte, seule au volant bien sûr, un périple de 700 km. De la maison à Ubeda, puis retour pour prendre une brosse à dents et quelques affaires et, dès 6 heures, les 250 km depuis notre domicile jusqu’à Cordoba. Et retour au bercail avec l’handicapé, après l’opération ! Je ne le répéterai jamais assez : Merci chérie !

Voici à quoi ressemble un décollement de la rétine :

La ligne arrondie du bas est le fond de l’oeil

Et voici ma rétine recollée !

La ligne du bas, c’est toujours le fond de l’oeil… souligné en rouge par le praticien!

L’opération a duré une heure quarante. Vous voulez des détails ?

On fait trois trous dans la cornée : un pour passer l’outillage destiné à remettre les éléments déchirés en place, un autre orifice pour le laser destiné à appliquer les 700 points de soudure (oui 700 !) et fixer la rétine rassemblée et recollée. Le troisième trou permet de passer un tuyau pour évacuer le ‘vitré’, ce gel qui remplit le globe oculaire et un autre pour injecter du gaz qui maintiendra sa forme sphérique.

Il faudra attendre l’élimination naturelle de ce gaz et son remplacement par un nouveau ‘vitré’, que cette merveille de corps humain aura fabriqué.

Une ‘plaisanterie’ qui ne me laissera voir que des lueurs, de vagues formes et des silhouettes en mouvement, sur une chaise longue, pendant 5 semaines. Ayant vécu cette longue attente sur ma terrasse je suis heureux de vivre au climat andalou.

Une image à laquelle je suis attaché, puisque que j’en suis l’auteur… mais surtout parce que j’ai bien failli ne plus jamais la voir !

Après cet intermède moralement ‘douloureux’, j’ai repris ma vie presque normale, 3 mois plus tard !

Pour l’instant, je suis reconnaissant que l’ophtalmologie me permettre de continuer la publication de ‘Ma vie en monovision’.

Vous me suivez ?

Les borgnes maîtrisent mieux les risques !

J’ai pris des risques dans ma vie : en montagne avec quelques situations extrêmes à près de 8’000 mètres en Himalaya, moins 38° en Laponie, cyclisme avec des descentes de col à plus de 100 km/h, moto à 285 km/h, plus de 300 km/h avec une Ferrari Daytona de compétition de 440 CV, parapente, ballon à air chaud, dirigeable, entretien de toits à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, et même deux mariages… je vous l’ai dit, j’ai vécu dangereusement ! Et je continue à prendre des risques : sachant que le 95% des gens meurent dans leur lit, je persiste à me coucher dans le mien chaque soir. J’ai connu des gens jouissant d’une vision normale qui ont eu des accidents, même graves et mortels. Ai-je eu de la chance ? Je réponds oui, mais seulement si la concentration permanente et la conscience du danger de tous les instants, qui m’ont permis d’échapper au pire, sont des caractéristiques de la chance !

Vivre avec un borgne 

Une porte d’armoire restée ouverte, c’est pour ‘ma pomme’, ou pour mon oeil, le valide bien sûr ! Un tiroir resté ouvert, c’est pour mon genou. Un tapis dont les coins se relèvent, c’est encore pour mon pied qui va trébucher. Idem pour tout meuble ou accessoire ménager non remis dans « son » site habituel. Ô que j’apprécie cette ancienne affiche de ma jeunesse, vue dans l’atelier d’amis artisans :

Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place.

Quelques dizaines de centimètres de déplacement d’un objet par rapport à « sa » place habituelle peut être dangereux.  Je vous le dis : pour un amblyope et ceux ou celles qui le côtoient, c’est le Bronx ! L’occasion de remercier celles qui ont partagé ma vie pour leur compréhension…

Ma vie en monovision (Chapitre 38) Encore la force mentale…

Vous savez, je vous l’avais dit, que j’accélère mes publications pour terminer cette ‘saga’ avant de repartir au bord de l’Atlantique pour une autre accélération : celle de la convalescence de Cornelia qui se remet bien de sa fracture du fémur.

Voici donc une suite à mon texte du 11 mars 2022, liens: https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/6414 

1963. J’ai 22 ans (Oui je sais, ça ne nous rajeunit pas !). Jeune marié et père de famille, je suis confronté à une épreuve qui, de nos jours, nécessiterait psychologue et cellule de crise. Je rentre du travail et trouve ma femme en pleurs. Elle vient d’appeler le pédiatre pour une rechute de notre fils âgé de deux semaines. Nous sortions d’une période difficile qui ajoutait à une mastite de ma femme une sérieuse infection du gosse. Le médecin dit que c’est très grave et qu’il ne peut pas prendre le risque d’attendre une ambulance. Il ne peut pas non plus conduire tout seul un si jeune malade à l’hôpital. Je prends ma propre voiture et le pédiatre tient le gosse dans ses bras. Je fais le trajet à une allure que la loi aurait pu sanctionner et le médecin m’avouera plus tard qu’il n’a jamais eu aussi peur dans sa vie. Et pourtant souvenez-vous que c’est en pilotant une ambulance que j’ai appris à sauver des vies en étant très lourd du pied droit ! Hospitalisation de quelques minutes seulement, avant de réorienter le petit malade en hélicoptère vers l’Hôpital Universitaire de la capitale. Diagnostic : pneumothorax, soit un épanchement d’air dans la cavité pleurale avec, ce qui est plus grave puisque incurable à cette époque (1963), une infection au staphylocoque doré. Rien que ça. Afin de ne pas vous la jouer façon Hitchcock, sachez que grâce à des médicaments totalement expérimentaux, les ‘sulfamidés’ récemment mis au point par l’industrie pharmaceutique italienne, ils ont sauvé le gosse. Je vous parlais de la force mentale, alors sachez qu’en ces temps moyenâgeux, dans une Suisse sans sécurité sociale officielle, on devait prendre une assurance privée avant la naissance des enfants… ce que j’ignorais. Eh oui ! Quand tu as vingt ans, père de famille sans l’avoir voulu, t’as autre chose à faire que de t’informer sur les obligations légales. Je me retrouve alors avec une femme qui sera hospitalisée pour une mastite carabinée, un gosse qu’on vient de baptiser en urgence dans sa couveuse aseptisée, entre la vie et la mort à l’hôpital universitaire de la capitale et une facture équivalente à plus de 150’000 euros actuels, pour l’hosto, l’hélico et les fameux sulfamidés ! (Bon, on me fera bien plus tard cadeau des médocs, pas encore officiellement sur le marché !)

Au sujet du baptême en urgence par un pasteur protestant appelé par les responsables médicaux, je me suis fait remarquer : au moment où l’ecclésiastique prétendait passer ses mains non gantées et non désinfectées par les manchons d’accès au bébé dans sa couveuse, pour un sacrement à l’eau bénite, j’ai explosé en lui interdisant la manœuvre. Il m’a regardé de travers mais au vu de de mon faciès hargneux, il a compris qu’insister aurait été dangereux pour sa santé physique. Nom de dieu !  

Pour le clou de l’histoire je vous livre une remarque entendue de la bouche d’un officier de l’armée, pourtant au courant du traumatisme que je traversais : « Ô toi, t’es pas un homme car tu n’as pas fait ton service militaire ! »  Qui a dit force mentale ? Et vous admirerez une autre force que je revendique : Celle de retenue pour ne pas avoir foutu mon poing dans la gueule du militaire gradé !

Ma vie en ‘monovision’ (Chapitre 37) Force mentale et physique

Un borgne est dur au mal, avec une force mentale au-dessus de la moyenne…

Ne cherchez pas les références sur votre smartmachin, car je suis l’auteur de cette affirmation, que j’assume !

Par exemple, il ne fallait pas être douillet pour s’extraire une dent de sagesse infectée et douloureuse, tout seul dans un ‘cortijo’ des montagnes andalouses, à une époque où nous n’avions pas de voiture, mais seulement une mule pour nos déplacements, extraction avec des tenailles et utilisation de ce merveilleux produit combiné, à la fois antidouleur et désinfectant : l’aguardiente ou ‘coñac ibérico’ à 45°, même en renouvelant plusieurs fois le traitement !

Une autre… une autre…

Bon d’accord !

En 45 ans d’activités professionnelles, je n’ai pas manqué une demi-heure de boulot. Ceux qui me suivent savent que je n’ai jamais vu de médecin ni consommé la moindre pilule dans ma vie, donc personne ne m’a dissuadé de ‘courber le taf’. Voici une histoire édifiante, déjà été publiée dans mon blog.

Avril 1956.  Certificat d’études primaire supérieure en poche avec une année d’avance, je devais attendre décembre et mes 15 ans révolus pour quitter le système scolaire. Stupide mais authentique !

C’est ainsi que je me suis ‘emmerdé’ quelques mois dans une École Supérieure de Commerce qui ne m’intéressait pas, mais passage indispensable pour me libérer de mes obligations scolaires légales.

En attendant d’entrer en apprentissage dans l’administration, j’ai trouvé un job de ‘petite main’ dans une entreprise de nickelage chromage. La patronne était une veuve genre Edith Piaf. Petite, autoritaire, habillée de noir, pétant le feu, on aurait presque attendu qu’elle nous chante le Prisonnier De La Tour  Sous les ordres de cette matrone à l’énergie débordante, nous traitions de la robinetterie par bains électrolytiques de cuivre, de nickel et de chrome ! Pour moi, beaucoup de manutention et de nettoyage entre ces opérations. Mon jeune âge, mon envie d’apprendre et surtout de bien faire, ajoutés à un salaire dérisoire, satisfaisaient la ‘taulière’ jusqu’au jour où je suis allé travailler avec de la fièvre, pensant que ce n’était pas un obstacle à mon boulot. Mais je n’avais pas mon ‘rendement’ habituel et ‘Edith’ me houspillait. Je l’avais mal habituée, travaillant trop rapidement ! 

« C’est que j’ai de la fièvre ! »

« La belle affaire. Moi aussi j’ai de la fièvre, tout le monde a de la fièvre ! »

« Mais j’ai beaucoup de fièvre !»

Notre ‘prise de bec’ commençait à intéresser mes brimés de collègues qui arrêtaient leurs machines pour écouter le ‘jeunot’ se ‘farcir la vieille’. Je lui répète que j’ai au moins 40° de fièvre mais que ça ira rapidement mieux, ce qui met l’acariâtre mégère en furie, surtout devant son personnel.

Elle trouve la parade : « Ha ! Ha ! 40 de fièvre, tu te fous de moi ?…  Je vais chercher un thermomètre et on va bien voir ! »

Elle revient avec l’outil de mesure au mercure qui devait me confondre et renvoyer à leur ouvrage les 4 employés ! Mais deux minutes plus tard, la Fée Carabosse blêmit et devient Blanche-Neige à la vue du thermomètre qui indique 41.2°.

Oui quarante et un point deux !

Vous comprendrez que je n’aie jamais été concerné par le syndicalisme, l’assistanat et la pénibilité du travail.

Changement d’ambiance : La ‘mère machin’ devient presque humaine, prévenante et hypocritement sympa. Il faut avouer que ça la ‘foutrait’ mal avec les autorités d’avoir le cadavre d’un adolescent non déclaré au milieu de l’atelier ! 

Branle-bas de combat : « Vous prenez soin du gamin ! J’appelle un taxi pour le reconduire chez lui ! » A la maison, ma mère m’a convaincu de me reposer et le lendemain, refusant de contrôler ma température, je reprenais le train pour Genève, toucher mon salaire et prendre congé de mes sympathiques collègues. ‘Edith’ s’est rapidement éclipsée, peut-être pour revoir la partition des Trois Cloches de Gilles dans laquelle elle aurait pu tenir le rôle de l’une d’elles… Quant à moi, je suis parti heureux en fredonnant La vie en rose, et j’ai commencé ma formation de prof de ski pour passer l’hiver, en attendant de commencer mon apprentissage !

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Que se passe-t-il ?

Pendant des années, des semaines, des jours et des jours, à chaque heure, les bulletins d’infos de tous les médias ne parlaient que du virus, du virus et encore du virus…

Depuis quelques jours c’est le silence total sur la pandémie. J’en déduis qu’elle n’existe plus, que tout le monde est vacciné, qu’il n’y a plus d’hospitalisation, bref que tout va bien non ?

Mais, j’y pense : le fameux virus aurait-il émigré en Russie ou en Ukraine ? Je ne sais pas mais on nous parle beaucoup de ces régions…

Une bonne raison pour ajouter un dessin à ma rubrique  L’ESPAGNOL FACILE… AVEC LE SOURIRE !

Il s’agit d’un clin d’œil au dessinateur espagnol Ramon

Je me suis fait contaminer en faisant la queue pour acheter le test pour savoir si je m’étais fait contaminer !

Reprenons… (suite et fin) !

Home sweet home bis !

Dernières élucubrations avant de me remettre au boulot pour continuer la diffusion de mon manuscrit, splitté sur ce blog sous le titre de Ma vie en monovision. Une promesse faite depuis par mal de temps, mais je me surprends à ressembler un peu trop à un certain dirigeant russe qui promet, qui promet mais…

Alors, dans 3 jours, je dis bien trois, je publie le chapitre 34 de mon histoire de borgne. Vous ne risquez rien, mon récit n’est ni armé, ni explosif, ni radioactif, ni même écrit en cyrillique, ni ‘envahissant’ comme le disent les Ukrainiens et ne fait de mal à personne. Il prétend même vous divertir ce qui, par les temps qui courent, est une lueur d’optimisme dans ce monde pourri.

De retour à la maison, je partage le sofa avec Nico. Normalement c’est lui qui pointait son museau quand je faisais la sieste. Nous avons inversé les rôles…

Je me régale avec des tâches ménagères que, je le confesse, je ne pratique pas avec frénésie en temps normal… Donc j’assume la conduite pour les visites médicales de mon éclopée d’épouse, certaines courses, passer l’aspirateur et la serpillère, étendre la lessive et quelques autres activités comme m’occuper du chien à plein temps !

C’est quoi ça ? On me souffle : C’est un slip féminin

C’est quoi ça ? On me souffle : C’est un soutien-gorge

 Bon, à plus de 80 balais j’en avais bien sûr entendu parler mais je suis d’une génération où les dames ne s’affichaient pas en slip et soutifs. Je ne me souviens pas d’avoir vu ma mère en tenue légère.  O tempora, o mores.

J’avoue pourtant avoir parfois effleuré le doux contenu de ces sous-vêtements, mais je n’en avais encore jamais disposé sur les fils de séchage.

Il y a un début à tout…