Une vie de borgne (Chapitre 17) Célébrités et voitures célèbres (1)

Ma petite vie ‘tranquille’ avec un seul œil… aurait pu être pire !

Petit clin d’œil (avec le bon !) à un ami blogueur & blagueur d’Alsace,

il se reconnaîtra, lui qui se réjouissait de la parution de de cet article.

C’est fait ! 

Je n’ai pas fait d’études et n’ai pas le Bac, des choix totalement assumés ! Mais une passion pour ma langue maternelle et la volonté d’y ajouter 4 langues étrangères, sans ‘avouer’ un peu de Schwytzerdütsch, m’ont permis de rencontrer et de côtoyer quelques personnages fameux, certains m’ayant accordé leur amitié.

Commençons par Peter Ustinov, qui fera l’objet du chapitre 19 et Salvador Dali, que j’ai rencontré à Paris. Voici le lien :

https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/2375

Ajoutons-y Juan Manuel Fangio (5 fois champion du monde de Formule 1) avec qui je parlais en italien, la langue de sa maman. C’était avant de m’immerger dans celle de Cervantès, mais je n’ai pas encore rencontré Fernando Alonso ! Giacomo Agostini (14 fois champion du monde de moto, qui m’avait prêté sa Porsche blanche cabriolet !) et Mike Hailwood (9 fois champion du monde moto) au Circuit d’Auvergne où on m’avait demandé de faire l’interprète en anglais pour un responsable du circuit.

Jean-Claude Killy, le triple médaillé de Grenoble 1968, qui avait son adresse helvétique chez moi, eh oui ! et Jacques Brel, devant lequel j’ai pleuré :

https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/3752

Steve McQueen et Yves Montand, que j’ai côtoyés pendant plusieurs mois sur le tournage les films Le Mans et Grand Prix. Ces deux films, que j’ai suivi de près, feront l’objet d’anecdotes personnelles et inédites dans un prochain article d’Une vie de borgne.

Vous remarquerez que j’excelle dans les techniques cinématographiques, par le truchement des ‘lancements’ pour vous ‘appâter’… Un peu de patience, le film va commencer !

Il y a eu David Douglas Duncan, l’immense photographe de guerre américain, dont nous reparlerons au chapitre 18.

Et tous nos invités à l’Hôtel de Paris pendant le GP de Monaco (avec l’argent de Goodyear, bien sûr… beaucoup d’argent !) : Kirk Douglas, Stéphane Collaro, Michel Drucker, l’avionneur Igor Sikorsky, Jean-Luc Lagardère et tellement d’autres !

https://wordpress.com/post/histoiresdautomobilesetdemotocyclettes.com/1335

Dans les années 60-70 j’ai conduit des voitures exceptionnelles, voire uniques… avec un œil, unique aussi ! Lamborghini Miura, Ferrari Daytona ‘aluminium’ de 440 CV (fabriquée à 5 exemplaires seulement), AC Cobra 7 litres, Dino Ferrari, Lamborghini Marzal, pièce unique maintenant dans un musée privé, Citroën Maserati, Martini Formule 3 pour 3 tours du circuit de Magny Court, Fiat Abarth 2000 OT (seulement 5 voitures construites) … des pièces de collection valant maintenant plusieurs millions d’euros.

Et cette R4 ? Elle n’a rien de spécial, sauf que c’était ma voiture familiale en 1968 et Marie Claire Merenda Cibié (oui, les phares Cibié…) m’avait offert ces longues portées avec des ampoules halogènes de 100 Watts non homologuées pour la route puisque réservées aux 24 heures du Mans. Je ne crois pas nécessaire de vous raconter les ‘rincées d’iode’ que se prenaient dans les mirettes ceux qui oubliaient de passer en code en me croisant… plus fort que le Laser !

J’ai aussi eu la chance d’être passager de quelques célébrités du sport automobile :

Juan Manuel Fangio (chez lui, pour traverser Buenos Aires)

Jacky Ickx (sur l’ancien Nürburgring de 22.8 km)

Phil Hill champion du monde F1 en 1961 (avec la Shelby Cobra de 7 litres, sur l’anneau de vitesse de Monza)

Michael Parkes qui m’a fait faire quelques tours du circuit de Monza avec la Ferrari 512 F qu’il allait piloter aux 24 Heures du Mans 1971 avec Henri Pescarolo

Jean Guichet vainqueur des 24 Heures du Mans 1964

Vic Elford vainqueur du Rallye de Monte Carlo 1968 

Sandro Munari 4 fois vainqueur du ‘Monte’ avec qui j’ai ‘échangé’ mon passage dans sa Lancia, contre des cours de ski à Cervinia!

Ove Andersson vainqueur du Rallye de Monte Carlo 1971 puis directeur de l’équipe Toyota Formule 1

Bonne occasion de vous rappeler un week-end exceptionnel à Cervinia

https://wordpress.com/post/histoiresdautomobilesetdemotocyclettes.com/1055

Ove Andersson photographié par akimismo
akimismo photographié par… Ove Andersson!

Pour rester au chapitre des grands rallymen qui m’ont emmené en voiture, il y a eu aussi Jean-Claude Andruet, double champion de France, Timo Mäkinen avec une BMC Cooper S et Erik Carlsson avec une Saab Coupé

Quittons ce chapitre avant qu’on m’accuse de sacrifier au culte de la personnalité. Le but était de faire un peu mieux connaissance avec le ‘narrateur’ d’Une vie de borgne !

Il y aura une suite, toujours dans ce blog. Ce sera le chapitre 18!

Une vie de borgne (Chapitre 15) Vous trouvez ça drôle ?

Peut-on rire de tout ?    

Oui, mais pas avec n’importe qui, ajoutait Pierre Desproges. Je m’inclus dans la pratique de cette liberté et vous donne le droit de plaisanter sur ma borgnitude et mon strabisme, car je vous sais, amies lectrices et amis lecteurs, avoir de la classe, et surtout d’être capables de faire la différence entre humour et méchanceté !  Je suis du reste le premier à colporter des gags en la matière. Par exemple :

C’est l’histoire d’un borgne qui dépose chaque soir son œil artificiel dans un verre d’eau. Un soir il rentre bourré, s’arrache l’œil valide et s’écrie : « Quel est le salaud qui a fait sauter les plombs » !

Avant de passer à mon histoire véridique, sachez qu’en avion, avant un atterrissage de nuit, le chef de cabine joue du rhéostat et diminue l’intensité de l’éclairage intérieur. La raison ? Habituer les passagers à moins de lumière en prévision d’un cas d’atterrissage chaotique avec évacuation en catastrophe, dans l’obscurité…

Mon ami Gustavo était-il au courant de cette procédure aéronautique ? Ne sais pas, mais un jour qu’il entre dans un tunnel en voiture, il explique à son passager qu’il a une méthode infaillible pour éviter les inconvénients du changement de lumière. Il suffit de fermer un œil à 150 mètres du ‘trou noir’ et au moment de l’entrée du sous-terrain on inverse la fermeture/ouverture des yeux. Résultat : l’œil qui était fermé se trouve immédiatement en conditions de vue optimale dans le tunnel. Le passager de Gustavo, un ami commun, lui suggère de faire part de sa méthode à votre serviteur et de demander ce que j’en pense…

Malheureusement pour lui, quelques années plus tard, l’ami Gustavo a perdu un œil dans un accident de travail. A notre première rencontre entre monoculaires je lui ai bien sûr rappelé son conseil de l’œil fermé avant d’entrer dans un tunnel. Je sais que ce n’est pas d’une grande finesse, mais cela ne nous a permis d’arroser nos rires (jaunes ?) dans quelques fameux élixirs andalous.

Il m’a avoué que pour lui la vie n’était plus la même : peur de tout, de chaque mouvement, de chaque geste brusque, manque d’assurance et difficultés à évaluer les distances, j’en passe ! Me permettez-vous : Bienvenue au club ?

Je connais d’autres malheureux qui ont perdu un œil en cours d’existence. Tous disent que ma chance dans la malchance est d’être borgne de naissance. Je les comprends parce qu’ils ont vu comment je me débrouillais dans ma vie de monoculaire, alors qu’eux devaient apprendre à maîtriser leur nouvelle condition handicapante ! Certains sont devenus aigris, d’autres ont rendu leur permis de conduire et ceux qui ont continué à utiliser leur voiture le font avec la crainte d’un pépin qui pourrait leur être reproché, une véritable ‘épée de Damoclès’ suspendue au-dessus de leur tête…

Terminons ce chapitre, pas toujours drôle, en gardant le sourire avec Twitter, qui fait aussi parfois de l’humour, vous ne le saviez pas ? Voici un mail que je reçois souvent

Bon, je jette un œil mais après… J’achète une canne blanche ?

Au chapitre des maladresses, je ne suis pas en retard. Par exemple cette vieille histoire :

J’officiais comme responsable du son au cabaret Au Vieux Château de St-Cergue, dans le Jura suisse. Nous avions accueilli le pianiste de jazz Jean Yves Poupin. Aveugle, il subissait les habituelles facéties de ses amis, qui déplaçaient son verre de bière d’un bout à l’autre du piano. J’avais trouvé leur attitude un peu limite et en faisais part au pianiste. J’avais conclu par « Tu vois ce que je veux dire ? » Il m’avait répondu : « Bien sûr que je vois ce que tu veux dire… je vois même très bien !

Acceptons les maladresses de Twitter et les nôtres, en découvrant un proverbe moins connu que « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois » et moins souvent entendu :

Au royaume des aveugles, les chiens sont rois !

Une vie de borgne (Chapitre 14) Un peu de sport (1)

    

Pour skier, conduire et piloter avec un seul œil valide, nous avons vu dans un chapitre précédent qu’un borgne peut repousser ses limites pour « faire comme tout le monde » mais qu’en est-il de la pratique d’autres sports pour un monoculaire ? Bonne question !

Oublions les sports avec une balle, hors de question pour moi, car attraper ballon, balle, volant ou palet est tout simplement impossible…  Sans la 3D t’oublies. Adieu donc foot, tennis, hockey, handball, basket, badminton et même ce ‘golf du pauvre’ qu’est le hornuss, un sport folklorique traditionnel pratiqué en Suisse alémanique (Seeland bernois) consistant à lancer à plus de 200 km/h un petit projectile (le ‘frelon’, traduction de hornuss) au moyen d’une sorte de fouet très flexible, terminé par un manchon cylindrique en bois, que l’autre équipe doit tenter d’arrêter au moyen de panneaux en planches.

J’évoque ce sport très spectaculaire car je l’ai suivi alors que le magazine américain Times m’avait mandaté pour un reportage !

Le lanceur de hornuss
Le ‘frelon’, hornuss en allemand

J’ai pourtant fait un peu de water-polo, un sport avec une ‘baballe’, mais dans des conditions assez rocambolesques. Bon nageur (12ème temps de Suisse romande en 1960 avec 1 minute 06) je travaillais à Bienne et m’entraînais avec le club local de natation, les Bieler Swim Boys. Dans la capitale industrielle du Seeland bernois il n’y avait pas encore de piscine et nous nous déplacions à Berne pour 30 à 40 longueurs de bassin olympique deux fois par semaine. J’avais profité de faire quelques tests en water-polo avec l’équipe fanion du club.

J’ai eu la chance de vivre avant toutes ces histoires de djihadistes barbus… Mais aussi un souvenir cocasse : Pour un entraînement à la piscine on me demande de porter un bonnet de bain. « Pourquoi ? » «  Pour ne pas obstruer le système de filtration avec des cheveux et des poils ! » Je ne crois pas utile de dire que, chauve et plaisantin, j’ai mis le bonnet de bain sous ma barbe, en toute logique… sauf celle de l’inutile de service qui a insisté pour que je porte le bonnet sur la tête. Je me suis exécuté en ricanant et en pensant que ce ‘trouduc’ pourrait parfaitement entrer dans n’importe administration gouvernementale…

J’étais rapide pour aller chercher les balles mais j’ai très vite démontré mes lacunes athlétiques : si je suis doté de mollets qui développent plus de 350 watts, ce qui faisait de moi un cycliste puissant j’avais, et j’ai toujours, des ‘bras de gonzesse’ et ne relançais la balle ni très fort ni très loin. Et c’était encore pire à la réception, car après avoir tenté d’estimer la distance et la vitesse avec laquelle le ballon arrivait dans ma direction, le temps de réaction me faisait manquer le ballon 2 fois sur trois. Et comme mon club évoluait en Première Division (Ligue nationale A) on ne faisait pas souvent appel à moi pour renforcer l’équipe. Je me suis donc contenté de participer aux entraînements et de jouer parfois un quart temps (5 minutes) en match officiel, un peu grâce à ma pointe de vitesse, mais surtout à des défections, soyons honnête !

Et la planche à voile ? Mes amis sportifs s’étaient mis à ce sport à la mode dans les années 60-70. Une information :

La planche à voile n’est pas un sport de borgne !

« Essaie ! » m’ont dit mes potes. J’ai essayé ! Mais lors de mon unique tentative, sous le regard goguenard de mes copains ‘normaux’ je me suis singularisé en montant 12 fois sur la planche à voile, me retrouvant 11 fois dessous. Lors de la bonne tentative, à peine debout, me cramponnant au mât, j’essaie d’analyser en même temps la provenance du vent, les vagues et la position de la voile… beaucoup pour un débutant avec un seul œil ! Je manœuvre au ‘pif’ et très vite mon frêle esquif (comme on qualifie une planche à voile à la dérive) s’oriente vers le large, la côte s’éloigne, mais les copains qui m’observaient viennent à ma rescousse avec un canot à moteur. Je monte à bord tout penaud alors qu’un des ‘sauveteurs’ nous suit facilement sur ‘ma’ planche pour ce retour sans gloire de ma première et dernière tentative de navigation vélique !

Ma vie de borgne (Chapitre 13) En ballon

Pour prendre un peu de hauteur… rien ne vaut une histoire de montgolfière !

C’était le 1er août 1991, pour une célébration originale du 700ème anniversaire de la Confédération helvétique, avec une douzaine de ballons à air chaud décollant depuis un golf fameux de la Côte lémanique. Nous sommes sur place dès potron minet (avant six heures du mat !)

La ‘Balle de Golf’ de Michel, pilote responsable du team, emmènera le multi millionnaire propriétaire du golf et décollera en premier.

Je piloterai le ballon Mazda avec une vieille nacelle prêtée par mon instructeur, car nous sommes au début de notre entreprise aérostatique et n’avons qu’une nacelle pour les deux enveloppes ! 

J’ai des brûleurs Raven, une marque ‘préhistorique’, un altimètre démodé, une radio qui n’est pas de première jeunesse, pas de variomètre, mais l’enthousiasme de participer à une manifestation originale est bien plus fort que de me préoccuper de la précarité de mon matos. J’assume avec l’analyse raisonnée propre au borgne qui a toujours contrasté avec l’instinctivité des pilotes ‘à vue complète’.

Je souhaite à mes passagers la bienvenue à bord, expliquant les caractéristiques de l’aérostat et donnant les consignes pour cette ascension. J’actionne les brûleurs pour maintenir la chauffe des 3000 mètres cubes de l’enveloppe quand l’organisateur de la manifestation s’approche, manifestement contrarié : « Désolé mais tes passagers doivent laisser la place à une autre famille » …

J’accueille donc un autre golfeur, avec sa ‘ bonne femme snobinarde ’ et un fils niais de 14 ou 15 ans. Pour être clair, ils ont des têtes d’antipathiques prétentieux. L’organisateur me glisse à l’oreille que le fils n’a pas voulu monter dans le ballon qui leur était attribué car les couleurs un peu passées ne lui plaisaient pas. Et c’est pour satisfaire le caprice de cet enfant gâté qu’on a chamboulé la répartition des passagers…

Puis nouveau contretemps : le propriétaire du golf ne s’est pas réveillé à temps et nous ne pouvons pas attendre que ‘ce monsieur’ en ait terminé avec ses ablutions, car en été on ne vole en toute sécurité qu’avant 8 h 30, au plus tard 9 h 00 à cause de la température croissante et des phénomènes thermiques. On me confie alors rôle de ‘lièvre’.  J’aime bien ! A fond les brûleurs, départ. Le spectacle est extraordinaire : Voir depuis le ciel les autres ballons quittant le terrain l’un après l’autre c’est jouissif… sauf pour mes passagers, qui n’ont aucune réaction. Vol tranquille d’une heure le long du Jura puis atterrissage en douceur sur une grande prairie accueillante. Avec l’aide de Ginette, ma ‘retrouveuse’ du jour, une ‘pro’ déjà sur place car elle avait anticipé où j’allais poser, nous plions le ballon et chargeons la nacelle sur la remorque. Mes passagers ne proposent bien sûr pas d’aider au rangement du matériel et leur fils tire toujours la gueule. Arrive alors le ballon multicolore qui n’avait pas plu au morveux, et j’ai encore des frissons de satisfaction de l’avoir mouché.

Savourez mon intervention, déclamée avec un enthousiasme que je reconnais un brin surfait : 

Waouh… Regardez le ballon en phase d’atterrissage ! Il ne dispose que d’un très petit espace pour poser, mais comme c’est le meilleur pilote du monde je me réjouis de voir sa manœuvre. Suit une pose parfaite.

J’ajoute vicieusement que n’ayant pas l’expérience de cet immense aéronaute je n’aurais pas osé atterrir à cet endroit. Tu parles…

J’en remets une couche, suscitant enfin un semblant d’intérêt du jeune ectoplasme, disant mon envie de devenir un pilote aussi prestigieux que lui. Il se nomme Dany Cleyet Marrel. Il a plus de 6000 heures de vol, a participé à de nombreux championnats du monde et épreuves internationales. En montgolfière, il fut le premier à survoler le Mont-Blanc en solitaire et surtout il est pilote du ‘radeau des cimes’, le dirigeable géant qui opère au-dessus de la canopée en Amazonie et à Madagascar…

Si vous aviez vu la gueule du cuistre qui n’aimait pas les couleurs du ballon du maître et avait sans le savoir préféré celui d’un pilote avec seulement 70 heures de vol… borgne de surcroît !

Dany Cleyet Marrel, son dirigeable géant et le ‘radeau des cimes

Une vie de borgne (Chapitre 12, Interlude 2 )

Vous avez aimé Interlude au Brenner le 12 octobre ? Alors voici une nouvelle digression, pour prendre un peu de recul avec le récit de Ma vie de borgne.

Il y a quelques années, Amélie avait publié sur son blog la vidéo d’une truie ‘artiste’. Voici le lien :

https://youtu.be/z2KAVeNPT4o

Dans la même veine, un tableau à ‘dix balles’ de chez Ikea, a fait grand effet auprès d’amateurs au musée d’Art Moderne de Arnhem aux Pays-Bas. Ce tableau, signé par un certain « IKE Andrews », a suscité des critiques dithyrambiques des ‘connaisseurs’.

Voici mon histoire… de l’art, des années 64 ou 65, sais plus ! (Je précise qu’il s’agit encore d’un « Best of » de mon blog).

 Avis : Ce texte n’est pas politiquement correct et il pourrait choquer votre morale. Alors vous êtes prévenus…

Interlude 2 avec Vaslav

Avec des collègues de la maison d’édition dans laquelle je travaillais, nous avions organisé une sortie en bateau vers Nernier (Haute Savoie). Soirée filets de perches du Léman, bien sûr !

Vaslav, un des collègues participant à la sortie, fils du fameux musicien Igor M. ressemblait paraît-il à son célèbre père.

Dans le restaurant, une jolie femme ne cesse de le mater puis, n’y tenant plus, s’approche de notre équipe bruyante et reçoit la confirmation de l’identité du fils de…

Elle ne se fait pas prier pour se joindre à nous, puis nous invite à « prendre le dernier » chez elle, dans une très belle maison villageoise cossue. Elle est l’épouse d’un peintre coté, qui était en voyage, ceci expliquant cela, vous le verrez ! Elle nous fait l’honneur de son bar et les 5 ou 6 ‘machos’ de notre équipe ont tous, je dis bien tous, l’œil égrillard pour notre mignonne ‘amphitryone’ mais c’est, vous l’aviez deviné, le fils du musicien qui avait ‘enlevé le morceau’ si vous me passez cette triviale expression.  Pendant leurs ébats, nous passons dans l’atelier du peintre, et c’est là que la ‘merde s’installe’… Vous persistez à lire la suite? Bon, mais vous êtes prévenus!

Deux collègues graphistes proposent d’exprimer leur talent en attendant le retour des libidineux. Un drap de 2 x 2.40 mètres est posé sur le sol. Après quelques légers coups de pinceau sur le drap, les autres ‘fêtards’ participent à la confection du chef d’œuvre avec des pinceaux toujours plus gros. Conséquence des effets de certains liquides maltés et fermentés, le tableau prend des allures beaucoup moins raffinées, à l’image des scélérats qui finissent par renverser directement la peinture sur le drap, à pieds nus dans la barbouille. Et le ‘happening’ se transforme en orgie, la bacchanale se terminant en slip. La peinture c’est glissant et notre ballet coloré continue à plat ventre ou sur le dos. Puis nous abandonnons l’art et les caleçons pour un bain de minuit dans le Léman à 50 mètres de là, ce qui nous dégrise un peu. Retour à la maison du peintre. Notre couple improvisé en a terminé avec ses effusions et cette brave dame découvre l’étendue du désastre : personne n’a bien sûr pensé à mettre une alaise sous le drap et quand nous le retirons, nous avons l’original et sa copie par capillarité sur le sol en pavés anciens. Aïe !

De retour, deux jours plus tard, le peintre n’a pas pu effacer la peinture au sol, et sa mignonne épouse s’est retrouvée à la rue, définitivement, ce qui me fût confirmé par sa fille rencontrée 20 ans plus tard dans d’autres circonstances.

Nous éclusions « le dernier pour la route » sur la place du village avec bien sûr l’œuvre d’art au sol, finissant de sécher. Et c’est là que notre histoire a une similitude avec les visiteurs du musée de Arnhem, qui se pâmaient devant « cette forme de symbolisme, quintessence du magnifique esprit d’un artiste évolutif »  les connards ! Des Genevois de la très ‘bonne société calviniste’, qui rentraient du Casino d’Évian, descendus de leurs Mercedes et Jaguar, s’extasiaient devant le génie de la palette de couleurs (tu parles !) de l’artiste.

Grâce à notre skipper, un peu moins bourré que les autres, nous avons réussi la retraversée du Léman, arrivant à bon port, à 6 heures du ‘mat’… juste le temps de prendre une douche et d’aller travailler !