Il y a quarante ans…

Dans la série ‘The best of’’ voici le résumé d’un texte publié ici en 2017, une histoire oubliée de tous, probablement jamais connue du grand public !

10 mai 1981

Le candidat François Mitterrand avait promis une participation majoritaire du gouvernement au Conseil d’administration de Paribas. Le 10 mai, il est élu président de la république. La suite ressemble au scénario d’un film que je vous projette en première mondiale : 

Nous sommes lundi matin 11 mai 1981. Une délégation socialiste obtient une réunion avec la direction de Paribas. En conformité avec les promesses électorales de leur chef, ils revendiquent un certain nombre de sièges au Conseil d’administration. A leur grand étonnement les responsables de la banque acceptent, sans discuter. Tiens, c’est bizarre ! Paribas précise toutefois que ce remaniement devra obtenir l’aval de la maison mère. Pour la suite du scénario je vous la joue genre Hitchcock : 

« Maison mère ? Mais nous sommes bien au siège de Paribas non ? »        

« Pas du tout… Ici c’est la succursale française de la banque ! »        

« … »

« Le siège principal de Paribas est en Suisse, à Genève plus précisément ! »

Les amis de Mitterrand n’en croient pas leurs oreilles et pensent qu’ils sont victimes d’un canular. Et pourtant ce n’était que l’exacte vérité ! Pressentant la victoire de la gauche, Paribas avait, quelques semaines auparavant, en toute légalité, interverti siège et succursale entre Paris et Genève. Vous ne me croirez pas mais la délégation socialiste a quitté la « succursale » sans demander son reste. Il y a eu un beau bordel dans le monde de la finance et dans celui de la politique mais personne à l’Élysée n’a pu trouver de faille à ce tour de ‘passe-passe’. L’affaire a dû être soigneusement étouffée car même le Canard Enchaîné n’en a pas fait ses choux gras… 

Je vous vois venir : Comment suis-je au courant de cette affaire ?

J’entretenais des rapports amicaux avec l’avocat d’affaire qui avait réussi cette opération et il m’avait mis dans la confidence. Je n’en ai pas parlé avant qu’il y ait largement prescription. Du reste je ne donne pas de nom et resterai aussi discret sur le montant que cette transaction a rapporté à mon ami. Pharamineux, pas d’autre mot.

P.S. (P.S. pour Post Scriptum, bien sûr !)

Mon ami a encore doublé sa ‘commission’ en faisant l’opération inverse quelques mois plus tard, après que les dirigeants français aient accepté par écrit, devant avocats, juges et notaires, de ne plus se mêler des affaires de Paribas !

Une dernière précision quant à mon implication dans ce scénario: En France, cet avocat était recherché comme un vulgaire criminel qu’on aurait bien voulu interroger sur cette affaire. Donc, pour rejoindre sa résidence secondaire en Provence sans risque, il prenait un avion de Genève à Munich, puis un autre zinc de Munich à Bruxelles, et enfin un jet privé, de Bruxelles à… quelque part dans le Sud. C’est précisément « quelque part dans le Sud » que je l’attendais avec sa luxueuse voiture que je convoyais tout simplement, par la route ! 

Devoirs de vacances N° 14 Une vie au grand air (2)

Chapitre second

La lère partie: Devoirs de vacances N°13 Camping (1)

Etant assez à l’aise en anglais et en italien, on m’avait invité à aider à l’organisation d’une expédition en Alaska, pour une équipe de skieurs de Turin et Milan, dans les cabanes du Lac Pirate, entre Talkeetna et Fairbanks, à 250 km au Nord d’Anchorage. Si j’en parle dans cette histoire de vie au grand air, c’est que le peu d’isolation de nos huttes en rondins recréait assez bien les sensations du camping. Je vous raconterai une autre fois ce séjour inoubliable…

J’ai terminé ma trajectoire de campeur extrême sous tente en Himalaya, sur les pentes du Cho-Oyu, un des 14 huit mille auquel nous nous étions attaqués, ne manquant le sommet que pour quelques centaines de mètres.  Nous avons vécu une nuit de tempête au col du Nangpa Là, à la frontière sino-népalaise, à 5800 m. d’altitude. En vérité, le temps ayant fait place à la prescription, j’avoue que nous étions entièrement sur territoire Tibétain. Sans autorisation et sans visa des Chinois, tu parles d’une embrouille si les militaires envoyé par Pékin via Lhassa nous avaient interceptés. Je ne serais peut-être pas ici pour vous conter mes aventures… Les bourrasques à près de 6000 m. étaient tellement fortes qu’il avait fallu souvent retendre les cordes et poser des blocs de neige glacée pour maintenir nos frêles dômes de toile au sol… C’était dantesque!

Finalement, notre dernier bivouac himalayen dura trois nuits par moins 25°… à 7500 mètres. Si ce chiffre ne vous dit rien, demandez à ceux qui ont survécu à trois nuits à cette altitude. Il ne doit pas y en avoir beaucoup!

A ce stade de mes aventures, j’entends mon ami d’Alsace poser la question: 

Et la maison à roulettes? Nous y arrivons, ça roule!

Avec des températures moins ‘sibériennes’, pendant près de 20 ans, nous avons fait chaque année le voyage Espagne-Suisse et retour, pour de sordides considérations pécuniaires. En bon français, nous devions aller ‘bosser’ pour ‘bouffer’!  Nous avons dormi dans notre Citroën CX Break genre ambulance, puis dans une Fourgonnette C15 (un peu ‘ristretto’ même avec un aménagement ‘maison’), puis dans une Berlingo et, pour finir, un fourgon Citroën Jumper standard dans lequel j’avais fabriqué et aménagé un double lit, installé le frigo, un réchaud Camping gaz, des armoires, des tiroirs pratiques et une tente auvent de fabrication ‘maison’ ! 

La retraite étant enfin arrivée, il y eu 2 années avec une caravane, mais ma femme ne s’est jamais sentie à l’aise pour conduire ce genre d’attelage…

… et nous avons passé au camping-car.

Nous avons choisi l’objet à la mode: un fourgon aménagé

et depuis nous passons chaque année plusieurs mois sur les routes espagnoles, françaises, suisses et allemandes. Nous dormons dans des campings qui vont de l’escroquerie à 45€ la nuit (authentique, en août, dans les Pyrénées catalanes) à la norme française des campings municipaux à 12€ la nuit. 

Un camping ‘pas comme les autres’ chez des amis du Nord (59) qui nous ont accueilli dans leur grand jardin. Je vous dis, le luxe!

Avant de nous inviter, reprenez les mesures de l’accès à vore jardin…
Mesurez aussi la surface de votre gazon…

Il y a eu aussi deux nuits dans le plus grand camping du monde, à la ferme en Auvergne, sur 30’000 m2 de terrain… pour nous tout seuls!

Bon… si votre jardin mesure moins de 30’000 m2, on peut tout de même discuter de notre venue chez vous!

Maintenant, quand l’hiver andalou de la Sierra de Segura nous rappelle trop ceux de nos origines,

Nous avions dû rester plus longtemps que l’été… pour encaisser quelques factures!

nous mettons le cap sur la Méditerranée ou l’Atlantique et ses déserts de sable, ses oiseaux du Parc de Doñana et, bien sûr, le tout généreusement arrosé de Manzanilla le fameux Fino de Sanlucar de Barrameda.

Actuellement, nous respectons les recommandations et les ordres du gouvernement au sujet du Covid: couvre feux, restrictions des déplacements et fermetures ‘périmétrales’ des municipalités. Nous attendons donc, au bord de la Méditerranée à Motril, que les libertés reviennent. Mais nous savons que des millions de personnes préféreraient vivre cette «privation de libertés» comme nous, au soleil, seuls dans un camping de 50 places, dont 49 sont libres,  bénéficiant de ce fait de sanitaires ‘privés’, pour 10 euros par jour!

Coordonnées si vous pensez nous rendre visite après l’ouverture des restrictions périmétriques à Motril: Place 48… vous ne pouvez pas nous manquer car nous sommes absolument seuls dans ce camping!

Eternel Bourvil, spécialement ce 13 janvier !

Avant notre départ en camping-car vers la Méditéranée, espérant échapper à un probable futur confinement, une petite dernière… pour la route ! A bientôt sur ce blog…

Ma femme est partie
En voyage de noce
Un 13 janvier
A cause du prix
Du voyage de noce
J’ai pas pu y aller

Heureusement pour moi
Avant de s’en aller
Elle m’a trouvé de quoi
Me désennuyer
Il ya le train* à faire (*train train)
Le bois à couper
La neige à pelleter

(à suivre)

Il s’agit d’une chanson peu connue de Bourvil, à laquelle je repense chaque année à cette date !

Voici le lien pour ce Voyage de noces, de Bourvil

L’Invincible Armada

ETlq7afWoAI1qfP.jpegAu vu de la première image, on pense qu’il s’agit de deux confinés discutant à la fenêtre de leur immeuble :

« Si chaque Espagnol reste à sa fenêtre, nous gagnerons… 

… Comment peux-tu en être aussi sûr? »

Deuxième image :

« Puisque nous l’avons fait à d’autres occasions ! »

Ce strippe du dessinateur J.M. Nieto mélange ironiquement le confinement actuel avec la glorieuse Invincible Armada de la fin du XVIème siècle. Pour expliquer une péripétie historique aux jeunes condamnés au télé-enseignement voici un petit résumé : 

L’Invincible Armada, en espagnol Grande y Felicísima Armada, « la grande et très heureuse armée » est, en 1588, le nom de la flotte  espagnole destinée à l’invasion de l’Angleterre. Elle est affrétée par le très catholique Philippe II d’Espagne.

Sa mission est la conquête de l’Angleterre protestante d’Élisabeth I, menace permanente pour la souveraineté espagnole sur ses territoires des Pays-Bas.

Commentaire personnel: Qu’allaient donc foutre tant les espagnols que les anglais aux Pays Bas?

Initialement, la mission visait à établir Marie Stuart sur le trône d’Angleterre et la rétablir sur celui d’Écosse, mais son exécution le 8 février 1587 modifia les objectifs de la flotte espagnole d’invasion qui se composait de 130 navires, en majorité des galions et de gros vaisseaux marchands armés de type caraque, transportant 30 000 hommes, dont environ 20 000 soldats. Dans un premier temps, face à une marine anglaise agile et déterminée, elle ne parvient pas à engager le combat lors de la bataille de Gravelines. Puis, soumise à des conditions météorologiques très difficiles, poussée par des vents violents et en l’absence de tout port ami pour relâcher, elle n’eut d’autre choix que d’abandonner le projet d’invasion. C’est lors du voyage du retour, sur les côtes irlandaises, en contournant la Grande-Bretagne par le nord, qu’une tempête causa le naufrage de deux douzaines de bateaux. Les équipages parvenus sur les côtes connaissent des fortunes diverses, aidés, capturés ou massacrés.

Lors des guerres à connotation religieuses on pratiquait peu le pardon et la miséricorde…

Cet épisode de la guerre anglo-espagnole de 1585–1604 entraîna un affaiblissement de l’Angleterre et déboucha sur le traité de Londres de 1604, favorable aux intérêts de la monarchie espagnole.

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Cette campagne navale est communément considérée comme une défaite espagnole, mais des travaux historiques récents ont prouvé que seuls deux bateaux espagnols furent détruits par les Anglais. En réalité l’Invincible Armada fut affaiblie et détruite par la force des éléments naturels. La propagande anglaise présenta comme une défaite militaire accomplie, l’échec du projet d’invasion.

 

 

Comme quoi il y a toujours plusieurs manières d’interpréter un fait historique : Les Anglais se gargarisent de la pâtée qu’ils auraient mis aux Espagnols mais la vérité est que l’Invincible Armada a été vaincue par une météo déchaînée !

Fratelli d’Italia!

Un peu de mon histoire personnelle pour justifier ce blog:

J’ai toujours eu une passion pour l’Italie et je parlais couramment leur langue. Je la comprends encore très bien malgré une confusion actuelle normale avec l’espagnol, après 25 ans de vie en Andalousie. 

J’aime aussi passionnément leur hymne qui, comme ‘Aux armes citoyens’ de mes amis français, a une force virile et guerrière qui me sied. Pourtant je ne suis pas nationaliste au sens propre du terme, mais cet hymne provoque toujours chez moi des larmes d’émotion, surtout lors des (maintenant trop rares!) victoires de Ferrari en formule 1 et de Valentino Rossi sur deux roues. Avez-vous remarqué avec quelle passion les mécaniciens italiens chantent. Eux ne pratiquent pas les la la la habituels des autres pays avant la fin de la première strophe!

 

 

Toujours sur le plan historique j’avoue, avec un peu de honte et de regrets que je croyais à l’Europe. La belle idée! Je n’avais pas eu la clairvoyance de prévoir l’échec de cette institution  devenue rapidement pléthorique et inutile! Bref, l’opposé de ce qu’elle devait être…

Ce soir aux informations on a montré les italiens écoeurés par Bruxelles, mettre le feu au drapeau européen, sur fond musical de leur magnifique hymne national. Un lien pour, comme on le disait à la télé, ceux qui auraient manqué le début! pic.twitter.com/ZXSSfaVTm5

Loin de moi l’idée de polémiquer sur un sujet politique brûlant! Mon propos était de vous faire sourire (Oui! Même par les temps qui courent, c’est possible). Alors je commence par une publication de mon ami Sansón, le dessinateur, qui ne vous demandera aucune connaissance linguistique… pour une fois!

 

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(Petit clin d’oeil à un ami dessinateur blogeur, il se reconnaîtra, en lui disant que j’aime mieux ses représentations moins terrifiantes du fameux virus!)

 

 

 

 

Je me réserve la conclusion de ce texte en publiant une photo que j’ai prise, il y a bien des années, au bord de l’Atlantique et son rude climat venteux. Je la gardais vicieusement car j’avais déjà perdu mes espoirs en l’avenir européen. Dont acte:

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