Interlude 8  French parlé & anglais spoken  

Encore une petite pause dans mon récit autobiographique de monophtalme. Fasciné par quelques images de l’Atlantique, je n’avais pas goût à me mettre sérieusement au clavier. Et puis zut … je suis en vacances. Donc à très bientôt pour la suite. 

 Pour l’heure, nouveau recours à ma providentielle clé USB: L’autre jour, je vous parlais du français de Najat.  Mais quid de l’anglais?… avec un texte ancien que je viens de retrouver !

C’en est fini des cours d’anglais rébarbatifs et des souffrances liées aux efforts de prononciation contre nature. Cette découverte fait éclater une révélation révolutionnaire: l’anglais est bien loin d’être la langue universelle qu’on nous présentait jusqu’alors. L’anglais, la langue de Shakespeare, n’est rien d’autre que du français mal prononcé !

Ail ou radis ?  = Are you ready ?  = Êtes-vous prêt ?
Saintes salopes = Thanks a lot = Merci beaucoup
Débile = The bill = L’addition
Mords mon nez = More money = Plus d’argent
On le donne à ces connes = Hold on a second = quittez pas un instant
Toute ta queue traîne = To take a train = Prendre le train
Qu’on gratte tous les jeunes ! = Congratulations ! =  Félicitations !
Marie qui se masse  =  Merry Christmas  =  Joyeux Noël

Oui Arlette  =  We are late  =  Nous sommes en retard

MP pour une amie: Eh, Amélie, t’as entendu?


Mais dîne Franz  =  Made in France  =  Fabriqué en France
Il se pique Germaine  =  He speaks German  =  Il parle allemand
Ahmed a l’goût de tripes  =  I made a good trip  =  J’ai fait un bon voyage
Youssef vole ma femme au lit  =  You saved all my family  =  Tu as sauvé toute ma famille
Sale teint de pépère  =  Salt and pepper  =  Le sel et le poivre
Six tonnes de chair  =  Sit on the chair  =  Asseyez-vous sur la chaise
Dix nourrices raidies  =  Dinner is ready  =  Le dîner est prêt
Beaune-Toulouse  =  Born to lose  =  Né pour perdre
Les slips tout gais serrent  =  Let’s sleep together  =  Dormons ensemble
Guy vomit sous mon nez  =  Give me some money  =  Donne-moi un peu d’argent
Délicate et saine  =  Delicatessen  =  Épicerie fine
Deux bouts de chair  =  The butcher  =  Le boucher
Varices de grosseur ?  =  Where is the grocer ?  = Où est l’épicier ?
C’est que ça pèle  =  Sex appeal  =  Attirance sexuelle
Ma queue perd son alcool  =  Make a personal call  =  Passer un coup de fil privé.

Pour les plus anciens, ce texte ne vous remémore-t-il pas ‘La leçon d’anglais’, un fameux sketch de Jacques Bodoin ?

Interlude (3) La revanche du coyote !

Sous le titre Interlude je m’autorise parfois des digressions à Une vie de borgne, cette fois pour celles et ceux qui ont essayé de remplacer le violon d’Ingres par le clavier de l’ordi… Je vous accorde qu’il ne s’agit pas des mêmes instruments!

Ecrire !

Si vous avez essayé d’écrire et surtout de publier, vous avez connu les affres du lapsus, du syndrome de la page blanche, la crainte de la coquille, de la méprise, de la mémoire défaillante, la peur du plagiat et surtout de la stupide faute d’inattention ! Je suis de moins en moins professionnel de l’écriture mais je connais bien ce problème.

Le maréchal Foch demandait : De quoi s’agit-il ?

Vous voulez bien qu’on lui réponde ? D’accord.

Vous écrivez

Vous relisez

Vous corrigez

Vous réécrivez

Vous relisez

Vous recorrigez

Vous relisez

Avant d’envoyer votre écrit, ou de le publier, vous le relisez encore une fois !

Il reste encore des fautes ou des expressions à changer.

Alors vous recorrigez

Vous relisez et … enfin vous envoyez votre texte !

La suite est immuable :   Après envoi, titillé par le doute, vous relisez votre copie (manque de confiance, narcissisme ?) et… vous trouvez encore des fautes.  La crise !   Dès réception des épreuves s’il s’agit d’un texte destiné à être imprimé ou dès parution sur Internet, vous retrouvez encore des fautes. C’est la Loi de Murphy ou peut-être ‘La revanche du Coyote’ comme le dit l’académicien romancier Arturo Pérez Reverte.

C’est vrai qu’il n’y a pas que les fautes de langage. Pérez Reverte évoque en plus les aléas de la littérature romancière : S’il indique une profondeur de 6.50 mètres pour une baie dans un de ses nombreux livres sur la navigation maritime, il se trouvera forcément un lecteur pour lui dire, preuves à l’appui, que la profondeur est de 7.65 mètres…  Dans un roman, s’il évoque le passage d’un train à 8 heures 35 à Trifouilly-les-Oies un dimanche de janvier, on peut être sûr qu’un lecteur précisera qu’en janvier c’est l’horaire d’hiver et que les dimanche le train passe à 9 heures 10!

Ces ‘drosophiloalveopyges’ ou enculeurs de mouches, aussi nommés ‘capillotétratomites’ ou coupeurs de cheveux en quatre… (Avec mes affectueuses excuses pour cette ‘gastronolatinophonie’, oui latin de cuisine) ont incité Pérez Reverte à utiliser ce qu’il nomme la Revanche du Coyote :

Dans « La carta esferica » par exemple, il décrit une scène dans laquelle : « Dizzy Gillespie joue du piano ». Il a reçu des centaines de commentaires lui rappelant que Gillespie était un trompettiste ! Ce ‘crapaud d’Arturo’ avait prévu le tsunami, qu’il avait provoqué. Il avait même fait imprimer des cartes à l’avance, qui répondaient :

Dizzy Gillespie et sa fameuse trompette coudée !

« Dizzy Gillespie était bien sûr un fameux trompettiste mais le 26 novembre 1945, alors que le saxophoniste Charlie Parker enregistrait pour la maison de disques Savoy, le pianiste avait fait faux bond et c’est Gillespie qui sauva la séance d’enregistrement en se mettant au piano ! »

En conclusion, au sujet des fautes d’orthographe, erreurs et imprécisions, que vous pourriez trouver dans mes futures élucubrations, je vous demande un peu d’indulgence, mais surtout méfiez-vous : et si je pratiquais moi aussi la « Revanche du coyote » ?

Bon anniversaire virtuel… maman !

Enfant, ma mère me traitait de rêveur, me reprochant d’être parfois éloigné des réalités. Et si elle avait eu raison, elle qui aurait eu 102 ans ce 8 avril ?

Au vu de l’omniprésence actuelle du virtuel dans nos existences, j’étais bien plus que le rêveur que voyait ma mère, peut-être même un précurseur, un visionnaire, puisque de nos jours le réel a baissé la garde, s’effaçant devant le virtuel : smart phones, ordis, Playmachin, réseaux sociaux, blogs et applications qui ont rendues ringardes toutes les rencontres normales. Qu’on me dise comment font les jeunes  pour rencontrer l’âme soeur… ‘à de vrai’ !

 Et si le confinement actuel ne changeait finalement que peu de choses à notre vie de connectés addicts au virtuel ? Bonne question !

 Je me révolte souvent contre les consignes, à mon goût un peu trop réelles, des gouvernements. C’est vrai qu’en haut lieu ces crétins, antédiluviens du mésozoïque, sentent la naphtaline, le rance et le ‘renfermé’. Hé ! Renfermé n’est-ce pas un synonyme de confiné ? (M’autoriserez-vous un LOL juvénile?)

 Bonne occasion d’essayer de sourire avec une petite histoire… virtuelle :

L’autre jour, tel un ‘geek’, vous savez : ces modernes zombies télécommandés par un artifice qu’ils tiennent dans la main, je sors ostensiblement de mon confinement. Je ne me cache pas, suivant mon petit bonhomme de chemin (c’est comme ça que tous les scribouillards qualifient une promenade) et suis interpellé par un individu qui paraît en uniforme. Je ne vois pas tout de suite de qui il s’agit car je suis débutant avec le port de lunettes de réalité virtuelle et dois encore améliorer le réglage de la netteté !

J’avais tout de même aperçu un peu de pluie sur mon écran et avais emmené un parapluie. C’est bizarre car ce matin, aux infos, ils prévoyaient une journée radieuse…

Derrière l’hominidé je distingue une voiture avec un gyrophare. Tout s’explique !

«  Bonjour, Gendarmerie nationale, où allez-vous ? »

«  Juste faire une petite visite à un ami confiné qui ne supporte pas la pluie ! »

« Mais il fait grand soleil… »

« Dans la gendarmerie vous ne consultez donc jamais la météo? »

« Faites pas le malin… et soyez prudent avec vos gestes incontrôlés… votre parapluie a failli m’éborgner comme une grenade de désencerclement… montrez-moi plutôt votre Attestation de déplacement dérogatoire ! »

« La voici, vous pouvez scaner l’écran de mon smart phone »

« Votre attestation porte la date de demain. Alors ? »

« Bien sûr car demain je serais confiné réellement et aurai donc besoin de cette attestation »

« Mais pour aujourd’hui ? »

« Je suis en sortie virtuelle, d’un confinement virtuel, et n’ai pas besoin d’attestation, ce document étant réservé à la vie réelle ! »

« Dans la gendarmerie nous préférons le visuel et la réalité. Donc je vous vois et repose la question : (Haussant le ton, produisant un effet de Larsen à faire péter le condensateur électronique de mes lunettes de vision virtuelle) : Pour la dernière fois, où allez-vous ? »

« Je vous l’ai dit : Voir un ami confiné ! »

« Son adresse ? »

« Je ne sais pas car elle est dans le GPS intégré aux lunettes 3D »

« Vous êtes certain que votre ami est à son domicile en ce moment ? »

« Pas certain du tout, car je ne l’ai pas vu depuis des années »

« Et vous prétendez que c’est un ami ? »

« Oui un ami virtuel de Facebook ! »

« Et a quoi ressemble un ‘ami’ virtuel ? »

« Hier il était grand, bien habillé, bronzé ! »

« Mais vous venez de me dire… »

 Je lui coupe la parole :

« … arrêtez de faire le méfiant. Hier j’ai parlé avec lui en visioconférence, sur mon téléphone portable. Il se présentait sous forme d’hologramme et vous savez bien qu’un hologramme peut être changeant non ?»

« Bon ! Mais comment allez-vous vous rendre chez lui ? »

« Je ne connais pas son adresse mais j’ai une application dans mon smart, connectée avec mes lunettes de réalité virtuelles, qui choisira le moyen de transport idoine : taxi, hélicoptère ou sous-marin ! »

« Tout ça me paraît bien irréel. En revanche je vous vois en chair et en os et… »

« … moi aussi je vous vois, un peu flou, mais aussi en chair en et os ! »

Arrêtez de faire l’andouille virtuelle car vous pourriez avoir à faire à ma matraque et à mon arme de service… parfaitement réels ceux-là »

« Pas compris, répétez ! »

Exaspéré il ordonne :

« Disparaissez de ma vue et sautez dans le métro. Il y a une station à 50 mètres d’ici. Magnez-vous car je dois rejoindre une patrouille pour arrêter un dérangé cérébral qui se prend pour le président de la république ! »

« Merci monsieur l’agent… juste une question : Pouvez-vous m’indiquer le nom de la station de métro ? »

« Oui, bien sûr : C’est la Play Station ! »

Interlude

Dans les années 50/60 on avait inventé le vocable ‘Interlude’ pour remplir les ‘trous’ dans la programmation embryonnaire de la télévision. 

 

Dans la presse, c’était à l’époque de la typographie trop rigide pour être adaptée à la mise en page, on plaçait alors de petits rectangles nommés ‘bouchons’. Soutenez-vous de « N’oubliez pas de donnez à manger aux petits oiseaux »

Il y a eu aussi les ‘marronniers’, surnom des informations sans valeur qui se renouvelaient chaque année et qui permettaient aux journalistes de « tirer à la ligne ». Du reste l’expression vient du bourgeonnement annuel d’un marronnier de Genève.

J’oublie l’interlude, les petits oiseaux et les marronniers… car je suis plus direct que mes ancêtres:

 

Je pars en vacances au bord de la Méditerranée!

La lecture peut-elle être dangereuse?

La Sant Jordi (St Georges en français, San Jorge en espagnol) est une fête qui se déroule le 23 avril. La tradition veut que, chaque année, on offre une rose, et depuis 1920, un livre.

C’est devenu le Jour du Livre, bien sûr amplifié par ces spécialistes des ‘ponts’ que sont les ibériques, à la Semaine du Livre. Pour une fois nous n’allons pas nous plaindre de ces prolongations, tant la carence en matière de lecture est un mal endémique ici…

Coïncidence ou non, la Saint Georges est indissociable de l’image du livre puisque le 23 avril 1616 fut enterré à Madrid le célébrissime Miguel de Cerventès, l’auteur de Don Quijote. Autre coïncidence, c’est aussi le 23 avril, de la même année 1616 que mourut William Shakespeare à Stratford-upon-Avon. On ne peut pas rester indifférent à une telle conjonction de date! 

Voici une image qui se veut humoristique (pas pour moi !) faisant l’apologie de la lecture ‘digitale’ et dénigrant le coût élevé des livres. Je ne sais pas si c’est un gag (je l’espère) mais avec les publicitaires on ne sait jamais jusqu’où peut aller la mauvaise foi.

DbO74vPW0AAbN5y.jpg-large.jpeg14 produits que vous devez cesser d’acheter pour économiser. Acheter des livres est un hobby assez cher et souvent peu pratique. Au contraire un e-book permet de stocker plusieurs exemplaires en peu de place. De plus les bibliothèques offrent un catalogue très complet de volumes ‘digitaux’ pour lesquels il n’y a absolument rien à payer. Ça vaut la peine !

Juan Manuel de Prada, écrivain espagnol, donc passionné par les livres (Bonjour Monsieur de La Palisse !), réfractaire à tout progrès informatique, vient de publier un article plein d’humour grinçant au sujet du Jour du Livre. Je traduis quelques perles :

J’ignore quelles sont les raisons pour lesquelles le Ministère de la santé n’interdit pas la vente des livres qui distraient les gens de leurs dépendances à d’autres formes d’activités de loisir tellement plus gratifiantes comme les réseaux sociaux et la consommation boulimique de séries TV. A chaque printemps je suis horrifié de la prolifération monstrueuse de foires du livre qui infestent les jardins et places publiques de nos cités pour inciter des innocents qui n’ont jamais lu une ligne à se ruiner pour l’achat de littérature imprimée.

On devrait obliger les éditeurs – de la même manière qu’on l’a imposé aux fabricants de cigarettes – à apposer sur leurs couvertures des mises en garde sur les risques que la lecture pourrait engendrer : sécrétion de pensées originales, qui sait peut-être responsable de formation de tumeurs cérébrales ! En attendant des directives de l’Union Européenne sur le sujet il est urgent qu’à l’image des médicaments, les livres soient accompagnés d’une notice de mise en garde :

Composition : Ce livre est fait de pages écrites réunies en cahiers cousus dont la vision peut causer des vertiges et des baisses de tension.

Indications : Etant admis que l’usage d’un livre soit un signe de prestige et de niveau social, nous recommandons, pour ceux qui n’y sont pas préparés, que les bibliothèques domestiques soient strictement ornementales et qu’elles restent la meilleure cachette pour la poussière.

Posologie : En cas d’addiction aigüe à la lecture il est recommandé de ne pas dépasser la dose de trois ou quatre paragraphes par jour. Faire très attention au contenu des textes sur le revers des pages de couverture, les plus vicieux agents de propagande pouvant conduire à des pensées subversives.

Précautions : Il y a de fortes probabilités que la lecture soit une maladie contagieuse et héréditaire. Si vous êtes ‘enceinte’ abstenez vous de lire car votre fœtus pourrait naître avec des malformations. Si des connaissances souffrent de ce genre de vice, faites-les mettre en quarantaine avant qu’ils ne vous contaminent.

Effets secondaires : La lecture cause la méningite, des migraines, des nausées ‘sartriennes’,  des pensées stéréotypées, delirium tremens et même le risque de prendre ses propres décisions, une fluidité dialectique, etc.

Intoxication et traitement : En cas de lecture à dose élevée le malade peut souffrir d’insomnies, d’excitabilité allant même jusqu’à faire de l’ironie et proférer des sarcasmes contre le régime politique en place. Dans ces cas graves le meilleur antidote est d’exposer le patient à des irradiations prolongées de rayons cathodiques, de préférence concours TV avec des ‘hominidés’ bas de gamme et des ‘hominidées’ à gros nichons (avec les excuses du traducteur !). On recommande aussi une thérapie d’immersion intensive dans Twitter et WhatsApp. En cas de malades incurables il ne reste que la diète substitutive avec des lectures de programmes électoraux.

Attention : Les livres ne doivent pas être laissés à portée des enfants.  

NdT : Libre à vous de prendre le texte de Prada au premier degré !

Et pour terminer ce chapitre dans la bonne humeur, un dessin de mon ami Sansón que pour une fois je n’aurai pas besoin de traduire :

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