Une vie de borgne (Chapitre 24) Vous croyez au père Noël ?

Moi pas… et je n’y ai jamais cru, comme en témoigne cette histoire que ma mère m’avait racontée :

A l’âge de 4 ans, j’avais reconnu Paul, l’aimable employé communal de mon village, déguisé en père Noël, qui n’avait pas réussi à me convaincre avec sa grosse voix et sa houppelande.

Oui, quatre ans … Était-ce déjà le sens de l’observation du borgne qui avait fonctionné ou une incrédulité innée ? Réponse dans une autre vie ! Peut-être avais-je aussi compris que ‘père Noël’ était une activité ponctuelle, éphémère et… saisonnière.  Au fait, a-t-il au moins le droit au chômage pendant ses plus de 360 jours annuels d’inactivité ?

Pourtant, les enfants qui croient au ‘distributeur de cadeaux’ me font presque envie. Du reste, avec mes parents, j’ai même été complice pour convaincre mon frère de 6 ans mon cadet, d’adhérer à la catégorie des gosses ‘dans la norme’. Je pense aussi que ma mère avait été frustrée par ma réaction d’enfant, évoquée plus haut.

C’est vrai que j’ai toujours eu de la peine à admettre l’existence non vérifiable des extra-terrestres, dont les représentations tiennent de l’hologramme, genre père Noël, loup garou ou même le paraît-il grand daron « qui est aux cieux ».

Si, par malheur, on nous imposait, par la contrainte, une idéologie de puissance suprême, comme on pourrait tenter de le faire avec ‘un certain vaccin’, je préférerais une religion tenant compte des effets de la lune et des marées, bref du concret, visible et vérifiable.

Einstein n’a-t-il pas dit que la religion de l’avenir sera cosmique… ou ne sera pas ?

Paradoxe ! Sans n’y avoir jamais cru, j’ai pourtant revêtu à mon tour la tunique rouge et la fausse barbe du père Noël : la première fois il y a 63 ans, dans l’épicerie d’une amie, qui n’avait pas les moyens de faire venir le ‘vrai’ !

Il est ou le salopard qui m’a photographié face au rayon des spiritueux?

Puis, des années plus tard, j’ai fait partie de l’escorte volante du père Noël aux Diablerets. Le directeur de l’école de parapente avait revêtu l’uniforme de Saint Nicolas, suivi par 5 ou 6 ‘civils’. Nous avions décollé du glacier, à plus de 3000 mètres d’altitude, pour nous poser, 40 minutes plus tard au centre du village à 1200 m.

Ce vol exceptionnel, le plus beau de ma trajectoire de parapentiste, au cours duquel nous avions côtoyé les aigles à quelques dizaines de mètres, avait incité le téméraire borgne que vous commencez à connaître (!) à mettre la pédale douce et arrêter de tutoyer les éléments à risque. Ce fut mon dernier vol en parapente avant de vendre mon aile et de passer, hé hé… à la montgolfière !

Quelques années plus tard je me déguisais à nouveau pour me poser, au même endroit, en montgolfière cette fois, distribuant des cadeaux aux enfants sages !

Belle phrase hein ? Un peu fleur bleue non? Bon ! si cette histoire évoque pour vous un conte de Grimm, où il manquerait juste Hansel und Gretel et la maison en pain d’épices… revenez sur terre pour savoir que, pour une fois, c’est le père Noël qui a menti aux enfants…

La véritable histoire, la voici :

Le temps était instable et nous avions discrètement gonflé le ballon à l’écart, avant de le tirer à la corde, sur le lieu d’animation. Je m’étais glissé en catimini dans la nacelle, m’accroupissant au fond pendant que, comme un tour de passe-passe, Michel le pilote entre à son tour dans le panier, faisant du bruit en actionnant les brûleurs pour distraire l’attention du public. Il avait décollé, retenu par les cordes, après avoir clamé qu’il allait chercher le père Noël. Mon farceur d’ami avait même embarqué sa trompette pour quelques ‘pouet pouet’ à 40 mètres du sol, un autre artifice pour ‘noyer le poisson’ et préparer l’arrivée de « qui vous savez ».

Loin de la vue des spectateurs, toujours accroupi au fond de la nacelle, j’avais revêtu la houppelande embarquée préalablement et endossé la hotte aussi trouvée au fond de la nacelle. Puis Michel a laissé descendre la montgolfière avec le ‘déguisé’ à ses côtés.

J’entends encore les applaudissements, c’était un grand, un très grand moment !

Après ce pieu mensonge sur la provenance du ‘barbu’ et sa vraie fausse arrivée sur terre, je confirme que je n’y crois toujours pas, mais si vous avez besoin d’un lapin de Pâques le 4 avril prochain, faites-moi signe. Il vous faut juste trouver un costume, une montgolfière… et un pilote car j’ai renoncé depuis très longtemps à ma licence ! 

Devoirs de vacances N° 4 Laissez-moi décider !

Oui… vous avez bien lu:

Je revendique le droit à la maîtrise de mon destin!

  • Avertissement ! Ce texte peut choquer. J’assume. Si vous avez des principes religieux rigides, merci de ne pas continuer cette lecture. Nous resterons amis pour d’autres sujets… moins essentiels et plus marrants. Merci de votre passage sur ce blog!

Tiens ! Vous êtes nombreux à rester… alors, aux faits :

Je ne suis pas souvent en phase avec la gauche mais j’admets qu’ils font parfois avancer le ‘schmilblick’, surtout sur la gestion libre de notre vie. Par exemple en Espagne, mon pays d’adoption depuis plus de 25 ans, le gouvernement socialiste a pris une décision courageuse, n’en déplaise aux ‘calotins’, encore bien influente ici. Voici un résumé lu dans la presse :

L’Espagne va devenir le sixième pays au monde à autoriser l’euthanasie Malgré l’opposition de l’Eglise catholique et de la droite, les députés espagnols ont approuvé le projet de loi reconnaissant le droit à l’euthanasieAprès les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Espagne s’apprête à devenir le sixième pays au monde à permettre, sous strictes conditions, à des personnes en situation de très grande souffrance de recourir à l’euthanasie. La chambre des députés espagnole a voté le projet de loi gouvernemental, qui a été adopté à une large majorité par 198 votes pour, 138 contre et deux abstentions. Son entrée en vigueur est prévue avant le printemps 2021.

On ne parle pas de la Suisse,  pourtant pionnière, avec une variante, revenant finalement au même, l’assistance légale  au suicide, la nuance étant qu’elle implique le geste personnel physique du candidat à l’abréviation de ses souffrances. J’en parle très ouvertement, non seulement parce que convaincu de la pertinence de respecter les décisions de chacun mais aussi, l’ayant vécu de près, quand la mère de ma femme a choisi Exit, cette assistance helvétique au suicide, pour « passer à une vie meilleure ».

Ici en Espagne, les réactions n’ont pas traîné, même parfois ironiquement chez les dessinateurs de presse, comme José Maria Nieto, celui qui met en scène de sympathiques rats anthropomorphes  :

Le rat-médecin : « En vertu des circonstances, je vais présenter une requête d’euthanasie »

Le rat-patient : «Oh ! Docteur, ne vous précipitez pas… moi je vous trouve encore bien ! Et avec de bons soins palliatifs vous irez encore mieux ! »

La grande faucheuse : « C’est vrai que vous n’avez pas l’air si mal. Calmez-vous docteur !»

Oui, je sais, c’est du second degré, mais je suis certain que Pierre Desproges aurait souri. Moi aussi, du reste !

Terminons par une pensée hautement philosophique: (Ne cherchez pas dans le ‘Dictionnaire des Citations’… j’en suis l’auteur!)

Tout est trop cher ! Je n’ai vraiment plus les moyens de vivre… Et comme l’assistance au suicide n’est pas gratuite, je n’ai pas non plus les moyens de mourir ! Que vais-je devenir ? Un mort vivant ? Un mec plus mort que vif ? Ou tout simplement, ce qui me convient parfaitement, un immortel conjoncturel…

Mort de peur, Mort de froid, Mort de faim, Mort de soif (l’horreur!), Mort d’amour (c’est mieux!), Ivre mort, Mort de rire!  Pourtant bon vivant… je vous en souhaite autant

Ce texte est extrait d’un article publié sur mon blog le 27 février 2018, intitulé Et je vous en pose des questions ? Voici le lien :

https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/3298

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