Et merde pour la reine d’Angleterre…

… qui nous a déclaré la guerre!

(Chanson connue)

En décembre j’avais beaucoup de choses à vous dire mais, comme je vous connais bien, vous n’aviez pas le temps, vous aviez autre chose à faire, vous deviez vous goinfrer de foie gras (pauvres bêtes !), vous étiez très demandés, très occupés, bref… indisponibles. Vous crouliez sous les obligatoires cadeaux à faire et l’obligatoire corollaire des remerciements à ceux qui vous en avaient couvert. C’est clair que les séquelles dues à  l’ingestion de champagne (souvent mauvais et bas de gamme), sont des acidités gastro-stomacales, qui génèrent une impossibilité notoire à réfléchir, à penser et à analyser.

Donc, je ne vois pas pourquoi j’aurais dû perdre mon temps, autant précieux que le vôtre, même si je ne massacre pas les canards engraissés, les oies gavées et les chapons castrés à vif, à essayer de vous divertir par mes écrits.

Mon abstention absolue (Ou… presque !) en matière de consommation compulsive en décembre me permet d’attaquer janvier 2020 en pleine forme, sans avoir besoin de cette nouvelle connerie de « janvier sans alcool », car je ne rejoindrai pas ce « challenge » réservé aux victimes des excès du douzième mois de 2019… et même des onze précédents!

Ici dans le Sud de l’Espagne (L’Andalousie pour être précis) on parle beaucoup de « la cuesta de enero », soit la côte – ou raidillon – de janvier,  allusion aux difficultés rencontrées par les goinfres, les inconscients, les trop généreux, les victimes de la publicité mensongère et envahissante, et quelques rêveurs de décembre pour équilibrer leur budget. Moi ça va… je suis à l’aise ! Si vous passez me voir dans mon hameau de la Province de Jaén je peux même vous inviter à déjeuner dans un bon restaurant. Même plus si entente…Alors ?

Pour 2020, sincèrement, sans vicieuses et hypocrites considérations commerciales, je vous souhaite, à toutes mes lectrices et tous mes lecteurs, d’entrer gaillardement dans cette année, marquant déjà le début de la troisième décennie du premier siècle du deuxième millénaire et qui est heureusement encore trop jeune pour être critiquée.

P.S. Pendant que vous perdiez votre temps à regarder Macron à la télévision, j’ai consulté quelques revues.  Ce scan vous convaincra que votre président est encore très présentable, mesuré à l’aune de la ‘souveraine’ d’un pays qui est en train de sortir de l’Europe.image.png

Ambiance jeune et dynamique!

Eh ! Nos amis français l’ont échappé belle non ? Pour ceux qui ne suivent pas les actualités politiques, sachez qu’il ne s’agit pas d’une photo de la femme de votre président.

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire de ‘vin aigre’… mais plus ‘aigre’ que ‘vin’!

Avant de partir nous réchauffer près de la Méditerranée  voici un petit texte qui rejoindra ma page: La rubrique ‘ethno’

Nous venions d’arriver en Andalousie, dans un hameau de la « Contraviesa Granadina »

Tout en haut de la liste de nos préoccupations pour survire dans ce pays, qui n’était alors pour nous qu’une contrée du ‘tiers monde’, il y avait bien sûr la recherche d’un point de ravitaillement en ‘vino tinto’ ! Et ça vous étonne ? Et si je vous dis que nous vivons dans cette partie de l’Espagne depuis 25 ans… ça vous étonne aussi non ?

C’est au moins la preuve que nous avons une certaine prédisposition à l’acclimatation. Aidés que nous fûmes par la gentillesse des natifs et leur sens de l’hospitalité, nous avons fini par mieux les connaître. Et eux aussi ont appris une certaine manière de voir les choses propres à notre culture du Nord. C’est ça l’échange, la découverte des autres (dans les deux sens !) et la convivialité. (Le premier qui parle de communautarisme… je lui botte le cul !)

Voici l’histoire :

On nous donne une adresse dans une bourgade en bord de mer, où on vend du vin de la région. Que je vous dise tout de suite qu’il s’agit de ‘Vino costa’, un vin du terroir ni rouge, ni blanc… mais une sorte de rosé ‘fourre tout’ qui ne mériterait même pas la qualification de vin en d’autres lieux ! Mais vous connaissez l’adage : Faute de grives…

Le vernaculaire nous emmène dans sa cave. Il ouvre ‘una garafa’ de 10 litres, remplit trois verres, deux pour nous et un pour lui. Nous trempons les lèvres sans conviction, goûtons avec un peu moins de méfiance et finissons par trouver le liquide ‘comestible’… sans plus !

Le vigneron ‘recape’ nos verres mais ne se ressert pas, justifiant cette abstinence ponctuelle par une prescription ‘matrimoniale’ à savoir que sa femme lui interdit de déguster plus d’un verre par visite de sa cave…

Retour dans notre village d’altitude avec ‘una garafa’ et dégustation en famille. Pouah !

Du vinaigre pur… je pèse mes mots.

Retour chez le producteur avec un ami du village, bon connaisseur des usages de la région.

Peu habitué à des retours de marchandise le vigneron, la mine un peu crispée, nous reçoit avec ses deux beaux-fils. Nous sommes donc 5 à attendre l’ouverture de notre ‘garafa’. Dégustation !

Le patron commence, boit une gorgée, fait une moue imprécise quant au ressenti à l’ingestion du liquide. Puis les deux beau-fils : même expression vide, échappant à toute obligation de qualifier breuvage.

Vient mon tour. Je suis mauvais acteur et incapable de dissimuler ma réaction à l’ingestion de ce vinaigre. Pouah ! Imbuvable.

Toujours entouré de visages impassibles, je demande à mon ami du village de s’y coller. Il boit son verre d’un trait. Aucune réaction en faveur ou en défaveur, mais un commentaire édifiant : « Bon, ce n’est pas ce que j’ai bu de meilleur mais tu sais… ici nous sommes habitués à boire bien pire ! »

A la fin de la séance d’appréciation du liquide le vigneron est bien obligé de se justifier. Tenez-vous bien, vous allez encore me traiter d’affabulateur mais jure que son propos est authentique :

« C’est vrai que j’avais constaté que le vin d’une ‘garafa’ n’avait pas très bon goût mais, afin de ne pas perdre les 10 litres (personnellement je continue à parler de vinaigre !) j’ai réparti le contenu en l’ajoutant, en petites doses, dans les autres récipients de ma cave ! »

L’imbécile (y a-t-il un autre mot ?) avait mis du vin vinaigré dans les autres récipients, contenant du vin jusque là probablement buvable. Résultat : Un stock complétement contaminé à l’acide acétique…

Vous étonnerais-je en disant que j’ai refusé qu’il me remplace la carafe, préférant récupérer mon premier (et dernier !) investissement dans « cette viticulture de très haute réputation».

Allez, j’élimine le mauvais goût que l’évocation de cette ancienne histoire provoque virtuellement dans ma bouche, en me rinçant les papilles avec une bouteille d’un excellent Albariño, un blanc des Baixas Bajas de Galicia !

 

 

 

 

 

 

Salut les bachi-bouzouks… à la graisse de hérisson !

Deuxième partie

Dans l’interview fictif de Tintin par Arturo Pérez-Reverte au Château de Moulinsart, après le décès de Georges Rémi (Hergé) le 3 mars 1983, nous en étions restés aux préoccupations de notre héros au sujet des excès éthyliques du capitaine Haddock (voir la première partie sous le titre « Salut les bachi-bouzouks anacoluthes ! » publiée sur ce blog le 6 novembre 2019) 

– Aucune importance, dis-je avec un sourire compréhensif. Je connais aussi le capitaine depuis bien des années… Revenons à Hergé : je suppose que sa mort ne vous cause aucun souci pécuniaire car vous devez avoir touché une part des bénéfices générés par la vente de 70 millions d’albums dans le monde.

– C’est exact répond Tintin, mais pour dire la vérité nous n’avons jamais eu besoin de ces rentrées d’argent car le capitaine et moi disposons toujours des rentes du Trésor de Rackham le Rouge que nous avions découvert dans les caves de ce château ! Donc la mort d’Hergé ne nous affecte pas sur le plan économique ce que lui savait. Imaginez que nous avons même pu le convaincre de rompre le contrat d’assurance vie que Séraphin Lampion voulait lui faire signer en notre faveur comme héritiers…

Nous sommes toujours dans la bibliothèque du Château de Moulinsart et inévitablement la conversation s’oriente vers les souvenirs. Haddock a débouché une nouvelle bouteille de Loch Lomond et se jette un nouveau verre sans respirer ! Tintin le regarde, fronce les sourcils en signe de préoccupation… et se retourne vers moi.

– Le capitaine doit avoir le foie en lambeaux mais personne ne peut le dissuader d’arrêter le whisky.

Le cigare du Pharaon s’est consumé entre mes doigts et j’écrase ce qu’il en reste dans un lourd cendrier en argent avec une inscription « À mes amis Tintin et Haddock. Le général Alcazar »image.png

– Vous avez des nouvelles du général Alcazar ?

– Il ne va pas bien du tout. Le général Tapioca a réussi une fois de plus à le renverser, c’était juste après l’aventure des Picaros. Il est actuellement aux Etats Unis essayant de convaincre la CIA de lui donner un coup de main pour reprendre le pouvoir. Il faut dire que cet homme ne se décourage jamais!

–  Tintin, vous avez été un jeune qui tout au long de sa vie s’est fait des amis un peu partout… et aussi quelques ennemis non ? Rastapopoulos, le colonel Sponz, Allan, Mitsuhirato, Muller…

– C’est clair que le plus acharné de tous fut Rastapopoulos qui usurpait le titre de image.pngMarquis de Gorgonzola. Depuis l’épisode des Cigares du Pharaon jusqu’à l’île du Pacifique au cours du voyage mouvementé vers Sidney je l’ai toujours retrouvé sur mon chemin.

– Pourquoi Rastapopoulos vous détestait autant ?

– Je n’en sais rien répond Tintin avec un sourire. Je suppose que la première fois je lui ai anéanti un juteux négoce… bon, à chaque fois que nous sommes rencontrés je lui ai démoli des entreprises peu légales. Il ne me l’a jamais pardonné !

C’est un type absolument pervers mais je dois reconnaître que lors de la dernière aventure qui nous a mis en face l’un de l’autre, quand le séquestre du milliardaire Carreidas a échoué, j’ai presque eu de la peine pour lui. En réalité, étant immensément riche, il n’a pas besoin d’argent. Il fait le mal par pur plaisir sadique… comme d’autres collectionnent les timbres. Et le plus incroyable est qu’il m’a envoyé un télégramme de condoléances pour la mort d’Hergé. Rastapopoulos est une canaille certes, mais c’est une canaille avec une certaine classe !

Le téléphone sonne à nouveau. Haddock répond, raccroche et se lance dans une de ses célèbres dithyrambiques malédictions : Que mille tonnerres et le diable la rendent aphone hurle-t-il en renversant son whisky sur le tapis, ajoutant furieux que la Castafiore annonce son arrivée imminente. Tous aux abris !image.png

Après une nouvelle série de ‘mille millions de mille sabords’ le capitaine quitte la pièce en courant.

– Je demande à Tintin quelles sont réellement les relations entre le capitaine et la cantatrice ? Il me semble qu’après l’histoire des Bijoux de la Castafiore ils étaient sur le point de se marier non ?

Tintin sourit avec l’air de quelqu’un qui ne dit pas tout ce qu’il sait…

– Bon ! Ce sont de bons amis. Il me semble que Bianca ait une certaine attirance pour le capitaine et qu’ils auraient pu faire un excellent couple. Mais vous savez… la musique les sépare. Haddock n’est pas particulièrement mélomane et la voix de la Castafiore… Vous m’avez compris !

Pourtant Bianca ne perd pas l’espoir et de toutes façons c’est une personne enchanteresse qui pourrait être un appui important pour le capitaine dans ses années de vieillesse !  Alors un jour peut-être, qui sait…

 

Traduction libre de Akimismo

Fin de la deuxième partie.                  A suivre

 

Un facteur à poil !

J’ai été peu disert ces derniers temps mais me justifie : Nous sortons d’une longue période de vacances et j’attendais la rentrée pour publier à nouveau.

Il faut dire que les vacances, que ce soit peu ou beaucoup, nous y avons pratiquement tous eu droit. La rentrée, en revanche, ne concerne pas tout le monde. Hé hé ! Les retraités ne rentrent jamais de vacances puisque ils n’en ‘branlent pas une’ toute l’année.

Donc Akimismo, le retour… provisoire avant de repartir en voyage, avec un facteur un peu spécial, une histoire que les accros du smart, du net et de la connexion perpétuelle auront de la peine à croire… Elle est pourtant véridique !

Au début du XXème siècle, il y eut un facteur nommé Cheval (Ferdinand et son fameux Palais idéal) à Hauterives dans la Drôme mais moi je vais vous parler de notre  ‘facteur Chien’, précurseur de DHL, ChronoPost, UPS et FedEx. Ce berger écossais se nommait Néri (vous vous souvenez de Lassie). Chez nous il fonctionnait comme agent de liaison.

Dans les années 40-50 mes parents habitaient à 850 m. d’altitude sur les flancs du massif du Jura. Mes grand-parents vivaient dans un village près du Léman, à 400 m. d’altitude. Les deux patelins sont distants d’une douzaine de kilomètres… un peu moins en coupant à travers champs, précision importante pour mon histoire!

Nous n’avions bien sûr pas de téléphone. Mes grand-parents non plus, re-bien sûr! Comment les prévenir de notre projet de visite dominicale ? Mon père qui pendant sa carrière de douanier avait eu une formation de conducteur de chien a l’idée d’écrire une note annonçant notre visite le jour suivant, glissée dans une boîte métallique genre étui à pilules d’avant l’invention du plastique…
Il l’attache avec un ruban bien visible au collier du ‘toutou’ afin d’attirer l’attention des destinataires.
«Neri… Va chez le ‘pépé et la mémé’»
Après plusieurs répétitions de l’ordre le chien remue la queue et disparaît à grande vitesse. 
Trois heures et quelques plus tard, «l’empoilé» jappe derrière la porte. Il est essoufflé d’avoir couru 20 km avec en tout 800 mètres de dénivelé mais quelques quelques friandises plus tard son pouls était revenu aux normes. La boîte miracle contenait un accusé de réception des grands-parents nous communiquant leur joie de revoir ‘les jeunes’.
Nous avons eu de nombreuses fois recours à cet avatar du Pony Express pour communiquer avec la famille, chaque fois avec succès. 

Alors vous comprendrez que les techniques sophistiquées actuelles de communication ne parviennent pas à m’impressionner…

 

 

Devoirs de vacances (3)

Nos vacances continuent… désolé pour vous, les non encore retraité(e)s!

Depuis la Galice, au bord de l’Océan atlantique, nous sommes voisins de ‘campingcaristes’  passant plus de la moitié de l’année dans leur véhicule. En matière de retraite «y en a qui ont tout compris!»

C’est donc une histoire de camping-car que je vais vous conter: Attablé face au soleil couchant avec un verre d’un liquide de couleur rouge ambrée parfaitement comestible, c’est en regardant l’orifice de remplissage du véhicule voisin que cette histoire me revient…

Il y a des années, dans un camping du Sud de la France, un voisin remarquant nos attitudes de débutants en matière de camping-car nous avait raconté, en ajoutant une mise en garde, ses débuts avec «sa maison à roulettes» .

Au premier remplissage du réservoir de gazole, faisant fi des recommandations de sa femme (Ouais… je sais ce que je fais, occupe-toi de tes affaires!… c’était un vieux couple!).

Il s’était tellement occupé de ses affaires qu’il avait balancé 75 litres de carburant Diesel dans le réservoir… D’EAU, normalement potable!

Je vous passe l’inévitable scène de ménage pour revenir aux suites de cette légère erreur:

 Vidange, rinçage, re-rinçage… l’eau était toujours parfumée au fuel!

Puis nouveaux rinçages avec ajout de produits que son droguiste lui avait vendu au prix fort.  Les effluves d’hydrocarbures subsistaient!

L’histoire a duré plusieurs semaines et l’ambiance familiale était loin de s’améliorer malgré l’usage de produits tous plus miraculeux les uns que les autres… Pourtant l’eau semblait toujours provenir directement d’Arabie Saoudite!

Il me montre alors le chiffre «13» (Bouches du Rhône) de l’immatriculation de son véhicule, ajoutant: «Peuchère, je suis de Marseille et j’ai utilisé le recours de la dernière chance: UN LITRE DE PASTIS DANS LE RESERVOIR, rinçage, un nouveau litre de pastis et l’odeur nauséabonde avait totalement disparu!»

En conclusion de cette histoire de vacances je soupçonne mon truculent voisin de l’époque d’avoir utilisé un troisième litre de pastis… en ingestion bucco-stomacale. On n’est jamais trop prudent!

A ta santé le digne descendant de Panis, Marius et Escartefigue!