Ça me revient !

Je ne suis ni copieur-colleur ni plagiaire et précise tout de suite que Ça me revient est une rubrique sporadique d’un ami blogueur Christophe (christopheguitton.wordpress.com).  Sous ce titre il évoque des souvenirs souvent touchants, toujours frappés au coin d’une parfaite authenticité. Me reconnaissant dans ses écrits je confirme le ressentiment de vécu et d’émotion.                                                

A mon tour de retrouver des souvenirs dont l’intitulé est emprunté à l’ami Christophe :

Dès l’âge de 7 ans j’ai suivi l’école primaire de mon village. Un seul instituteur pour une trentaine d’élèves de 7 à 16 ans ! Et notre ‘régent’ comme on nommait les ‘instits’ dans mon pays n’a jamais revêtu de gilet de couleur, n’est jamais descendu dans la rue pour revendiquer, assumant avec autorité et bonne humeur la tenue d’une classe dont le moins qu’on puisse en dire est qu’elle était pléthorique et… disparate !

Le chauffage était au bois et les élèves, une fois par année, participaient à la corvée de rangement des bûches pour l’hiver. L’instituteur allumait le poêle avant notre entrée en classe puis à tour de rôle nous alimentions le foyer. Nous nous approchions aussi de « la caisse à bois » pour y tailler nos crayons. J’avais oublié ces moments mais ce matin, pour appointir le mien, je me suis instinctivement positionné au dessus de notre caisse à bois pour ne pas souiller le sol !

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IMG_0942Le crayon est ‘rongé’… comme ceux de mon enfance mais celui-ci m’a échappé, est tombé au sol et c’est un autre rongeur qui l’a décoré: notre basset hound.

 

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Vous me pardonnerez l’emprunt de « Ça me revient ! ». Christophe aussi j’espère.

Je vous laisse car il faut que je remette une bûche dans le poêle… et une autre dans le four à pain extérieur en vue de l’enfournage du ‘pollo’ de Pâques.

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Image d’archive pour illustration car le ‘pollo’ de ce jour vient d’être enfourné et n’a pas souhaité faire de selfie!

 

 

 

Tournez manège!

‘Tournez manège’…était un jeu télévisé français diffusé tous les midis sur TF1 du 9 septembre 1985 au 4 juillet 1993.

Hier j’ai « reblogué » un texte amusant de Christophe, un collègue de la toile. Comme promis voici une autre histoire sur le même sujet: les manèges forains.

C’était il y a très longtemps, dans un village du bassin lémanique, sur la rive où les manèges sont connus sous le nom de ‘carrousels’… vous m’avez géo-localisé hein ?

Il est 16 heures 30, la place de fête sort de sa léthargie après une après-midi d’été et commence à frémir en vue de la préparation de la soirée festive. Avec Michel, un vieux pote de ‘la classe’, nous passons saluer Yvette, une foraine qui partage notre année de naissance.  Nous n’avions alors qu’une petite 60aine d’années. Yvette était  exploitante de deux attractions : un manège et un tir pipes.

Mon ami peut réaliser un rêve d’enfance quand elle le fait entrer dans la roulotte du « Tir-à-la-pipe » (comme on ne le dit plus) et qu’il découvre l’attraction depuis l’intérieur, une sensation que peu de gens connaissent. Je vois encore les yeux de mon sexagénaire ami briller d’un éclat juvénile. Un immense bonheur. Puis nous nous dirigeons vers le ‘carrousel’ et aidons la propriétaire à retirer les bâches des chevaux de bois, locomotives, voitures et motos. Elle insiste (pas très longtemps !) pour que nous nous embarquions… avec musique et moteur !

Nous sommes bien sûr les uniques usagers du manège, émus et hilares, mais les gosses du village attirés pas cette mise en marche imprévue rappliquent, demandant s’ils peuvent monter. Michel et moi assistons avec les larmes aux yeux, depuis un cheval multicolore et une Harley-Davidson de police, à la déception des gosses devant le refus de l’exploitante de déroger au respect d’une convention d’horaire entre forains, expliquant que pour une fois, mais seulement pour cette fois, ces quelques tours de manège sont réservés aux « grandes personnes ».

Un souvenir inoubliable !

 

La Bête Humaine ou Le Mécano de la ‘Générale’ ?

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La Bête Humaine (Jean Gabin)
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Le Mécano de la Générale (B. Keaton)

La passion d’une vie !

 J’avais presque 5 ans. Notre village était desservi par un chemin de fer à vapeur.  Sur le quai ma mère n’arrivait pas à me faire quitter des yeux la belle machine fumante qui haletait (Tchou tchiiiiiiiiie… Tchou tchiiiiiiiiie…)  en attendant le départ car souvent le mécanicien me soulevait à bout de bras et me faisait entrer pour un instant par la fenêtre dans le poste de conduite.  « Quand je serai grand je serai conducteur de train »Les années passaient et ma passion ne faiblissait pas, au point que mon père s’était renseigné sur la filière à suivre… mais j’ai appris que …

…Né borgne je ne pourrai jamais conduire de train!

La grande désillusion de ma vie: Adieu Eb 2/4, la locomotive à vapeur de mon enfance, ci-dessous

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Adieu la fabuleuse Ce 6/8 III ‘Crocodile’ de la ligne du Gotthard:

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Plus tard j’avais encore les yeux humides en voyant entrer en gare les locomotives Re 4/4 II couvertes de glace, racontant des traversées alpines apocalyptiques, des expéditions dantesques en Extrême Orient, des tempêtes lointaines, ressassant que je ne serai jamais assis aux commandes de ces merveilles !

Puis un jour un ami conducteur de train connaissant ma passion refoulée me propose le rêve impossible :

«  Je vais convoyer depuis Berne un train supplémentaire jusqu’à Lausanne. Dans ce genre de convoi hors des horaires normaux nous n’avons que peu de chance d’avoir un inspecteur. Veux-tu m’accompagner ? »

 Je suis sûr que vous n’imaginez pas ma réponse hein!

« Tu dois acheter un billet car sans titre de transport tu risques une amende pour resquillage et moi un blâme pour emmener un resquilleur dans la cabine!»

Je vis la première partie de mon rêve depuis Berne et pendant les 3 minutes d’arrêt à Fribourg il me propose de m’asseoir à la place du conducteur « juste pour la sensation »  et le feu passant au vert il m’apostrophe :

« Qu’est-ce que t’attends pour démarrer. Allez vas-y bon dieu, le chef de gare va penser que je me suis endormi ! »

Je presse la ‘pédale du mort’ avec mes pieds et actionne la commande à impulsions, clac ! clac ! clac pour ‘mettre des touches’, (c’est comme cela qu’on qualifie la procédure d’accélération). Les 6500 chevaux de la ‘Re 4×4 II’ poussent très fort. « Fais gaffe t’es sur un secteur à 100 km/h ! » Je diminue la vitesse. Puis, au début d’une légère montée à 120 km/h ‘ma’ machine ralentit à cause de la déclivité. « Il te faut vite remettre des touches ! » Ayant souvent piloté des voitures très puissantes j’applique ma vieille habitude: « à fond les manettes!».

Encore une chance que les ingénieurs aient prévu qu’un jour un incapable manquant de finesse mettrait trop de watts ou d’ampères d’un coup: Un système de sécurité déclenche le ‘schmilblick’, provoquant une disjonction semblable à un coup de tonnerre. Je panique un peu mais mon ami m’informe qu’il n’y a rien d’autre à faire que de laisser le train s’arrêter avant de recommencer à accélérer : Touches 1… 2… 3… 4… etc. J’entends alors un commentaire ironique : «  Si à la prochaine révision ils avaient l’idée de consulter la « boîte » noire, ils risquent d’avoir une crise d’éternuement ! ».

Reprenant un ton professionnel sérieux il précise:

« Je reprends les commandes car à la sortie du tunnel de Chexbres nous abordons la descente vers le Bassin lémanique et il ne faudrait pas faire de connerie dans ce toboggan avec un convoi de 64 essieux et 680 tonnes « au cul » (C’est comme ça qu’on dit !).

En gare de Lausanne je le remercie mais il ajoute : « Attends, ce n’est pas terminé. Nous allons au dépôt décrocher la ‘composition’ pour le lavage des wagons ! »

Le dessert? Trois kilomètres de retour à la gare principale avec la locomotive solo.  J’ai droit à une démo que peu ont eu le privilège de ressentir : Hilare mon facétieux pote libère, volontairement et d’un coup, les 6500 chevaux de la Re 4/4 II produisant une gerbe d’étincelles sur les voies.

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« Ma » Re 4/4 II

Oui, 4780 KW équivalent à 6500 chevaux. Whaouhhh !  Même dans la Ferrari 512 F avec Mike Parkes à Monza je ne crois pas avoir ressenti un tel « coup de pied au cul » à l’accélération.

Merci à mon ami Jean-Paul pour cette fabuleuse expérience qui date de plus de 30 ans mais restera dans ma mémoire !

 

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Souvenir: le « titre de transport » acheté aux CFF!

Une précision pour terminer : La version originale du film de Buster Keaton est « The General » du nom de la locomotive, ‘féminisé’ et ‘francisé’ en « Générale » Bon ! General ou Générale je vous conseille vivement de consacrer une heure 18 minutes et 52 secondes à regarder ce chef d’œuvre du cinéma ‘muet’ de 1926. Eh oui 1926…                   

https://youtu.be/x3HioYRd0Ck

 

 

Un matin dans un camping des Pyrénées…

Nous pensions avoir fait ‘péter les plombs’ de notre connexion électrique avec l’allumage simultané du toaster et la bouilloire pour le café! Je me précipite à la borne électrique et constate que le problème est plus généralisé puisque nous sommes une demi-douzaine sur place. On a déjà hélé le gardien qui cherche le fusible en arrêt maladie, en retraite anticipée, RTT ou en grève. Eh! Normal, nous sommes en France et vous connaissez le sujet non? Pas de quoi revêtir un gilet de couleur…

Conciliabule : «Moi j’ai un toaster de 2200 watts !» Un autre : «J’ai mis un moment le chauffage électrique pour casser le cru du matin!» Le suivant : «J’aurais dû demander 8 ampères!» Puis, sans qu’on sache qui était ‘le responsable disjonctant’ s’ensuit un échange de paroles aimables, drôles aussi : « Nous devrions dire merci au gardien qui a, c’est sûr, coupé volontairement le courant pour nous réunir, ayant constaté que depuis l’avènement des réseaux sociaux tout le monde est connecté, le nez dans son smart phone, 200 amis sur Facebook mais ne parle avec personne ‘à de vrai’ »Eclat de rire général et les jours suivants, quand nous nous rencontrions sur le terrain ou au bistrot nous échangions de joviaux et amicaux saluts avec ceux qui n’étaient auparavant que des étrangers, des inconnus.

 «Alors on se voit demain matin pour parler d’ampères et de toaster?»

Elle n’est pas belle la vie?

Ce texte rejoindra ma page SOUVENIRS RETROUVÉS SUR MON BLOC NOTE ! 

Souvenirs retrouvés sur mon bloc note !

 En 1978 j’ai fait des heures et des heures d’avion de Genève à 400 km au Nord du Cercle polaire (Ivalo) avec des escales à Helsinki, Oulu et Turku puis 350 km à ski de fond en Laponie finlandaise et norvégienne par moins 37° et enfin 200 km d’auto-stop de Alta à Hammerfest pour voir ces merveilleuses maisons colorées du Grand Nord…

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…alors que maintenant il ne me faut que 5 minutes de marche pour voir la même chose à côté de chez moi en Andalousie!

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Tout est relatif mais demain est un autre jour méditerranéen, ou une autre nuit polaire !