Une vie de borgne (Chapitre 21) Bonjour Docteur, au revoir Docteur.

Suite du chapitre 20, avec encore un peu médecine, mais en prenant de la hauteur ! C’est aussi un clin d’œil à une lectrice et un lecteur, ils se reconnaitront, qui n’ont pas d’affinités particulières avec la bagnole, mais cette histoire et les deux suivantes, devraient leur convenir… puisqu’on va s’envoyer en l’air !

La pratique du dirigeable serait déconseillée à un borgne… c’est ce qu’ils disaient !

On ne pilote pas en Helvétie avec un seul œil. Nein, streng verboten ! Donc, comme pour le parapente, j’ai fait l’écolage et le brevet de montgolfière en France, le pays de la liberté… tout au moins en matière aéronautique ! Grâce aux accords bilatéraux avec l’Europe, l’Office fédéral de l’air suisse a été obligé de valider ma licence française.

Puis j’ai poussé l’outrecuidance jusqu’à oser solliciter une extension de licence pour le dirigeable. Je vous raconte la démarche téléphonique, qui semble être un sketch humoristique, mais qui est parfaitement authentique.

« Office fédéral de l’aviation civile, bonjour ! » (A imaginer avec un très fort accent alémanique)

« Bonjour, je suis titulaire d’une licence de pilote de montgolfière et désire obtenir une extension pour piloter les dirigeables. Quelles sont les formalités ? »

« Un instant svp… Ach ! Mais vous avez passé votre licence en France, donc nous ne pouvons rien faire pour vous ! »

« Pourtant, en vertu des accords avec l’Europe, votre office a validé ma licence, même que vous m’avez imposé les examens complémentaires pour la législation et la licence radio non encore obligatoire en France ! »

« Waôôh… (Toujours avec l’accent de Berne !) le tézizion tépend du médezin offitziel de l’atministratzion de l’Office fétéral de l’aviazion zivile »

J’ai donc pris contact avec le médecin, un colonel de l’armée, lui-même pilote d’hélicoptère).

« Ici le Docteur Schtroumpf (ou un autre nom dont je ne me souviens plus !). Votre dossier indique que vous êtes borgne et j’aimerais en savoir un peu plus sur vous. Avez-vous déjà rencontré des problèmes avec votre vue ? »

                     (Y m’énerve ce type… mais je dois lui répondre !)

« C’est difficile à dire car il y a des inconnues : par exemple je n’ai pas de problèmes jusqu’à 285 km/h… plus je ne sais pas car ma Kawa 1000 ne va pas plus vite !  En dévalant à ski de fond des pistes de 60 degrés pas de problèmes mais plus pentues je n’ai pas osé essayer ! Jusqu’à 7600 mètres d’altitude en Himalaya j’étais à l’aise… plus haut je ne suis pas monté !

Je sentais que mon colonel n’était pas preneur de ce genre d’humour et que la conversation tournait au vinaigre. Je l’ai donc ‘mise en sourdine’ et il a accepté de me recevoir dans son cabinet médical de la ‘ville fédérale’ (Berne) pour une très longue séance, ressemblant à un interrogatoire de la Gestapo, avec analyses, prise de sang et ‘tripotage viril’ par une solide infirmière polonaise, dont le hobby devait être la lutte libre ! Je suis sorti de son cabinet avec l’autorisation de faire l’écolage pour devenir pilote de dirigeable. Ouf !

Ecolage à Château d’Oex avec une première ︎ pose en douceur.

Une douzaine d’heures de pilotage plus tard, brevet en poche avec une fierté assumée !  

 

Je publierai plus tard un chapitre consacré au dirigeable, cet ‘Objet Volant Parfaitement Identifié’ très peu connu du grand public.

A bientôt, pour rêver en prenant encore un peu plus de hauteur…      


			

Une vie de borgne (Chapitre 20) Ah ! les médecins…  

J’espère que le corps médical me pardonnera…  et que ceux qui ont été obligés d’avoir recours aux disciples d’Esculape accepteront mes affectueuses excuses !

Un prochain chapitre traitera de la force d’un borgne, confronté à la douleur physique et aux douleurs morales. Pas triste… c’est pourquoi je crois que ce qui suit ‘annonce la couleur’ de mon credo. Pierre Vassiliu chantait Mais ça emmerde les gens quand on vit pas comme eux.  J’assume mon modus vivendi !

Naître avec des « défauts de fabrication » vous donne une confiance totale dans le génie de la nature et la conviction que les forces cosmiques sont bien plus puissantes que toutes les religions, les croyances, la médecine… et les médecins ! Nous y voici : Je n’ai jamais eu affaire aux médecins qui soignent avec la chimie et les médicaments et, de toute ma vie, je ne suis jamais entré dans une pharmacie. Des convictions qui, je l’espère, me permettront d’arriver en pleine forme à la fin de mon existence… dans très longtemps car je ne suis pas pressé !

J’ai tout de même dû parfois ‘consulter’, mais uniquement des artisans de la médecine, je veux dire ceux qui travaillent et soignent avec leurs mains, sans pilules, sans gélules, sans molécules :

  • Un chiropraticien pour remettre en place ma colonne vertébrale affaiblie par les séquelles de Scheuermann, comme presque tout le monde (si, si, renseignez-vous), et la pratique intensive du sport
  • Des dentistes et des prothésistes (avec l’âge il faut parfois renforcer certaines parties de la mâchoire !)
  • Un chirurgien pour la vasectomie
  • Des ophtalmos pour la cataracte et les 700 points de laser au fond de mon œil valide suite à un décollement de la rétine. Je vous l’ai dit : Que des artisans !
  • Des kinésithérapeutes
  • Un rhumatologue spécialiste de l’aiguille fine pour redresser mes doigts atrophiés par la maladie de Dupuytren. Voir mon texte du 14 octobre :

https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/5405

Seules exceptions,  par obligation :

Un généraliste pour ‘plâtrer’ un pied fracturé

Un autre pour le renouvellement de mon permis de conduire et pour participer au Marathon de l’Engadine à ski de fond, 42 km à l800 m. d’altitude, suite au décès d’un concurrent médecin (authentique) lors d’une édition précédente

 Encore un pour la licence de parapente et un pour celle de montgolfière

Je vous raconterai au prochain chapitre mon entretien téléphonique avec un médecin, pour passer de la montgolfière au dirigeable. Un sketch digne de Coluche, on a bien le droit de rigoler non ?

J’ai tout de même rencontré des médecins… mais sans qu’il s’agisse de soins :

Dr J. le médecin de famille de mes parents, qui fumait comme un four crématoire, bien sûr mort d’un cancer des poumons. A ma mère qui lui demandait comment perdre du poids, il avait répondu : Arrête de bouffer ! Ma pauvre maman avait été choquée par cette soudaine familiarité.

Dr W. un ami de jeunesse avec lequel j’avais fait pas mal de sport, mais jamais consulté comme praticien. J’ai pris contact avec lui, dès mes 70 ans, pour valider mon permis de conduire, des retrouvailles sympas pour évoquer des souvenirs à vélo et à ski de fond. Il s’étonnait que je n’aie pas de médecin traitant. Ma réponse : « Je veux mourir en bonne santé » l’avait un peu secoué, mais il a eu une réaction pire quand je lui ai dit que je ne voulais rien savoir d’éventuelles pathologies qu’il pourrait découvrir et que, de toutes façons, il était exclu que j’adhère au club des bouffeurs de pilules !

Il y a aussi eu le Docteur X, rencontré au Club Alpin, qui avait insisté pour que je me rende chez un confrère, célèbre cardiologue, intéressé de voir un sportif entraîné pour comparer certaines données avec ses patients habituels, souvent âgés, convalescents, cachectiques, au souffle court et la ‘pompe’ faible. J’accepte, et c’est en slip, bardé de sensors sur tout le corps, que je monte sur le tapis roulant pour un léger trottinement. A la vue dubitative du grand ‘chaman’, je lui suggère de ‘mettre un peu de gomme’. Il me conseille de me tenir aux barrières latérales. J’éclate de rire et c’est un peu vexé qu’il pousse le potentiomètre de l’engin au maximum, ce qui ne devait pas lui arriver souvent.

Et moi de courir, très à l’aise, bien sûr sans appui. Après plus d’une minute de ce régime les cadrans s’animent un peu pour indiquer 130 pulsations, et je lui dis qu’il faudrait doubler la vitesse du tapis, déjà à fond, pour arriver aux 180 pulsations d’un sprint à pied, à vélo ou à ski de fond !

Sa conclusion : A ce régime, mes patients habituels, relevant souvent d’opération et de transplantation du cœur, auraient depuis longtemps passé l’arme à gauche, mais un immense merci d’avoir accepté de vous soumettre à cette séance!

Comme promis, il y aura une suite, un sketch pour rigoler en peu, avec le médecin chef de l’Office fédéral de l’aviation civile…

La maladie de Dupuytren aux doigts… et presque à l’oeil!

Une petite pause dans mes récits d’Une vie de borgne, pour vous alerter au sujet de certains excès de la chirurgie, surtout si vous deviez être confrontés à une situation que j’ai vécue!

 

Ayant souffert de la maladie de Dupuytren il y a une dizaine d’années, je m’autorise quelques considérations personnelles sur le sujet. Premièrement sur la méconnaissance d’un traumatisme qui se soigne, depuis 1979, en deux temps, trois mouvements et quelques petits coups d’aiguille indolore, un traitement mis au point par les rhumatologues de l’Hôpital Lariboisière de Paris. Je vous en parle pour prévenir ceux à qui la faculté essaiera bien sûr de recommander une douloureuse et coûteuse intervention chirurgicale

Vox populi vox Dei, dit-on. M’autorisez-vous : «Vox populi… vox abruti» ? Je sais, ce n’est ni gentil ni latin, mais c’est  la réalité, avec cette photo de mes deux mains avant et après l’intervention, ce qui m’autorise à m’exprimer sur le sujet non?

Précision: Les photos sont prises chaque fois le matin et le soir de l’intervention. Le premier qui me parle de Photoshop, je lui botte les fesses…

S’agissant de la maladie de Dupuytren  (Une fibromatose de l’aponévrose palmaire moyenne dont l’évolution aboutit à une rétraction des doigts en flexion), je pourrais écrire un livre sur tous les «scientifiques» qui m’ont gonflé «les choses de la vie» avec leur absence de connaissances du sujet.

Liste pas du tout exhaustive des perles circulant sur le thème:

1º Dans ma belle famille de mélomanes, on m’a raconté les aventures de « La Denise », cette sympathique musicienne octogénaire qui a dû apprendre des positions dignes du cirque du Soleil pour continuer à poser ses doigts atrophiés sur son piano chaque fois, je dis bien chaque fois, qu’elle se faisait opérer les mains dans une fameuse et coûteuse clinique de Lausanne.

2º Je suis sorti de la consultation du Dr X., un célèbre spécialiste de la chirurgie plastique reconstructive d’Afrique… enfin  presque puisqu’il est Marocain exerçant à Granada (Espagne) avec un diagnostique disant à peu près : main droite, Dupuytren, stade 3; main gauche, idem stade 4 (le top avant l’amputation, brrr!), 4 à 5 jours d’hospitalisation, réveil très douloureux, rééducation, inactivité d’au moins trois mois après intervention chirurgicale, greffe de peau et, au vu de mon grand âge… aucune garantie de récupérer la rectitude de mes doigts. Coluche aurait dit. ‘Voilà un diagnostique qu’il est bon…’

3º Rencontre, il y a quelques années, sur une terrasse de bistrot, en Suisse, avec un «bon type jovial et tout» qui, au vu de mes phalanges rappelant la prothèse du Capitaine Crochet m’apostrophe, hilare: 

« Ha! Ha! Ha! Dupuytren! »  

Quand on est atteint de cette maladie, l’énoncé du patronyme du Baron suffit à établir des liens de promiscuité avec celui qui était un parfait inconnu, un importun, un cuistre ! 

Il me montre une main apparemment en aussi mauvais état que la mienne. Moi : Et vous allez vous faire opérer ? Réponse: Merde, vous ne voyez pas que je sors de la clinique (oui, cette fameuse clinique lausannoise hyper-méga spécialisée dans la chirurgie des mains). Le pauvre: les doigts crochus que cela vous donne la chair de poule, les stigmates de 27 points de suture et… la certitude de ne jamais guérir et de devoir retourner à Lausanne pour autre chose que  d’y flâner sur les quais !

… une autre… une autre… bon d’accord :

4º Le Dr S. médecin-chef de chirurgie orthopédique de l’Hôpital de N. à qui je soumettais mon problème, lors d’une rencontre qui n’avait rien de professionnelle,  m’a déclaré que bien qu’ayant vaguement entendu parler de cette technique d’aponévrotomie percutanée à l’aiguille fine, il envoyait toujours ses patients Dupuytren chez un chirurgien de la fameuse clinique… 

… encore une ? Bien que vraie vous  aurez de la peine à la croire :

5º Je la tiens de la bouche du même Dr S.  mon voisin, qui a pris des nouvelles de mes mains «réparées». Sourire connaisseur au vu de la favorable évolution de mon état. L’histoire? Le Dr S. venait de croiser dans les couloirs de son hôpital un collègue chirurgien (authentique!) qui sortait de la salle d’opération, en tant que patient à peine opéré… et de quoi je vous demande ? Dans le mille, vous pouvez revenir en deuxième semaine, de la maladie de Dupuytren ! Commentaire désabusé du Dr. S : «Je j’ai pas eu le courage de lui demander s’il avait entendu parler de la technique à l’aiguille fine !» 

Conclusion : L’intervention dite à l’aiguille fine vous permet de rentrer chez vous dès l’intervention (une petite heure) finie, au volant de votre automobile si vous le désirez, vous vous remettez à l’ordinateur le lendemain et à l’établi dans les 72 heures. Ce n’est pas de la propagande, mais une stricte vérité, car je pratiquais aussi bien l’informatique que le travail manuel musclé…

Encore un détail: l’aponévrotomie (l’intervention sympa à la petite aiguille) coûte de 10 à 15 fois moins cher que l’aponévrectomie (intervention chirurgicale classique)… un détail qui a son importance pour un type comme moi, qui n’avait aucune assurance! Véridique. 

Deux précisions: Qu’il s’agisse d’intervention chirurgicale lourde ou du simple traitement à l’aiguille fine, il y a de fortes chances de récidive. Seule différence: après la chirurgie vous ne pouvez pas passer à l’aiguille fine. J’ai eu deux récidives, chaque fois soignées (définitivement!) à l’aiguille.

Autre chose: Il ne faut pas tomber dans une confusion que j’ai souvent entendue: la maladie de Dupuytren n’a rien à voir avec les problèmes de tunnel carpien. Il fallait le dire!

Vous avez des questions? Il vous suffit de taper ‘maladie de Dupuytren’ sur ‘gogol’ pour trouver la liste des praticiens (généralement des rhumatologues et non des ‘charcutiers’) de votre contrée.