Célébrons!

Oui, célébrons la fin de cette première semaine d’une quasi liberté retrouvée…

Ne sachant pas si l’enthousiasme va perdurer, il faut profiter de fêter le moment présent, mais restons vigilants et prudents face à ce virus de merde!

Je répète les gestes barrières: Se laver les mains, distance entre les humains… j’en oublie? Ah! Oui: Garder le sourire. Dont acte:

Postulant que vous ne viendrez pas en Andalousie cet été et que vous risquez d’oublier vos cours d’espagnol, voici deux petits stripes de dessinateurs peu connus, avec mes affectueuses excuses à l’ami Sansón, ma référence habituelle!

 

Le premier est de Ramón:

Ramón

« Il faudra bien concilier la lutte contre la pandémie avec la récupération économique! »

 » Ou tu prends le risque de contracter le virus N°19… Ou tu prends le risque de mourir de faim… mais en parfaite santé! »

 

Ce dessin est d’un autre collaborateur de mon quotidien, qui signe ‘Idigoras y Pachi’

EXz8TqjXkAMJCto

Une voix qui « vient d’en haut (Sic) »:

« Vous avez fait tout faux!! »

« Et comme ça? C’est mieux?« 

 

Parmi vous, mes lecteurs fidèles, certains sont aussi abonnés à mon blog consacré à l’automobile des années 60/70. Je prépare la dernière partie d’un triptyque d’hommage à Stirling Moss, un pilote exceptionnel qui vient de décéder, dans son lit, à passé 90 ans. 

Au temps des automobilistes   https://histoiresdautomobilesetdemotocyclettes.com

 

 

 

 

 

Le Grand Prix de Monaco !

On peut se foutre tout, même de la Formule 1, sauf si on a été professionnel dans la branche. Pour moi, alors que l’histoire s’estompe dans les limbes du passé, le Grand Prix de Monaco reste un incontournable !

Celui de ce week-end ravive un souvenir dans lequel intervient le regretté Niki Lauda. Et c’est précisément ce matin, que mon quotidien espagnol publie ce ‘strip’ de mon ami Carlos Hernández :

Foot.jpeg

« Ma théorie est que c’est grâce à ces champignons (des Amanita Muscaria N.d.T) que nous avons développé l’intelligence humaine » 

« Je crois que tu devrais en manger un peu plus! »

Vous comprendrez que je ressorte pour vous un commentaire désabusé du triple champion du monde autrichien que j’avais partagé le 28 mai 2017 dans mon blog

Au temps des automobilistes https://histoiresdautomobilesetdemotocyclettes.com

 Grand Prix de Monaco de Formule 1

Je regarde RTL Allemagne pour le professionnalisme du journaliste Florian König accompagné du pertinent Niki Lauda, triple champion du monde de la spécialité, qui n’a pas la langue dans sa poche.

Pendant qu’ils présentent le plateau de départ passe une « célébrité » comme il y en a pléthore à Monaco. König se précipite et tente d’obtenir un commentaire en direct. On lui fait comprendre que la demande est refusée. Question de Lauda : Et qui était « ce monsieur » ? König a peine énervé : « Mais c’est Jérôme Boateng ! » « Pour qui se prend-il? Et que fait-il dans la vie ? » « Mais voyons Niki c’est un joueur fameux de la Mannschaft ! »

Et Lauda de conclure : «  Un footeux… alors ça explique sa politesse ! »

Rien a ajouter!

 

 

Passez un bon week-end, devant ou très loin de votre abrutisseur couleur!

 

Ma mère aurait dit : Encore des vieilleries !

Cette ‘vieillerie’ je l’ai découverte alors qu’elle était encore une nouveauté, en première mondiale ! Il s’agit de la Simca 1100. Voilà qui ne nous rajeunit pas hein ?

Cette anecdote parle d’automobile, donc ne vous étonnez pas de la retrouver dans mon blog Au temps des automobilistes! Non je ne radote pas encore.

1967 Présentation de la Simca 1100, première traction avant de la marque, suspension souple «à la française», confort, bon moteur et tenue de route remarquable pour l’époque. 

La Simca 1100

Simca avait invité la presse par vagues de 30 journalistes sur la Costa Esmeralda en Sardaigne. Avion, séjour et loisirs compris. Tiens! J’ai un souvenir: L’aérodrome d’Olbia était en gazon et notre turbo prop Nord 262  avait tourné au-dessus pendant 20 minutes car un berger courait dans tous les sens, chassant son  troupeau de moutons. 

La Simca 1000

A notre atterrissage une Simca 1000 attendait chacun comme voiture de service pendant notre séjour. On ne parlait pas encore de crise… Nous étions logés dans les ‘suites’ luxueuses du complexe touristique de Karim Aga Khan, avec repas gastronomiques et même un Riva Tritone à disposition pour les amateurs de ski nautique. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut se faire tracter par les 350 CV des deux moteurs Chrysler V8 d’une embarcation qui vient de se vendre chez Sotheby pour 403’000 euros.

 

Bref, séjour de rêve. The end.

Quelques semaines plus tard Edouard Seidler, fameux écrivain de l’automobile nous racontait hilare son rendez-vous à Paris avec le grand patron de Simca qui, avec un clin d’oeil égrillard, lui avait demandé:

« Content de votre séjour à Olbia?»

Le très sérieux Seidler: «Oui ! Excellent séjour, encore merci!»

«Et les soirées… et les nuits?»

«Oui très bien, bonne gastronomie, grandes chambres et lits confortables!»

« Ça je n’en doute pas mon ami Edouard mais je voulais juste savoir si les soirées se terminaient… agréablement ?»

«Bien sûr, mais rien de spécial… Pays catholique, rigueur, sérieux!»

«COMMENT RIEN DE SPECIAL? Et les hôtesses?»

« Quelles hôtesses ?! »

C’est vrai que Simca avait bien fait les choses, même engagé des «escort» avenantes pour que notre séjour soit le plus agréable possible. If you see what I mean. Mais pendant la mise en place de la présentation quelques jours avant notre arrivée les collaborateurs de Simca avaient mis toutes les ‘Barbies’ dans leur plumard!

Nous pensions qu’ils avaient eu la chance d’emmener leurs petites amies, nous contentant de «regarder» les autochtones peu excitantes dans leur costume traditionnel bicolore noir et noir, genre scapulaire de moniales enveloppant au point de dissiper toute velléité libidineuse….

A la suite de cette affaire il paraît que quelques organisateurs ont été remerciés ! Que font les syndicats ?

A défaut d’avoir pu vous donner les mensurations des ‘escorts’ que nous n’avons pas pu ‘prendre en mains’ je vous donne les caractéristiques des voitures que nous avons ‘essayées’ en leur faisant ‘monter les tours‘ :

Moteur 4 cylindres, 1118 cc, 60 CV, 4 vitesses, 900 kg. 

Un scan de l’Année Automobile N° 15 de 1967, une photo dont je suis l’auteur !

 

 

Frontière ça rime avec chicanière ?

Il y a longtemps que je ne vous ai pas importuné avec un texte sur l’automobile de compétition mais cet après-midi il y avait le Grand Prix d’Espagne de Formule 1… Alors dans la série : Les mémoires d’un directeur d’écurie de course automobile lisez plutôt !

La course se déroulait au Salzburgring. Je dormais déjà dans un confortable hôtel de la ville de Mozart. Minuit. Téléphone ! Les mécaniciens de mon équipe qui ne parlent pas un mot d’allemand sont bloqués à la douane du Brenner et il va donc falloir quitter mon doux Requiem pour faire 120 km à des vitesses que la morale et la loi réprouvent, pour dénouer ce sac de nœuds. Merde alors !

Georges Filipinetti, mon patron, avait des principes : toutes ses voitures de course, de la simple Tourisme à la Formule 1 étaient immatriculées. Il obtenait des plaques GE (Genève) sans que ses bolides n’entrent jamais sur le territoire de Calvin. C’est beau d’être ambassadeur de San Marino auprès de l’ONU, d’avoir des relations… et quelques arguments financiers. Il évitait ainsi d’avoir à verser des sommes colossales comme garantie douanière ou de constituer des triptyques aussi chiants que générateurs de tracasseries administratives !

Il y avait parfois des complications. Au Brenner ce fût le cas ! Nous sommes tombé sur un douanier porteur d’œillères (pléonasme !) mais le seul gabelou d’Europe connaissant bien son sujet! Règlement à l’appui nous venions d’apprendre qu’en ce temps là une voiture, qu’elle fût de course ou de route, sur une remorque, devait avoir un passavant ou un triptyque. Si elle était immatriculée elle pouvait passer sans ces documents douaniers, mais sur ses roues! Point final. Dans le cas qui nous occupe et au vu de l’esprit borné des cerbères autrichiens, j’ai fait en sorte que la farce tourne franchement au vaudeville et j’en ris encore. Il est deux heures et demie du matin.

« Donc les deux voitures, des Fiat 128 de Groupe 2, de plus de 160 CV,  échappement libre, doivent passer sur la route? » « Ja wohl! » « Kein Problem ! »

Nous basculons les rampes d’accès du camion, de sa remorque et déchargeons avec précaution les deux bolides. Un mécanicien dans l’une et votre serviteur, trop ravi de l’aubaine, dans l’autre. C’est vrai qu’à ce moment précis, je me prenais pour Juan Manuel Fangio, Jackie Stewart et même pour le bébé qui allait se faire connaître plus tard sous le nom de Michael Schumacher ! Moteur ! Je devrais dire MOTEUR ou même MOTEUR ! Vous avez compris le gag. Vroum Vroum Vroum Vroum et VROUM VROUM !

Le Salzkammergut et le St. Wolfgang See tremblent … l’Auberge du Cheval Blanc se lézarde ! C’est un enfer nocturne de décibels dans ce bucolique havre de paix tyrolien ! Le douanier :

«Bon, ça suffit… ces voitures ne sont pas conformes !» «Si, si, vous voyez bien qu’elles sont immatriculées, ont une carte grise, donc ‘légales’… et c’est même pourquoi vous nous les avez fait décharger!» «Mais passez donc cette frontière et qu’on en termine avec ce vacarme!» «Désolé, mais ce genre de moteur nécessite d’être longuement chauffé avant de pouvoir fonctionner sans dommage pour la mécanique, un peu comme si vous pensiez bricoler votre épouse Brunehilde sans faire les indispensables échauffements préliminaires!»

Revroum vroum et même, pendant plus de 3 minutes, vroum VROUM !

«Bon les gars, assez rigolé, les moteurs sont à la bonne température et surtout… mon lit douillet de Salzbourg m’attend».  Alors gaz!

Sur ce genre de machines, pas question de chercher le point de friction de l’embrayage comme on vous l’a enseigné à l’auto école car il «cramerait». Il faut coller les disques en lâchant la pédale d’un coup. Comme on ne va pas risquer de caler devant ces messieurs de la Douane, on maintient le compte tours à 7000 tours/minutes et le départ d’Italie s’effectue comme à la télévision, dans un formidable tintamarre, une scène digne de la chevauchée des Walkyries ou de Easy Rider avec nuage de fumée, odeur d’huile surchauffée de pneus et de bitume brûlés. Les deux voitures accélèrent en un  burning parfait et on plante les freins 40 mètres plus loin… en Autriche ! La douane est passée légalement. Ouf ! On recharge les voitures. On salue les hommes de la loi frontalière, trop heureux de voir s’achever le dernier acte de ce charivari Dantesque et Wagnérien et pour ce qui me concerne : Direction l’hôtel de Salzburg pour terminer cette nuit mozartienne au son de la Kleine Nachtmusik, version racing 130 décibels.

Ach wie schön sind die Träumen! Gute Nacht! Vroum Vroum Vroum…

Il y a toujours une solution napolitaine !

Né en 1931 l’ingénieur automobile Michael Parkes, était le concepteur de l’Hillman Imp, première voiture anglaise à moteur arrière. Il s’est tué ‘sur la route’ en 1977. Adios Mike mon ami.

Il fit ensuite toute de sa carrière en Italie, notamment en tant que pilote de Formule 1 chez Ferrari. Il a terminé sa carrière comme Directeur technique de la Scuderia Filipinetti que je dirigeais au plan sportif. Nous avions bureaux d’études et ateliers à Formigine, dans la banlieue de Modène, à quelques encablures de Maranello le sanctuaire de Ferrari. A chaque question, commentaire ou objection du ‘P’tit Suisse’ propre en ordre et respectueux des normes, il me disait :

 Tout problème a sa solution napolitaine !

Si une voiture ne respectait pas la norme minimum de garde au sol « l’ingeniere » attirait l’attention des commissaires sportifs en signant des autographes (Eh ! Un pilote célèbre ça peut aider !) et pendant ce temps trois mécaniciens et votre serviteur poussions le prototype au contrôle technique, profitant du manque d’attention des officiels  pour soulever tous ensemble, discrètement, la carrosserie aux passages de roues lors du test de gabarit. La voiture ne touchait pas la cale et la garde au sol était respectée !

Si un prototype était refusé à un contrôle à Monza… Bon c’est un mauvais exemple: Une voiture présentée par l’ingénieur Parkes n’était jamais refusée en Italie ! Mais c’est pourtant vrai que le prototype Ferrari 512F avait été refusé aux 24 Heures du Mans car inférieur de 35 kg au poids minimum admis pour cette catégorie. Nous avions repassé le contrôle plus tard (nous observions le tournus des changement de commissaires !) avec une voiture aux normes pondérales…

Votre serviteur avait entraîné sa tronche pessimiste pour déclarer: « Quelle merde cette voiture… jamais elle va terminer la course: elle consomme autant d’huile de que d’essence! ». Nous avions ajouté une lourde caisse à outils cachée tout au fond de l’habitacle, près des pédales, ajoutant encore une quinzaine de boîtes d’huile bien visibles réparties dans l’habitacle. Pour les non initiés, sachez qu’un prototype laisse au pilote autant de place qu’une Formule 1. Il aurait été tout simplement impossible d’entrer dans cette voiture avec la caisse à outils et les boîtes d’huile mais les ‘chefs’ étaient trop occupés à se faire photographier avec Mike Parkes et le jour de la course il n’y avait pas de contrôle. Votre directeur sportif préféré pouvait reprendre sa mine normale de bon type en pleine confiance pour la course même si cette voiture pilotée par Mike Parkes et Henri Pescarolo n’a pas terminé les 24 Heures du Mans 1971.

Autres temps, autres mœurs !

P.S. J’ai fait quelques tours du circuit de Monza dans cette voiture. Je vous raconterai l’histoire une autre fois!