Une histoire de ‘vin aigre’… mais plus ‘aigre’ que ‘vin’!

Avant de partir nous réchauffer près de la Méditerranée  voici un petit texte qui rejoindra ma page: La rubrique ‘ethno’

Nous venions d’arriver en Andalousie, dans un hameau de la « Contraviesa Granadina »

Tout en haut de la liste de nos préoccupations pour survire dans ce pays, qui n’était alors pour nous qu’une contrée du ‘tiers monde’, il y avait bien sûr la recherche d’un point de ravitaillement en ‘vino tinto’ ! Et ça vous étonne ? Et si je vous dis que nous vivons dans cette partie de l’Espagne depuis 25 ans… ça vous étonne aussi non ?

C’est au moins la preuve que nous avons une certaine prédisposition à l’acclimatation. Aidés que nous fûmes par la gentillesse des natifs et leur sens de l’hospitalité, nous avons fini par mieux les connaître. Et eux aussi ont appris une certaine manière de voir les choses propres à notre culture du Nord. C’est ça l’échange, la découverte des autres (dans les deux sens !) et la convivialité. (Le premier qui parle de communautarisme… je lui botte le cul !)

Voici l’histoire :

On nous donne une adresse dans une bourgade en bord de mer, où on vend du vin de la région. Que je vous dise tout de suite qu’il s’agit de ‘Vino costa’, un vin du terroir ni rouge, ni blanc… mais une sorte de rosé ‘fourre tout’ qui ne mériterait même pas la qualification de vin en d’autres lieux ! Mais vous connaissez l’adage : Faute de grives…

Le vernaculaire nous emmène dans sa cave. Il ouvre ‘una garafa’ de 10 litres, remplit trois verres, deux pour nous et un pour lui. Nous trempons les lèvres sans conviction, goûtons avec un peu moins de méfiance et finissons par trouver le liquide ‘comestible’… sans plus !

Le vigneron ‘recape’ nos verres mais ne se ressert pas, justifiant cette abstinence ponctuelle par une prescription ‘matrimoniale’ à savoir que sa femme lui interdit de déguster plus d’un verre par visite de sa cave…

Retour dans notre village d’altitude avec ‘una garafa’ et dégustation en famille. Pouah !

Du vinaigre pur… je pèse mes mots.

Retour chez le producteur avec un ami du village, bon connaisseur des usages de la région.

Peu habitué à des retours de marchandise le vigneron, la mine un peu crispée, nous reçoit avec ses deux beaux-fils. Nous sommes donc 5 à attendre l’ouverture de notre ‘garafa’. Dégustation !

Le patron commence, boit une gorgée, fait une moue imprécise quant au ressenti à l’ingestion du liquide. Puis les deux beau-fils : même expression vide, échappant à toute obligation de qualifier breuvage.

Vient mon tour. Je suis mauvais acteur et incapable de dissimuler ma réaction à l’ingestion de ce vinaigre. Pouah ! Imbuvable.

Toujours entouré de visages impassibles, je demande à mon ami du village de s’y coller. Il boit son verre d’un trait. Aucune réaction en faveur ou en défaveur, mais un commentaire édifiant : « Bon, ce n’est pas ce que j’ai bu de meilleur mais tu sais… ici nous sommes habitués à boire bien pire ! »

A la fin de la séance d’appréciation du liquide le vigneron est bien obligé de se justifier. Tenez-vous bien, vous allez encore me traiter d’affabulateur mais jure que son propos est authentique :

« C’est vrai que j’avais constaté que le vin d’une ‘garafa’ n’avait pas très bon goût mais, afin de ne pas perdre les 10 litres (personnellement je continue à parler de vinaigre !) j’ai réparti le contenu en l’ajoutant, en petites doses, dans les autres récipients de ma cave ! »

L’imbécile (y a-t-il un autre mot ?) avait mis du vin vinaigré dans les autres récipients, contenant du vin jusque là probablement buvable. Résultat : Un stock complétement contaminé à l’acide acétique…

Vous étonnerais-je en disant que j’ai refusé qu’il me remplace la carafe, préférant récupérer mon premier (et dernier !) investissement dans « cette viticulture de très haute réputation».

Allez, j’élimine le mauvais goût que l’évocation de cette ancienne histoire provoque virtuellement dans ma bouche, en me rinçant les papilles avec une bouteille d’un excellent Albariño, un blanc des Baixas Bajas de Galicia !

 

 

 

 

 

 

J’ai échappé à l’opération !

Ceux qui suivent mon blog savent que pour célébrer avec un peu d’avance mon entrée dans le quatrième âge (!) je me lance dans une aventure originale. Je viens de terminer un manuscrit de plus de 100 pages et vais partir dans 10 jours quelques semaines en Suisse, tenter de trouver un éditeur. Pour ceux qui auraient ‘manqué le début’ sachez que né borgne et n’ayant jamais accepté mon handicap j’ai eu une vie sortant de l’ordinaire… c’est le moins qu’on en puisse dire.  J’ai donc compilé les vicissitudes de l’existence d’un demi voyant! C’est vrai qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de borgnes qui ont piloté leur moto à 285 km/h, des voitures de près de 500 CV à 320 km/h, fait des expéditions en Laponie et en Alaska, plus de 350 km à ski de fond dans le grand Nord à des températures de moins 38°, de la haute montagne jusqu’à 7600 m. d’altitude sur le pentes du Cho Oyu un des quatorze 8000 m de l’Himalaya, après avoir parcouru, à l’ancienne, 450 km à pied en 34 jours de marche d’approche, qui ont piloté des parapentes, des montgolfières et des dirigeables. Il faut encore ajouter quelques dizaines de milliers de kilomètres à vélo de course, des milliers de kilomètres à ski de fond, des Hautes Routes de Chamonix à Zermatt avec skis et peaux de phoque et même titulaire d’un brevet fédéral de professeur de ski avec une patente vaudoise!

J’ai sans modestie décrété que cette trajectoire avec un seul oeil méritait d’être racontée. Dont acte, mais je suis toujours à la recherche d’un éditeur d’ou mon escapade prochaine sur les rives Lémaniques.

Le 31 juillet passé, sous le titre « Je tiens parole » vous avez pu lire ici même quelques ‘bonnes feuilles’ de mon futur livre. Je récidive avec une seconde ‘livraison’ avant de mettre  mes activités épistolaires en veilleuse pendant un certain temps!

Bonne lecture et merci de vous tenir les pouces pour la réussite de mon entreprise.

A bientôt

 

Quelques lignes de mon projet de livre qui pourrait s’intituler: 

Le cyclope qui pensant avoir deux yeux et qui a réussi sa vie avec un seul !

Ce titre provisoire est un ‘Clin d’œil’ c’est le cas de le dire, à Arto Paasilinna un écrivain finlandais truculent, spécialiste des titres originaux.

  

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J’avais 6 ans.

Mon père avait pris rendez-vous à Lausanne à l’Hôpital ophtalmologique qu’on connaissant alors sous le nom d’ASILE DES AVEUGLES, ce qui n’encourageait pas de s’y faire ‘tripoter’ un unique œil valide.

 

En ces temps préhistoriques des traitements oculaires on pratiquait déjà un test basique que ceux qui ont fait un examen de la vue connaissent : On vous montre une scène avec un animal et une cage. Il s’agit de faire entrer l’animal dans la cage. C’est très simple… mais impossible pour moi ! 

C’est du reste pourquoi je n’ai jamais pu goûter à ce jeu très en vogue du temps de mon enfance :

image.png◀︎  Le stéréoscope View Master.

Ce ‘gadget’ permettait de comprendre le phénomène de la perception du relief grâce à la superposition de deux images, prises du même sujet ou paysage mais sous deux angles différents mais bien sûr destinés à ceux qui ont deux yeux !

Revenons à la réception à l’Asile des aveugles où nous sommes accueillis par un ophtalmologue en blouse blanche (En 1947 on n’avait pas encore pensé au vert pour les blouses des toubibs, couleur plus avenante et tranquillisante pour le patient !) Il nous donne quelques détails que je n’ai jamais oubliés sur le déroulement de l’opération. Je revois encore une inscription à la craie sur une sorte de tableau de couleur verte, vous noterez la précision de mes souvenirs qui ont hanté mes jours et mes nuits à la suite de cette visite à ‘La Mecque des yeux lausannoise’ ! Le titre du tableau était « Opérations » et l’inscription unique : Norbert Duvoisin  08:00 avec la date du lendemain…

Mon père : « Y a-t-il des risques ? » « Très peu, c’est une opération assez banale : On pratique deux petites incisions, une de chaque côté de l’œil, on fait deux coupes du muscle oculaire, on ‘tire’ depuis l’extérieur pour redresser le strabisme, on suture et voilà le travail ! Le seul inconvénient serait qu’on perde le contrôle de l’œil et qu’il tourne sur lui même… A 6 ans nous avons des souvenirs précis et pour ceux qui pensent que j’affabule au sujet de cette ‘énormité’ attendez, ce n’est pas terminé ! A la stupéfaction de mon père le professionnel minimise les conséquences de cet éventuel très rare échec de la manœuvre : « De toutes façons ça ne changerait pas la vie de votre fils puisque cet œil ne voit pas ». « Donc vous dites que cette opération ne corrigerait pas sa vue ? » « Non, bien sûr, il ne s’agit que d’une opération esthétique de suppression du strabisme en vue d’améliorer son confort de vie ! »  Vous me permettrez de douter d’une amélioration de confort avec un œil retourné… La suite est encore plus présente dans la mémoire du gosse que j’étais: Après le renoncement de mon père à cette inutile charcuterie ‘médiévale’ je revois notre interlocuteur saisir une éponge et effacer mon nom du tableau. Ouf !

 

Un facteur à poil !

J’ai été peu disert ces derniers temps mais me justifie : Nous sortons d’une longue période de vacances et j’attendais la rentrée pour publier à nouveau.

Il faut dire que les vacances, que ce soit peu ou beaucoup, nous y avons pratiquement tous eu droit. La rentrée, en revanche, ne concerne pas tout le monde. Hé hé ! Les retraités ne rentrent jamais de vacances puisque ils n’en ‘branlent pas une’ toute l’année.

Donc Akimismo, le retour… provisoire avant de repartir en voyage, avec un facteur un peu spécial, une histoire que les accros du smart, du net et de la connexion perpétuelle auront de la peine à croire… Elle est pourtant véridique !

Au début du XXème siècle, il y eut un facteur nommé Cheval (Ferdinand et son fameux Palais idéal) à Hauterives dans la Drôme mais moi je vais vous parler de notre  ‘facteur Chien’, précurseur de DHL, ChronoPost, UPS et FedEx. Ce berger écossais se nommait Néri (vous vous souvenez de Lassie). Chez nous il fonctionnait comme agent de liaison.

Dans les années 40-50 mes parents habitaient à 850 m. d’altitude sur les flancs du massif du Jura. Mes grand-parents vivaient dans un village près du Léman, à 400 m. d’altitude. Les deux patelins sont distants d’une douzaine de kilomètres… un peu moins en coupant à travers champs, précision importante pour mon histoire!

Nous n’avions bien sûr pas de téléphone. Mes grand-parents non plus, re-bien sûr! Comment les prévenir de notre projet de visite dominicale ? Mon père qui pendant sa carrière de douanier avait eu une formation de conducteur de chien a l’idée d’écrire une note annonçant notre visite le jour suivant, glissée dans une boîte métallique genre étui à pilules d’avant l’invention du plastique…
Il l’attache avec un ruban bien visible au collier du ‘toutou’ afin d’attirer l’attention des destinataires.
«Neri… Va chez le ‘pépé et la mémé’»
Après plusieurs répétitions de l’ordre le chien remue la queue et disparaît à grande vitesse. 
Trois heures et quelques plus tard, «l’empoilé» jappe derrière la porte. Il est essoufflé d’avoir couru 20 km avec en tout 800 mètres de dénivelé mais quelques quelques friandises plus tard son pouls était revenu aux normes. La boîte miracle contenait un accusé de réception des grands-parents nous communiquant leur joie de revoir ‘les jeunes’.
Nous avons eu de nombreuses fois recours à cet avatar du Pony Express pour communiquer avec la famille, chaque fois avec succès. 

Alors vous comprendrez que les techniques sophistiquées actuelles de communication ne parviennent pas à m’impressionner…

 

 

Devoirs de vacances (3)

Nos vacances continuent… désolé pour vous, les non encore retraité(e)s!

Depuis la Galice, au bord de l’Océan atlantique, nous sommes voisins de ‘campingcaristes’  passant plus de la moitié de l’année dans leur véhicule. En matière de retraite «y en a qui ont tout compris!»

C’est donc une histoire de camping-car que je vais vous conter: Attablé face au soleil couchant avec un verre d’un liquide de couleur rouge ambrée parfaitement comestible, c’est en regardant l’orifice de remplissage du véhicule voisin que cette histoire me revient…

Il y a des années, dans un camping du Sud de la France, un voisin remarquant nos attitudes de débutants en matière de camping-car nous avait raconté, en ajoutant une mise en garde, ses débuts avec «sa maison à roulettes» .

Au premier remplissage du réservoir de gazole, faisant fi des recommandations de sa femme (Ouais… je sais ce que je fais, occupe-toi de tes affaires!… c’était un vieux couple!).

Il s’était tellement occupé de ses affaires qu’il avait balancé 75 litres de carburant Diesel dans le réservoir… D’EAU, normalement potable!

Je vous passe l’inévitable scène de ménage pour revenir aux suites de cette légère erreur:

 Vidange, rinçage, re-rinçage… l’eau était toujours parfumée au fuel!

Puis nouveaux rinçages avec ajout de produits que son droguiste lui avait vendu au prix fort.  Les effluves d’hydrocarbures subsistaient!

L’histoire a duré plusieurs semaines et l’ambiance familiale était loin de s’améliorer malgré l’usage de produits tous plus miraculeux les uns que les autres… Pourtant l’eau semblait toujours provenir directement d’Arabie Saoudite!

Il me montre alors le chiffre «13» (Bouches du Rhône) de l’immatriculation de son véhicule, ajoutant: «Peuchère, je suis de Marseille et j’ai utilisé le recours de la dernière chance: UN LITRE DE PASTIS DANS LE RESERVOIR, rinçage, un nouveau litre de pastis et l’odeur nauséabonde avait totalement disparu!»

En conclusion de cette histoire de vacances je soupçonne mon truculent voisin de l’époque d’avoir utilisé un troisième litre de pastis… en ingestion bucco-stomacale. On n’est jamais trop prudent!

A ta santé le digne descendant de Panis, Marius et Escartefigue!

Akimismo le retour !

Avec mes affectueuses excuses pour celles et ceux qui me font l’honneur de suivre mon blog car je vous ai un peu délaissés (et délaissées ce qui est pire !). Mais rassurez-vous, le pamphlet dithyrambique, le non politiquement correct, les coups de gueule et prises de position iconoclastes, la distillation de fiel contre les smart phones… et ‘toutes ces sortes de choses’ vont bientôt revenir. Vous ne perdez rien pour attendre.

Et pourtant je n’ai pas été inactif !

Arrivé à un âge qu’on dit avancé, prenant conscience de l’incroyable trajectoire de ma vie tumultueuse, originale, déjantée, gratifiante, sportive, amoureuse… donc pleine de risques (!)

le tout avec un seul œil

j’ai décidé de partager mes expériences par la rédaction de ce qui pourrait devenir un livre, en me mettant à nu pour parler de la vie d’un borgne. Je pense à un titre dans le style du truculent écrivain finlandais Arto Paasilinna genre :

LE CYCLOPE QUI CROYAIT AVOIR DEUX YEUX

Je disserte sur une pathologie (n’ayons pas peur des mots !) intéressant ceux qui me ressemblent mais aussi les professionnels de l’ophtalmologie et les jeunes borgnes ou les paumés dans la déshérence qui se posent des questions pour leur avenir. Bon, j’avoue que je suis aussi à la recherche d’un éditeur disposé à s’engager avec moi pour ma première… et probablement dernière expérience littéraire. Comme je ne fais pas confiance aux ‘copieurs-colleurs’ de Facebook je mets une partie de mes espoirs dans ce blog qui est ‘mon’… ‘notre’ réseau social.

Je vous tiendrai au courant de l’évolution de ce challenge et publierai parfois quelques ‘bonnes feuilles’ de mon manuscrit en vous remerciant de me supporter ! Tiens, on  peut ‘supporter’ quelqu’un de deux manières : à l’anglaise, en l’aidant ou à la française, en le tolérant. Choisis ton camp camarade disait Coluche !

Vous pouvez me joindre à la rubrique contact de ce blog mais aussi, plus discrétement, par courriel à :

akimisblog41@gmail.com

P.S. Je n’ai pas besoin d’argent et cette démarche n’a rien à voir avec une quelquonque demande de fonds. Je tenais à le préciser au vu des douteuses collectes qui circulent sur le ‘net’.

Pour me faire pardonner ce long silence, voici un clin d’œil (Clin d’œil… suivez mon regard !) d’actualité de mon ami le dessinateur Sansón. Chez les Ibères la politique est un vrai bordel… donc bien sûr rien à voir avec la situation parfaite en France et en Suisse !

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« Si les récents élus du gouvernement se divisent en deux tendances opposées, tôt ou tard il faudra nous prononcer pour l’une ou l’autre ! »

« Quel désastre… Moi qui me suis affilié à ce parti justement pour ne pas avoir à choisir entre deux tendances opposées ! »