Nouvelles de notre Jurassic park ?

Le 20 avril je vous parlais de mes ‘crocodiles chéris’… en fait des gros ‘lagartos ocelados’ ou lézards ocellés (plus de 60 cm de long, les plus grands d’Europe). Pour mémoire : https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/4377

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Nous vivons dans une réserve naturelle au fin fond de l’Andalousie et nos ‘animaux de compagnie’ sont : Alma, notre chienne basset hound, un chat à moitié sauvage, des loriots (ces zoziaux aussi jaunes qu’une Renault de Formule 1), des pics (que l’on voit parfois avec de la patience… et surtout qu’on entend : tac tac tac tac… et re tac tac tac, même de dimanche matin, que font les syndicats !), des aigles royaux (pas trop près, merci pour nos lézards), des milans royaux et des gypaètes barbus nommés ici ‘quebranta huesos’ (briseurs d’os) , des ‘cabras montès’ (proches parents ibériques des bouquetins des Alpes), des Grands guêpiers d’Europe multicolores, abondants ici mais en voie de disparition en France, des salamandres, des cigales (un peu bruyantes pendant la sieste), des pies bleues inconnues hors d’Espagne, dont je vous parlerai un jour de pluie (gag !) et des volatiles nocturnes comme le grand, le moyen et le petit duc, la chouette hulotte, et j’en passe !

Voici quelques nouvelles récentes de nos ‘lagartos ocelados’, mais peu de photos, je vous expliquerai plus loin l’intervention non désirée d’un assistant du nom de Murphy, oui celui de la loi qui porte son nom !

Les deux gros reptiles, dont je vous ai parlé dans mon blog d’avril, ont quitté leurs terriers, puis sont revenus, sont repartis, sont revenus encore. Ils vivent leur vie de chasseurs, de reproducteurs mais passent souvent nous faire un petit bonjour !

Comme chaque année, nous avons en pension un ou des jeunes de l’année ou de l’an dernier. Difficile de connaître leur âge car ils ne sont adultes qu’à trois ans.

Celui de cette année ne s’effarouche pas alors que nous continuons nos activités habituelles. Ma femme lui réserve, (un jour sur deux, faut pas qu’il s’habitue à l’assistanat et en oublie de chasser…), fromage, jambon, poulet, même des miettes de viande de bœuf. Elle a réussi à lui apporter la ‘tapa’ du jour en face à face et notre pensionnaire venait prendre les friandises au bout de ses doigts. Authentique !

Je voulais vous faire assister à la scène et nous avions préparé une mise en scène pour réaliser la vidéo du siècle : Cornelia donnant la becquée au reptile. Plusieurs répétitions avec une docile complicité de notre saurien, installation du trépied, réglage du Canon D70 et mise au point du télé de 400. Il ne manquait plus que « Silence on tourne, moteur »

Et c’est là que ce salaud de Murphy a tout foutu en l’air…  c’est précisément le jour du tournage que notre lézard a choisi de déménager de l’autre côté de la maison. Il vient maintenant, comme ses prédécesseurs des années passées, quémander son repas près de la fenêtre de la cuisine.

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Pendant des mois il vivait sur la terrasse, dans notre réserve de bois de chauffage, et c’est pourquoi nous l’avions nommé Du Bois, même Jean Paul Dubois, en clin d’œil au Prix Goncourt de l’année.

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Puis Jean-Paul (Popol pour les intimes) a perdu une partie de sa queue,  accident sans conséquences grâce à ses facultés d’autotomie (son appendice caudal va repousser, je vous explique le phénomène dans mon blog du 20 avril). Notre très pacifiste basset Alma fait du reste bon ménage avec le saurien. Y aurait-il affinité entre animaux longs et à courtes pattes?

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L’autre jour,  un frère ou cousin de Jean-Paul est venu consulter le menu du jour. Comme il avait une queue  intacte, pas de doute : nous avions un deuxième pensionnaire, à qui il a fallu donner un nom.

La trouvaille de ma femme, après le Goncourt, le Vatican :

JEAN-PAUL II !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demain c’est lundi !

Durant ma très courte carrière active (juste 45 ans de boulot!) je me souviens des vendredi soir et des heureuses perspectives d’activités oisives, sportives, familiales, j’en passe, pour le week-end à venir.

Je me souviens aussi des dimanche soir, envisageant le lendemain. Salarié, j’étais comme tout le monde : merde y faut aller bosser. Indépendant et chef d’entreprise : Merde, demain il va pleuvoir et je dois trouver une occupation pour mes onze collaborateurs…

Mainternant, à la retraite depuis très longtemps, je me surprends à penser au passé mais je me réjouis que ni les vendredi, ni les dimanche,  ni même les lundi ne changent quoi que soit à ma vie… confinement ou non !

Bonne semaine à toutes et tous les jeunes qui sont confrontés à la réalité. Pas concerné mais bien en pensées avec vous toutes et tous. Celles à qui je pense se reconnaitront!

L’humanité a survécu à de nombreuses guerres, à de nombreux présidents de la république, aux tornades, aux tsunamis, à la lèpre, à la peste, à la grippe espagnole, au communisme, au clergé, à Daesh, aux Goths, aux Ostrogoths, aux papes, aux sous-papes, à toutes les religions, à l’endoctrinement, à la méchanceté humaine, à la stupidité planétaire… Pfffff, vous en voulez d’autres ?

Bon début de semaine !   

 

 

Chez nous c’est « Jurassic Park »

Dans un texte du 6 juillet 2018 « Du lit au sofa et du sofa au lit », un titre bizarre relatif à un décollement du vitré de mon œil valide, je philosophais à l’idée de profiter de ce repos forcé  pour observer la flore et la faune de notre parc naturel de la Sierra de Segura.

Je vous avais présenté nos hôtes un peu spéciaux, du nom vernaculaire de Lagarto Ocelado — Timon Lapidus en latin et Lézard Ocellé en français — des sauriens multicolores, les plus grands d’Europe qui peuvent, dit-on, dépasser 80 cm de longueur.

Un des ‘nôtres’ avait ses habitudes de résident car ma femme lui réservait quelques friandises à l’heure du déjeuner.

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Le coquin se positionnait sous la fenêtre de la cuisine à 14:00 heures précises, attendant un peu de fromage, de sauciflard, de bacon ou de poulet !

 

 

 

Chaque année les petits arrivaient, de je ne sais où, pour passer l’été sur notre terrasse, prenant le soleil sur la couette de notre chienne,

 

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dans le tas de bois de chauffage:

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ou dans les anfractuosités des rochers qui bordent notre maison. Ils disparaissaient à l’automne, après avoir doublé de taille, pour une destination d’hivernage inconnue.

L’an dernier, deux au moins se sont installés dans un trou rocheux naturel à une dizaine de mètres de la maison. Nous les avons même surpris, l’un sur l’autre, ce qui nous incite à penser… qu’il s’agissait d’un couple assurant l’avenir !

Il y a quelques semaines, par une trop chaude journée de février, un des reptiles est sorti de son ‘domicile’, mettant le nez au soleil. Oups, j’ai failli écrire ‘sorti de son confinement‘ !

D’une longueur de plus de 25 cm, sans compter la queue, et un  corps de près de 3 cm de diamètre !

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Notre saurien N° 1. Précision du photographe: Même avec un 400 mm il faut normalement  s’approcher trop près du saurien pour réussir ce genre de photo. J’ai profité que le dormeur sortait à peine de son terrier et qu’il n’était pas encore complètement réveillé. Merci mon petit monstre antédiluvien de m’avoir laisser venir si près de toi!

Avec notre climat continental  la température est redescendue à des normes hivernales et le bestiau a regagné ses pénates pour continuer sa longue nuit hivernale. Il y a deux jours nouvelle sortie mais surprise : d’un trou voisin à quelques mètres, un autre quadrupède à courtes pattes (non ce n’est pas notre basset
qui n’a pas une aussi longue queue!) est aussi venu profiter du soleil printanier.

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Le n° 2 sort très précautionneusement de son domicile hivernal, pas très rassuré car on lui a certainement dit que la Gardia Civil  veille au respect du confinement!

 

Nous les observons, à longueur de journée, mais en continuant nos activités habituelles : couper du bois, ne pas oublier ‘l’aperitivo con tapas’, passer le Karcher, allumer le ‘barbacoa’, jardiner et aménager les plate bandes, nous appliquant à ne pas trop effrayer nos ‘squatters’. Mais nous avons décrété qu’ils devaient s’adapter à la coexistence, tant avec notre chienne qu’avec nous. Nous savons qu’ils vont très vite apprendre où et quand certaines petites ‘tapas’ tombent de la fenêtre de la cuisine…

Ah ! J’oubliai : ce matin j’ai surpris le locataire du terrier N° 2 (photo ci-dessus)  à mi- chemin entre son terrier et celui du N° 1. Aurais-je perturbé un rendez-vous galant ? Souvenez-vous de la phrase du biologiste Jean Rostand, mon maître à penser :

L’homme est le seul animal assez stupide de prendre sur son temps de sommeil pour se reproduire.

Affaire à suivre !

Depuis Trafalgar les Espagnols ont de la peine avec la langue anglaise !

Par le passé, j’ai essayé de vous faire sourire avec une rubrique intitulée Apprendre l’espagnol avec le sourire. Postulant que vous avez bien révisé et que vous envisagez peut-être de passer des vacances au Sud, voici quelques réflexions au sujet de la manière dont les compatriotes de Cervantès malmènent la langue de Shakespeare.  Du reste un professeur d’anglais plaisante à peine en affirmant que seuls des Espagnols peuvent comprendre l’anglais parlé par un Espagnol !

Vivant depuis plus de 25 ans dans ce pays dont les gens sont  chaleureux et sympas, je confirme cette affirmation et imagine parfois, un peu vicieusement, Fernando Alonso et Rafael Nadal obligés de parler ensemble anglais dans une interview. Ce serait à mourir de rire. Mais ne riez pas, vous qui nommez QuiCHote El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha!

C’est vrai que les ‘hispanohablantes’ se débattent souvent maladroitement avec les expressions issues de l’anglais. Par exemple ils sont fâchés avec la lettre ‘W’,  d’origine anglo-saxonne, qu’ils déforment en ‘Gue’ et aussi avec les consonnes à la fin des mots, qu’ils préfèrent tout simplement  éluder de leur vocable.

C’est ainsi que WhatsApp (ce mot qui commence par ‘W’ et se termine par une double consonne) devient Guassa, comme ça se prononce !

Retenons aussi :  Internè, Feisbù (votre réseau social favori), Gugue (oui Gogole), Tuitè, Guiki (vous aviez bien sûr compris Whisky), Yutù, Ve(r)mù, Lè (pour LED) et même Bima. Il s’agit d’une enseigne française, au nom anglais, active dans la péninsule : Big Mat !

Pour terminer avec le sourire, voici une anecdote vécue il y a quelques semaines au bord de l’Atlantique :

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Sur une plage déserte, j’ai ‘gravé’ sur le sable le nom de notre chienne Alma

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Surprise, quelques heures plus tard, de voir qu’un rigolo avait transformé mon inscription en Calma. Pourquoi pas, mais en regardant mieux, il avait mis un ‘X’ à la fin. Du coup le gag perdait de sa pertinence. Calma, c’est marrant, mais CalmaX ?

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Les habitués de l’Espagne auront peut-être compris cette déformation qui émarge à mes réflexions précédentes :

Il fallait lire Karl Marx, prononcé à la mode andalouse! 

Mais, j’y pense, notre chienne Alma lirait-elle Das Kapital,Kritik der politischen Ökonomie  en cachette ? Et si c’était ma femme, de langue maternelle allemande, qui lui aidait à traduire ce texte ?

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Une histoire de ‘vin aigre’… mais plus ‘aigre’ que ‘vin’!

Avant de partir nous réchauffer près de la Méditerranée  voici un petit texte qui rejoindra ma page: La rubrique ‘ethno’

Nous venions d’arriver en Andalousie, dans un hameau de la « Contraviesa Granadina »

Tout en haut de la liste de nos préoccupations pour survire dans ce pays, qui n’était alors pour nous qu’une contrée du ‘tiers monde’, il y avait bien sûr la recherche d’un point de ravitaillement en ‘vino tinto’ ! Et ça vous étonne ? Et si je vous dis que nous vivons dans cette partie de l’Espagne depuis 25 ans… ça vous étonne aussi non ?

C’est au moins la preuve que nous avons une certaine prédisposition à l’acclimatation. Aidés que nous fûmes par la gentillesse des natifs et leur sens de l’hospitalité, nous avons fini par mieux les connaître. Et eux aussi ont appris une certaine manière de voir les choses propres à notre culture du Nord. C’est ça l’échange, la découverte des autres (dans les deux sens !) et la convivialité. (Le premier qui parle de communautarisme… je lui botte le cul !)

Voici l’histoire :

On nous donne une adresse dans une bourgade en bord de mer, où on vend du vin de la région. Que je vous dise tout de suite qu’il s’agit de ‘Vino costa’, un vin du terroir ni rouge, ni blanc… mais une sorte de rosé ‘fourre tout’ qui ne mériterait même pas la qualification de vin en d’autres lieux ! Mais vous connaissez l’adage : Faute de grives…

Le vernaculaire nous emmène dans sa cave. Il ouvre ‘una garafa’ de 10 litres, remplit trois verres, deux pour nous et un pour lui. Nous trempons les lèvres sans conviction, goûtons avec un peu moins de méfiance et finissons par trouver le liquide ‘comestible’… sans plus !

Le vigneron ‘recape’ nos verres mais ne se ressert pas, justifiant cette abstinence ponctuelle par une prescription ‘matrimoniale’ à savoir que sa femme lui interdit de déguster plus d’un verre par visite de sa cave…

Retour dans notre village d’altitude avec ‘una garafa’ et dégustation en famille. Pouah !

Du vinaigre pur… je pèse mes mots.

Retour chez le producteur avec un ami du village, bon connaisseur des usages de la région.

Peu habitué à des retours de marchandise le vigneron, la mine un peu crispée, nous reçoit avec ses deux beaux-fils. Nous sommes donc 5 à attendre l’ouverture de notre ‘garafa’. Dégustation !

Le patron commence, boit une gorgée, fait une moue imprécise quant au ressenti à l’ingestion du liquide. Puis les deux beau-fils : même expression vide, échappant à toute obligation de qualifier breuvage.

Vient mon tour. Je suis mauvais acteur et incapable de dissimuler ma réaction à l’ingestion de ce vinaigre. Pouah ! Imbuvable.

Toujours entouré de visages impassibles, je demande à mon ami du village de s’y coller. Il boit son verre d’un trait. Aucune réaction en faveur ou en défaveur, mais un commentaire édifiant : « Bon, ce n’est pas ce que j’ai bu de meilleur mais tu sais… ici nous sommes habitués à boire bien pire ! »

A la fin de la séance d’appréciation du liquide le vigneron est bien obligé de se justifier. Tenez-vous bien, vous allez encore me traiter d’affabulateur mais jure que son propos est authentique :

« C’est vrai que j’avais constaté que le vin d’une ‘garafa’ n’avait pas très bon goût mais, afin de ne pas perdre les 10 litres (personnellement je continue à parler de vinaigre !) j’ai réparti le contenu en l’ajoutant, en petites doses, dans les autres récipients de ma cave ! »

L’imbécile (y a-t-il un autre mot ?) avait mis du vin vinaigré dans les autres récipients, contenant du vin jusque là probablement buvable. Résultat : Un stock complétement contaminé à l’acide acétique…

Vous étonnerais-je en disant que j’ai refusé qu’il me remplace la carafe, préférant récupérer mon premier (et dernier !) investissement dans « cette viticulture de très haute réputation».

Allez, j’élimine le mauvais goût que l’évocation de cette ancienne histoire provoque virtuellement dans ma bouche, en me rinçant les papilles avec une bouteille d’un excellent Albariño, un blanc des Baixas Bajas de Galicia !